‹ Histoire des origines de la langue franc̜aiseChapitre 161 sur 256 · PATOIS ANTIQUES DE L ITALIE. — L OMBRIEN, LOSQUE, L ETRUSQUE · texte numérisé non relu

PATOIS ANTIQUES DE L ITALIE. — L OMBRIEN, LOSQUE, L ETRUSQUE

Commencement modeite de la nation romaine. — Isolement des peuples italiens, causé par la différence de leurs langues. -^ Les Romains leur donnent plus tard un lien , par la langue latine. -^ Nombre et dirersitè des alphabets italiens. — Langues antiques de ntalie retrouvées dans les inscriptions, — Nombre de ces inscriptions. — Temps qu'il a fallu pour les lire et les interpréter. — Six langues principales de lUtalie antique. — Latin rustique, ombrien, sabin, osque, étrusque, gaulois. — Leurs limites.

— C'étaient les dialectes d'une même langM. — Les anciens Italiens s'entendaient avec peine; les Romains ne les entendaient pat. — Preuves de ce fait. — Ce phénomène se reproduit dans l'Italie moderne, en Espagne et en France. — Comparaison de L'OMBRiEff et du LATIN. -^ Comparaison de rosQtJset du latin. — Ces trois langues avaient un vocabulaire commun. — Elles étaient trois dialectes de l'italien antique. -^ Dialecte étiusqce. — Principes qui doivent présider à son étude. — Le toscan moderne doit ressembler à l'étrusque ancien. -^ Les Grisons ou Rhètei sont Étrusques.

— Témoignages des historiens. — Leur langue Justifie ces témoignages. — Exemple. -^ 11 faut distinguer la langue sacrée des Etrusques de leur langue populaire. — La première est encore un mystère. — Inscriptions en langue sacrée. — Inscriptions en langue populaire. — Elles sont dans les tombeaux. — Sens de Larth, de Thana, de SeCf d^AviU -«Erreur des philologues. — Détails. — BiU — Sens de ijupu, — De 7Mlaru, — Nom des femmes étrusques. — Nom des enfants. — Interprétation de mots étrusques. — Turcts, — Lanitta, — PMu$» — SuMo. — Arakoê. — JSsar. — Tous ces mots sont gaulois. — Noms d'hommes, de héros, de dieux. — Les patois antiques de l'Italie déclinent et coi\Juguent comme les dialectes gaulois. — Erreurs des épigraphistcs réfutées par les textes mêmes. — Exemples. — Les patois antiques de l'Ombrie, du Samnium, sont les mêmes que les patois firançais actuds. — Preuves. — Ils ne venaient pas du latin. — Il en est de même des patois italiens modernes. — Exemples. — Us sont identiques i nos patois. — Les uns et Its autres sont donc nationaift, originaux, et non dérivés.

La nation romaine se trouva placée, dès leâ premières années de sa formation, au centre d'un grand nombre de peuples guerriers, puissants ou illustres, qui, des Alpes à Messine, occupaient, longtemps avant elle, le sol italien.

C'étaient, en ne comptant que les principaux, les Latins, les Ombriens, les Sabins, les Samnites, les Osques, les Étrusques et les Gaulois-Ligures.

Tous ces peuples avaient leur territoire, leur gouvernement , leur culte, leurs mœurs et leurs langues.

Autour de Rome, et presque toutes en vue du mont Palatin, se groupaient en cercle des villes rivales, Ardée, Albe, Gabies, Pré-

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neste , Fidènes, Véïes, Cœre, Frégène, cilés qui étaient le siège d'autant de peuples indépendants et de gouvernements distincts. Un morcellement presque infini découpait Tltalie en États et en territoires autonomes, souvent inconnus les uns aux autres , séparés par des rivières inexplorées ou par des forêts sans limites connues.

Ainsi, 444 ans après la fondation de Rome, le sénat faisait défendre au consul Q. Fabius de se hasarder dans la forêt Ciminia, sur remplacement de laquelle fut bâtie dans la suite, à 18 lieues de Rome, la ville de Yiterbe(i); et ce n'est que soixante-dix ans plus tard que les armées romaines traversaient le Pô pour la première fois (2).

Mais de toutes les causes qui retardèrent , pendant tant de siècles, le rapprochement moral et l'union politique de toutes les parties de l'Italie, la plus puissante fut sans contredit la diversité prodigieuse des idiomes parlés par les peuples qui l'habitaient. C'est précisément ce nombre si considérable de langues différentes, parlées ptir les diverses nations de l'Italie antique que Tite-Live invoque, lorsqu'il combat la tradition relative aux prétendues relations de Pythagore et de Numa.

Pythagore habitait Crotone, dans le Brutium, et Numa habitait Cures, dans la Sabine. Un voyageur visiterait aujourd'hui ces deux points, en trois jours; mais le nombre des nations et des idiomes qui les séparaient du temps de Numa constituait une barrière infranchissable.

a Quelle langue, dit Tite-Live , eût servi à leurs communications? Comment, seul, sans secours, Numa aurait-il pu traverser tant de peuples, différents de mœurs et de langage (3)? »

Une ambition insatiable, une politique habile, un art militaire consommé donnèrent à Rome, après six cents ans de guerres, la domination sur tous les peuples italiens ; mais la plupart de ces peuples conservèrent leur caractère et leurs mœurs, sous la suprématie des Romains, et tou», sans en excepter un seul, conservèrent leurs langues nationales.

Tout ce que Rome put faire, pour créer des rapports réguliers entre les nations italiennes courbées sous son joug, ce fut, après

(l)Til.-Liv., //ii^or. Jib. IX, cap. XXXVI. (2) Ibid., lib. XX, cap. Vlll.

(3)... Quo lingucfi commercio-.. quove prœsidio usus, pcr lot génies, dissonas sermone moribusque, pervenissct?— Ti!.-Liv., Ilistor., lib. I, cap. XVIII.

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