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CHAPITRE NEUVIÈME

Tota ou Touta à la manière latine, en lui donnant Tota au nominatif, Totar au génitif, Tote au datif et Totam à l'accusatif, car le mot affecte aussi quelquefois ces trois dernières formes. Malheureusement pour le système , les textes mêmes le renversent, car on trouve, par exemple, au prétendiF accusatif, aussi souvent Tota que Totam.

Voici en effet deux invocations ombriennes au Dieu Grabovius, tirées des Rituels de Gubio , et ayant pour objet de placer la cité sous sa protection. Elles emploient toutes deux Tota à l'accusatif.

Di. Grabovib. Pihatu. Tota Iovina.

Dieu GraboYios, favorise la cité d'IguTium.

Dr. Grabovie. Salva. Seritu. Tota. Iovina (1).

Dieu GraboYÎus maintieos sauve la cité d'Iguvium.

Le mot Tota est également employé à l'accusatif dans l'invocation suivante :

Tefre. Iovte. Pihatu. Ocre. Fisi. Tota Iovina (2).

Jupiter Tefre, favorise la colline de Fisium, la cité d'Iguvium.

On le voit dans ces trois exemples, Tota conserve sa forme du nominatif à un cas qui serait l'accusatif latin. Ajoutons que dans la seconde invocation l'adjectif Salva. quoique à l'accusatif, conserve également la forme du nominatif.

Il en est de même du prétendu génitif Totar et du prétendu datif Tote. Les Tables de Gubio emploient aussi bien au génitif Totas que Totar, et Tote se trouve aussi souvent à l'ablatif qu'au datif. Or, il n'est pas de substantif appartenant à la première déclinaison latine dont le datif et l'ablatif se ressemblent.

La vérité est que dans les textes ombriens , marses et osque, le mot Tota, Tuta ou Touta échappe à toutes les règles de la déclinaison latine.

Il en est de même du mot ombrien Ocre, Ocrer, Ukar, Okar, Ocrem, signifiant colline. On a également tenté de le latiniser, Okar étant le nominatif, Ocrer le génitif^ Ocre le datif, Ocrem

(1) TahuL Eugubhxayn, a. lin. 29.- /6ltf., lin. 31. (2} Ibid., lin. 31.

l'accusatif. Comme dans le cas précédent, ici encore les textes si refusent absolument à ces hypotbë^s.

Dans la troisième invocation que nous avons citée, le prétendi datif Ocre est à l'accusatif :

TepbA Ions. PiBi.Ttr. Ocre. Pisi.

En voici deuK autres qui présentent les mâmes circonstances

Di. Grabohie. PmATn. Ocre. Frsi (1).

Di. GnABOviE. Satvo. Seritu. Ocre. Fisi (2).

En voici une où le prétendu génitif Ocrer est aussi à l'accusa lif:

PiHATU. Ocrer. Fisier.

Enfin, en voici deux où le prétendu dalîf Ocre et le prétendi accusatif Ocrem sobt l'un et l'autre à l'ablatif : OcBE. Fisi. Pir. Obto. Est (3).

' Sur la N^tine de FUiom le tea a para.

OCREM. FlSIEM. PiR. OrTUM. EsT (4). '

En présence de textes aussi formels, qtti donc pourrait soute nir que le mot ombrien Ocre, Okar, n'échappe pas complétemen aux règles de la déclinaison latine?

La même démonstration pourrait être étendue n tous les sub stantifs appartenant aux dialectes antiques de l'Italie. Nous allon la circonscrire à huit ou dix mots ombriens, osques ou étrusques estimant qu'ils suffiront pleinement à l'établissement de la thèse

Pehca est un root qui, dans l'Ombrie antique comme dans I: France moderne, signifiait et signifie Perche. Le mot est écri Pertga dans le poème en langue limousine ou languedocien lit téraire, sur la croisade contre les Albigeois :

■ Epalsagots tpertgals e lu pe}raspunba1s(SJ. "

Ce mot offre cet intérêt spécial k la philologie, qu'il appar

(I) Tabvl. Eag^tbina, VII, a., lin. 31 . (1] md., Tabitl., VI, b. Un. 33.

(3)md., raiu/. VI, b.lio. 29.

(4) Ibli., Tabul. VI, a. lin. 46.

(5) Vers 4,893.

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