‹ Histoire des origines de la langue franc̜aiseChapitre 179 sur 256 · NOMS ÉTRUSQUES · texte numérisé non relu

NOMS ÉTRUSQUES

Apollo.

Aplun.

Cbaron.

Cbarun.

Achilles.

Achle, Achile.

Meleagcr.

Melagf.

Aleiander.

Eicbsntre.

Ajax.

Ai?as.

Créâtes.

Urustbe.

Clytœmiiestra.

Glatbumubtha.

IVeplnaas.

Nelhanus.

Numa.

Namas.

Atalanta.

Attenta.

Castor.

Kastnr.

Pollux.

Pultuce.

AhaU.

Abal.

Quintas.

CuUite.

(1) Glasiar. Ualic, yrerbojEsar.

LAKGVB FRANÇAISE.

CREC8 ET LATIH8.

NOMS érausQOBS

Graochas.

Krake.

Crispas.

Crespe.

Mars.

Marie.

OcUvios.

U]sta?e.

Balbos.

Palpe.

Petrtis.

Pelm.

Patrocles.

Patniele.

Maria.

Marias (1).

Maitha.

Marta.

Latinus.

Latin.

Ucinius.

Lecne.

Ifinenra.

Mener?a.

Plaatos.

Plante.

Latona.

Latnn.

Cassandra.

Cassotra.

Lacumo.

LacQiDU.

TarquÎDUs.

TafcliD.

Ulysses.

Uthuse (2).

Tanaquil.

Tanch?el.

Titus.

Tite.

SerTius.

• Serve.

Septiroius.

Setome.

Sertorius.

Serluri.

Tels sont les principes d'interprétation dans lesquels nous ont affermi l'étude attentive des inscriptions et des dialectes gaulois les plus rapprochés de la langue étrusque. Nous demeurons persuadé que plus on étudiera les patois ruraux des Toscans modernes, plus on pénétrera les secrets de la langue des Toscans anciens. En publiant un recueil des Chants populaires de la Toscane, Giuseppe Tigri (3) a rendu un grand service à ces investigations, et Oreste Marcoaldi Ta augmenté encore , en publiant les Chants populaires de l'Ombrie , du Picenum et du Latium (4). Mais des poésies, mêmes populaires, introduisent toujours dans la langue un peu d'art et de convention. Nous pouvons en juger par la lecture de nos Trouvères, esprits plus ou moins cultivés, et qui tiennent à faire montre de leur savoir. D'ailleurs, des poésies ne don- Ci) On trouve encore le nom de Marie dans une inscription sépulcrale de Clusium, n'* 654. — Fabretti, Corp. inscription, iialicar.

(2) La forme Vthuse du nom d'Ulysse rappelle évidemment la forme grecque Odysseus.

(3) Giuseppe Tigri, Canli popolari ioscani. Firenze, 1852.

(4) Oreste Marcoaldi, Canti popolari umbri^ piceni, latini^ liguri, Genova,

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nent jamais qu'une petite partie du vocabulaire d'une langue, et c'est le vocabulaire tout entier des patois de la Toscane qu'il faudrait avoir.

Nous osons prédire que le jour où ce vocabulaire sera fait, l'interprétation des textes étrusques sera bien avancée.

Jusqu'ici nous nous sommes borné à montrer que les principaux dialectes de l'Italie antique, l'ombrien, l'osque et l'étrusque, avaient un fond de vocabulaire commun ; la même démonstration seraf aite pour le latin vulgaire, ou patois du Latium, dans le chapitre suivant.

Nous voici arrivés à la seconde partie de la thèse qui fait l'objet de ce chapitre. Il nous faut montrer maintenant que ces dialectes avaient une grammaire identique, et nous terminerons le chapitre en prouvant que cette grammaire était celle de tous les dialectes gaulois de l'Italie, de la France et de l'Espagne.

Or, montrer que les idiomes de l'Italie antique avaient la même grammaire , et que cette grammaire est la même que celle qui régit les idiomes de l'Italie moderne et des autres pays gaulpis, c'est prouver que tous ces idiomes appartiennent à la même langue, et que ceux qui la parlent appartiennent à la même nation.

a L'artifice particulier qui préside en chaque langue à l'ordre des mots, dit Hervas, ne dépend point de l'invention, encore moins du caprice des hommes. Il est le génie propre de chaque langue, dont il constitue le fond.

a Les nations, grâce aux progrès de la civilisation et des sciences, sortent de la barbarie, et deviennent plus ou moins policées et savantes ; mais jamais elles ne modifient le génie grammati^ cal de leurs langues respectives (1). »

Ainsi, la grammaire étant le caractère distinctif et la base fon-^ damentale d'une langue, les philologues qui ont étudié l'ombrien, l'osque et l'étrusque ont été naturellement amenés à examiner quel était leur génie grammatical , c'est-à-dire quelle était leur nature.

