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CHAPITRE NEUVIÈME

DIALECTE émUEN (1). FRANÇAIS DIALECTES DITERS.

Milgnac. Tronçon ; — Mougnoc, gascon

Parô. Chaudron ; — PalrOy gascon.

Q^ssacan. Champignon ; — Picho-<an, gascon.

Piaden. Poêle ; — Padeno^ gascon.

Pirz. Pic, extrémité i au piz aller.

Rangià. Ranger.

Râpa. Râpe; — Rapo , gascon.

Ravigar. Ravager.

Sacusser. Secouer.

Sagriner. Chagriner.

Sbraia. Brailler,

ScKar. Jeter. — Cita, gascon.

Sgarar. Se lamenter ; — S^esgara^ gascon.

Sgnacar. Mordre ; Gnaca, gascon.

Stransi. Tran^,

Topinara. Taupinière.

Trus. Tronc d'arbre ; — Trous, gascon.

Valestra. Caisse à claire Toie ; — Banastro, gascon.

Zigottar. Secouer; — 5e^ou/i^ gascon.

La Lombardie et rÉmilie sont , comme on le sait, les deux moitiés du vaste pays que les Romains appelaient du nom général de Gaule cisalpine. L'Emilie représente la Gaule cispadane, et la Lombardie la Gaule transpadane.

Les dialectes parlés dans ces deux contrées sont donc gaulois. Ils y ont été apportés par la grande invasion opérée sous la direction de Bellovèse, à la fin du septième siècle avant l'ère vulgaire.

Leur conformité avec nos patois est manifeste, et elle prouve matériellement que nos patois étaient à peu près, il y a deux mille cinq cent ans, ce qu'ils sont aujourd'hui.

En effet, les peuples de l'Italie gauloise et les peuples de notre Gaule sont des frères qui se sont'séparés et qui ont vécu dans des pays distincts depuis vingt-cinq siècles. Puisque les descendants de la famille passée en Italie parlent encore les dialectes que parlent aussi de leur côté les descendants des familles restées dans la Gaule, c'est une preuve matérielle que ces dialectes étaient la langue de la famille commune et originelle, et qu'ils existaient avant la séparation.

Ces faits constituent donc un argument sans réplique en faveur de l'originalité et de l'antiquité des patois parlés en France.

(1) Voir la note 1, page précédente.

Les dialectes de rÉtrurie, de TOmbrie et du Latium sont également gaulois, ainsi que le lecteur va achever de s'en convaincre ; mais les nations celtiques qui les parlent sont de celles qui occupèrent le sol italien les premières, à l'époque inconnue où s'opéra le mouvement des peuples primitifs d'orient en occident. Il est certain que les peuples de l'Emilie et de la Lombardie viennent de la Gaule ; tandis que les Ombriens , les Osques, les Étrusques et les Latins sont probablement arrivés en Italie par le chemin que suivirent les Pélasges, c'est-à-dire par l'Asie Mineure et par la Grèce.

Cependant la nature celtique de la langue parlée par ces Gaulois primitifs , déjà anciens en Italie du temps de Romulus, ré« suite, comme on va voir, de son rapprochement avec les dialectes actuels de la France, et principalement avec ceux qui appartiennent à la langue d'Oc.

La forme de la démonstration ne pourra pas être la même que pour les patois lombards et émiliens ; il n'existe pas de vocabulaire pour les idiomes populaires de la Toscane, de l'Ombrie ou du Latium ; il n'y a que des poésies diverses ou des chants. C'est donc à ces sources que nous allons puiser ; mais l'évideace de la preuve n'en sera pas moins entière.

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