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CHAPITRE HUITIÈME

formé par les Alpes, où elle confine aux dialectes slaves et allemands de la Carniole et du Tyrol.

La famille gallo- italique occupe le vaste espace compris entre les Alpes et l'Apennin ; et, en précisant ses limites, elle est bornée :

Au nord, par la chaîne des Alpes Rhétiques, Lépontiques et Cottiennes, qui la séparent des dialectes romans, allemands, français de la Suisse.

A l'occident, par les Alpes Graies et Maritimes, qui la séparent des dialectes occtVam^ties (langues d'oc) de la Savoie et de la France méridionale.

Au midi , par la chaîne des Apennins Liguriens et Toscans , jusqu'au delà de la Marecchia, qui la séparent des dialectes génois et toscans.

A l'est, par les bords de l'Adriatique, depuis Catholica jusqu'aux bouches du P6; de là^ en remontant, jusqu'au cours du Mincio vi au lac de Garde, par les montagnes qui séparent la vallée de la Sarca de celle du Mincio, et finalement par la haute chaîne Camonia, qui sépare celte même vallée de celle de l'Adige.

« Et comme, ajoute Biondelli, à cette division des dialectes septentrionaux de l'Italie correspondent les établissements antiques des Ligures, des Celtes, des Vénètes et des Carnes, il est d'autant plus naturel de conclure que ces dialectes sont des langues parlées par ces premiers conquérants (i). »

Mais on peut et il faut faire un pas de plus dans cette voie. Les dialectes introduits par les tribns gauloises dans les vallées de la Lombardie et de l'Emilie y sont depuis deux mille cinq cents ans. Jamais depuis cette époque les Insubres, les Cénomans, les Boïens, les Lingons, les Salluves émigrés ne se sont retrempés aux sources nationales. Si donc après vingt-cinq siècles, remplis par tant de révolutions, les tribus gauloises ont conservé en Italie le vocabulaire, la grammaire , les formes de langage qu'elles y apportèrent de leur patrie, et qui existent encore en France, il sera en effet impossible de nier que les dialectes parlés dans la haute Italie ne soient réellement les idiomes des Celtes qui s'y établirent.

(1) Bernardino Bioodelli, Sa(/gio sui diaieiti Galh-italid; — Milano, 1853. — Prospetio generaUy etc., p. 46.

On voit que ce philologue, qui a étudié son sujet et qui le sait bien , n*a garde de donner, pour expliquer les innombrables dialectes italiens, ni dans la llicorie du latin corrompu ni dans celle du climat..

Or, rien de plus aisé à donner qu'une telle preuve. Pour qu'elle soit plus concluante, nous la prendrons dans la Lombardie. Ayant été le pays le plus foulé par les invasions slaves et germaines, à cause des défilés et des grandes voies qui la reliaient aux Pannonies, auxMésies, à la Macédoine, àlaThrace, c'est-à-dire aux avenues par où déboucha le torrent des hordes barbares, elle doit être aussi celui où la nationalité et la langue des Celtes ont dû recevoir le plus d'atteintes.

Si donc on trouve encore dans les pays colonisés par les Insubres, par les Génomans, par les Salluves, des formes de langage étrangèresà la langue italienne littéraire et conformes aux idiomes de notre langue d'otl et de notre langue d'oc, il' faudra bien reconnaître aux dialectes de la haute Italie et aux dialectes de la Gaule une manifeste communauté d'origine.

Indiquons d'une manière très-générale, mais avec une précision suffisante, la différence des formes qu'affectent par rapport à la langue italienne littéraire le substantif et le verbe des dialectes populaires de la haute Italie.

Formes

di substantif.

ITÀUEIf.

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