Lanzi , le véritable fondateur de l'exégèse étrusque, s'exprime ainsi au sujet des inscriptions des néccopoles : a J'ai toujours considéré comme une chose impossible, au milieu d'une si grande incertitude et d'une si grande variété de terminaisons, de préciser le génie et les règles de leur déclinaison (2). » Il ajoute, au su-

(1) Henraz, Catologo de las lenguas de la nacianes eonocidas, t. I, articulo III, p. 23. Madrid, 1800.

(2) Lanzi, Saggio di lingua elrusea, part. Il, cap. IV, p. 232.

Jet (lu latin usuel et des langae» ilaliennes, « ses sœUrs->V<]aB a leurs mots étaient indéclinables (1) v.

L'abbé lanelli , esprit moins pratique que Lanzî , mab homme très- versé dans l'étude des dialectes de l'Italie antique, juge ainsi la langue osque : a Si l'on étudie attentivement et mûrement les mots osques, on reconnaîtra qu'ils ne représentent aucune forme de déclinaison, de flexion , de terminaison indiquant les cas , les temps, les pei^onnes, les modes {i). s Ailleurs, il applique cette .conclusion aux Tables Eugubines, tant à celles qui sont purement ombriennes qu'à celles qui sont écrites en caractères latins (3) : B quelque soin, quelque étude , quelque Système d'interprétation .qu'on emploie, il est impossible de trouver dans ces textes les cas, les flexions propres à la langue grecque et à la langue latine ; et les interprètes des Tables eux-mêmes, Bourguet, Passerii Lanzi, etc., n'ont pu arrivera montrer que ces flexions et ces cas s'y trouvent réellement (4). »

Cependant, il est nécessaire de reconnaître que quelques épigraphistes fort- importants, parmi lesquels il Taut citer Mommsen et Fabreiti lui-même, ont voulu latiniser les idiomes antiques de l'Italie et leur trouver une déclinaison et des cas. Nous allons citer les exemples qu'ils allèguent, et montrer que, malgré le poids de telles autorités, cesexemples eux-mêmes repoussent précisément de la manière la plus absolue toute hypothèse de décli-iiaison opérée à l'aide de cas ou de flexions terminales.

L'opinion des savants qui veulent trouver des flexions casuelles dans l'ombrien, dans l'osque, dans l'étrusque, et notamment dans Jes Tables Eugubines , est viciée à sa source par l'oubli de deux faits, dont l'un est plus que plausible, et dont l'autre est patent, matériel, irréfutable.

. Le premier de ces faits, c'est que les textes ombriens jes plus importants qui nous sont panenus, et qui sont les Tables de Gubio, ont été rédigés soit par des collèges de prêtres , soit par .des collèges de magistrats, c'est-à-dire par des personnes lettrées, initiées à la connaissance des rites. En supposant que la rédaction

. (i ) Lanii, Sagçio, etc. , cap. VI, $ VI, p. 348.- . Voci monoplote erano le loro •.

(2) laneUî, Veter. Oscor. intcriplion., sect. Vil, p. 49. Meipol., IB*I.

(3) Sur Ie« sept table) de Gubio, cLiiq sont icritrs en caractères ombriens, et deux en caractères romarns.

(4) lanelli, Speclmina HermtneuHca in tabulas Evgubinai, cap. V, p. 183,

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de ces tables remonte au septième siècle de Rome, c'est-à-dire à un siècle et demi environ avant l'ère vulgaire, comme le droit Lanzi (1), les Romains, déjà maîtres de lltalie , de TAfrique , de l'Espagne, de la Grèce, de l'Asie Mineure, et voués avec ardeur au culte de la philosophie et des lettres , avaient assez étendu autour d'eux l'usage du latin littéraire , au moins parmi les hommes instruits des provinces voisines , pour que ses règles eussent influé dans une certaine mesure sur les textes sacrés et légaux, les apparences de flexions qui se rencontrent dans les substantifs et dans les verbes des textes ombriens ou osques peuvent donc être le fait des lettrés de province, essayant, sans succès, de latiniser les patois locaux , comme on avait essayé à Rome même de latiniser les inscriptions des Scipions.

