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CHAPITRE ONZIEME

GREC

LATIN

FRAKÇXIS.

*i9T0pîa, a;, ^.

HUtoria, se, fém.

KdlXaSoç, ou, 6.

lynx, ijngis, fém.

Bergeronnette.

Calatbus, i, masc.

Panier d^osier.

Kdwa, ij;, VI.

Caona, œ, fém.

Canne, roseau, mesure

Kàpa, indécl. to.

Gara, œ, fém. ^

Tôte.

Kivips, a;, i^.

Cinara, a% fém.

Artichaut.

KXénTT];^ ovi, 6.

Clepta, œ, masc.

Voleur.

KpéToiXov, ou, Ta.

Aâxxo;, oUf 6.

Crotalum, i, neut.

Castagnette.

Lacas,!, masc.

TiHC.

Aàtpi;, loî, 1^.

Lalris, idi», fém.

Servante.

Aeîo;, a, ov.

Leus, a, um.

Lisse, poli.

Act(iaÇ, axo;, i^.

Limax,acis, masc.

Limaçon.

Avxvo;, ou, 6.

Lychnus, i, masc.

Lanterne.

AuyÇ, XuYx6;, 6.

Lynx, lyncis, masc.

Lynx.

Machina, œ, fém.

Machine.

MâvSpa, a;, if).

Mandra, œ, fém.

Ëlable.

MetaXXov, ou, t6.

Melallum, i, neut.

Minerai, métal.

Mcopé;, »i, 6v.

Monis, a, um.

Sot, imbécile.

Mufa>4/» OTio;, d.

Myops, opis, masc.

Myope.

Mooxoç, ou, ô.

Muscus, i, masc.

Mousse.

Ce tableau montre que le grec est entré dans le vocabulaire latin sans altération, sans déguisement. Les mots restent les mêmes dans les deux langues, avec un petit changement dans la prononciation. Et si Ton songe que trois m\lle mots environ y avaient pénétré, dans l'espace compris entre la mort de Sylla et la mort d'Auguste, on comprend aisément cette réflexion de Quinlilien : a Le latin est presque entièrement changé depuis quelque temps (i); » et cette autre de Festus : « Le parler latin a pris son nom du Latium ; cet idiome est aujourd'hui tellement changé , que c'est à peine s'il en reste quelque partie originale (2). »

La question de savoir si le vocabulaire latin s'est grossi dan une proportion considérable avec le vocabulaire grec est donc vidée; la moitié au moins des mots latins étaient grecs; car si

(1) Quiutilian., Insiii. oraior.j lib. VIII, cap. II.

(2) Latine loqui a Latio dictum est; quae locutio adeo est eversa, ut ?ix ulla ejus pars maneal innoiia. —Pompon. Fesi^ De Verbor. significat., lib. X, cap.

44i LANGCE FRANÇAISE.

Ton ne tient pas compte des termes composés ou dérivés, une langue même littéraire n'a guère plus de cinq à six mille mots primitifs et fondamentaux. Les langues usuelles des peuples agricoles et pasteurs n'en ont pas en général plus de deux mille. Reste donc la question de savoir à quelle époque ces mots grecs ont pénétré en si grande abondance dans la langue latine ; ce qui

'\.f se réduit à savoir par quels écrivains ils ont été employés. L'ex-

cellent lexique de Facciolati et de Forcellini permet de répondre catégoriquement à ce problème ; car on sait qu'il donne, avec chaque mot , un passage des auteurs qui s'en sont servis. Or, ^i '. voici le résultat que cet examen a permis de constater.

' • . Les mots grecs on . été introduits presque en totalité par Cicé-

1 ron et par les auteurs qui l'ont suivi, depuis Auguste jusqu'à

Trajan. Virgile, Horace, Ovide, Properce, Titc-Live, Pline le X naturaliste sont, avec Gicéron, ceux qui ont puisé le plus large*

ment dans le trésor de la langue grecque.

Les quantités introduites par les vieux poètes ou par les vieux

\*t ' J prosateurs qui travaillèrent avec le plus d*éclat à la formation de la

I ' j langue latine, sont insignifiantes. Dans les onze cents mots four-

' ! j Dis par les douze premières lettres de 'l'alphabet grec , Ennius en

a deux; Plaute, trente-cinq; Caton, treize; Térence, quatre, et Lucrèce, cinq.

, W Nous connaissons maintenant le procédé à l'aide duquel le la-

tin de Rome a formé son vocabulaire. Initiés par la victoire aux lettres, aux arts, à la civilisation de la Grèce et de l'Asie, les Romains furent jaloux de s'en approprier les idées. De là pour eux la nécessité de chercher des mots nouveaux pour formuler '' des notions jusqu'alors inconnues.

Tant qu'ils restèrent pauvres et austères, vivant de l'agriculture, comme Gurius et Gaton , ils avaient assez de la langue des ; laboureurs et des pâtres , qui rendait fidèlement les. impressions

de leur farouche dignité. Ennemis des longs discours et des circonlocutions oisives ou cauteleuses, ils parlaient droit, comme ils agissaient ; et les verbes de leurs vieux traités avec les vaincus n'avaient que trois temps; l'infinitif, pour exprimer la nature générale des actes (1) ; l'impératif, pour le présent qui appartenait

(1) Macrobe a donnt^ une belle et exacte (léfinilion de rinfinitif. Il lappeUe n le nom des actions • . IntelUgitur maiimam vim in infinito esse modo, si quidem verba rerum nonnina sunl . — De Différent, et societat, grœci latini^ que vcrbi, § 17.

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