Le second fait, et celui-ci est indéniable, c'est que les flexions de ces textes ne sont qu'apparentes , et que les substantifs s'y montrent en définitive ce qu'ils sont, c'est-à-dire rebelles à la déclinaison grecque ou latine, et conservant la même forme à tous les cas.

Gommeot donc des érudits aussi considérables que Mommsen et Fabretti ont-ils pu persister dans un système que la réalité des choses met en déroute, et à l'aide de quel bandeau sont-ils parvenus à se voiler à eux-mêmes la vérité?

Ils se sont en quelque sorte complu à s'abuser, à l'aide d'un procédé simple et commode, mais qui a le malheur de laisser subsister la difficulté tout entière. Lorsque ces savants rencontrent un nominatif employé au génitif, au datif, à l'accusatif, au lieu de reconnaître que de tels faits, qui sont extrêmement fréquents, détruisent de fond en comble le système de la déclinaison casuelle, ils disent que ce n'est pas régulier. C'est habituellement avec cette raison que Fabretti lui-même se tire d'affaire.

Telle parait être, parmi des savants fort respectables , cette croyance aveugle à l'existence de la déclinaison casuelle dans les langues dont le génie la repousse d'une manière absolue , que

(1) Lanzi, 1. 1, p. 122. — Les table» de Gubio, troaTées dans des fouilles de l'antique IguTium, en Ombrie, en Tannée 1444, sont en bronze, au nombre de sept.

Fabretti en a résumé Tbistoire a?ec la plus grande précision dans son Corpus inscriptionnmitalicarum antiquioris œvt; Umbria.n^ $0.

En 1723, un saTant français, Bourguet, trouva la clé de l'alphabet ombrien. Voir Lanzi, 1. 1, cbap. I, § 34.

l'un d'eux , J. C. Zeus, auteur d'une grammaire celtique en deux forts volumes, fruit d'un travail immense, range sans aucune sorte de façon le bas-breton et le gallois parmi les langues à déclinaison casuelle, tandis que tous les Bretons instruits lui auraient assuré et prouvé que tous les dialectes armoricains, gallois et gaéliques, sans exception, constituent des langues fixes , indé* clinables, des langues monoptotes, comme disent les érudits (1).

D'ailleurs, il n'y a pas de théorie qui tienne contre les faits. Nous allons montrer, à l'aide des textes, que les mots ombriens, osques, étrus(}Ues étaient employés sans être soumis aux règles de la déclinaison latine. Us étaient il y a deux mille ans ce que les patois sont aujourd'hui, indéclinables ; car s'il est conforme à la raison et à l'histoire qu'une langue puissesubir une altération dans ses mots, il est contraire à la nature des choses qu'elle puisse changer de grammaire.

Le mot Tuta, Touta ou 7b/a désignait chez les Ombriens, chez les Marses et chez les Osques, une cité, une ville fortifiée, comme nos anciennes Pertes, et, par extension, une petite nation, comme étaient les nations italiennes. L'appellation était connue des Romains, car Tite-Live dit que le magistrat suprême de Gapoue, ville osque, se nommait Medix-Tuticus (2).

Ce mot Tutaow Touta, ^9lv cela môme qu'il était osque ou ombrien, était celtique ou gaulois. On le trouve da^s le bas-breton, dans le gascon et dans le catalan.

£n bas-breton, une nation, un petit peuple, se nomme Tud, et ime grande réunion de peuple Tuta. On appelle Tuto, en Gascogne, les repaires souterrains où se retirent certains fauves. Dans le Roussillon, Tauta-Bell ou , en catalan moderne, Turd- Guil est le nom d'un donjon majestueux, reste d'un immense manoir féodal, qui couronne, sur la rive gauche de la Gly , l'un des points les plus élevés de la chaîne des Corbières (3).

Tuta était également un mol étrusque, car Servius assure que ce fut le premier nom de Pise (4).

Eh bien, des savants épigraphistes prétendent décliner Tuta,

(1) HovT] iiTtôat;, un seul cas.

(2) Tite-Liv., Hist., lib. XX VI, cap. VI.

(3) ,Taula-Bell elait sous François T' une place de guerre. MonUuc en parle dans ses Commentaires^ li?. 1*', p. 413-416, 1. 1, édit. Petilot, Paris ,

(4) SerYius, in jEneid., \ïh. X, v. 179.

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