SEIWEÏIT DC6 FEUDATAIRE8 DE LOUIS LE CERMAKIQI E
Se trouve (uirtout.
On lit jo dans la Chronique de Benoit, vers 1,930. — Jo Vai laistet, Chanson de Roland, ch. II, t. 76.
On trouve retourner, dans le même sens, Chronique de Benoît, vers 8,821.
Se trouve partout.
Signifiant Pen. — On Ht 5^'n estait , s*en fêtait , dans le Roman de Rmt, vers 13,630. — Alun ent, Livres des Rois, p. 38. — Menez ent vostre drue, Marie de France, lay de Gugemer,Y. 108.
Signifiant puis, ^ On lit si Jopois, si je puis, dans les Livres des Roi%, p. 78.
Se trouve partout.
Voir plus haut.
Se trouve partout; voy. Chronique de Benoit, v. 2,081-2.
On lit nuls, dans les Sermons de saint Bernard, p. 532, édit. in-é" de Le Roux de Lincy; — et Chronique de BenoU, vers 10,325. — Nuls homs, Marie de France, lay de Gugemer,Y, 157.
Signifiant que, lequel. — On lit « perverse gens entre cui vos luisiez ». Livre de Job, p. 1, et de cui, duquel, ibidem, p. 4.
Signifie là, -— Ou Ut o avec ce sens dans la Chansonde Roland^ ch. IV, 242. — Sijo truis o, si je le trouve là.
On lit returna, dans les Livres des Rois, p. r*.
Signifiant en, — On lit a/um ent, allons-nous en, dans les Livres des RoL^H. 38.
Voir plus haut. — On lit Pols-tu, peux-tu ? dans les Sermons de saint Bernard , sermon V. ^ Ne pois tenir. Chanson de Roland, ch. II, v. 76.
Se trouve partout ; on lit enz, dans les Livres des Rois, page
On lit nu/edansia Chronique de Benoit, vers 2,112-1J,543.
Signifiant aide. — On lit qjue dans la Chronique de Benoit,
vers 2, 130 •,Ajude, dans la Chanson de Roland, ch. II, p. 669.
On lit nun dans les Livres des Rois, p. 35, 36.
Pour à lui On lit li, avec ce sens, Chronique de Benoit,
vers 10,337; et dans Ville-Hardouin, p. 145. Pourjf. — On lit « ce ke ju oy >» i:e que je vois, dans les
Sermons de saint Bernard, p. 582.
Signifiant serai. — On lit iers, tu seras, dans les Livres des
Rois, p. 33. — On lit ert, il sera, dans Macaire, vers ICI.
— Ville-Hardouin, p. 111, 161.
C*est donc une vérité désormais acquise à la philologie, que
les deux serments de Louis le Germanique et dô ses vassaux sont en langue d*oil, et que leurs termes se retrouvent dans les dialectes du nord, qui servirent aux Trouvaires. Ceux qui compareront le Cantique de sainte Eulalie ou la traduction des Limbes des Rois avec le texte des serments remarqueront que la différence n*est pas considérable.
Ce qui précède a mis en lumière deux faits importants.
D'abord , la langue des Trouvaires se parlait du temps de Charlemagne, puisque le texte des serments appartient incontestablement à cette langue ; et comme une langue ne se forme pas en quelques années, la trouver écrite à une époque, c'est une preuve qu'elle était usitée bien antérieurement.
D'un autre côté, la langue employée par les Trouvaires était évidemment la langue vulgaire, parlée par tout le monde dans les relations ordinaires de la vie, car ils n'écrivaient en cette langue que pour être entendus de tous ( J).
Par conséquent, l'usage écrit àe la langue vulgaire était indépendant de son usage parlé; si bien que si le premier de ces deux usages a une date, le second n'en a pas.
C'était une chose difficile et lente à opérer que le changement des habitudes publiques au sujet de la langue. La domination politique de Rome avait maintenu pendant des siècles l'emploi légal du latin dans les actes de l'autorité. Toutes les lois étaient écrites en cette langue, que les souverains barbares avaient acceptée et maintenue dans la pratique de leur gouvernement. Toute la littérature accréditée et en renom dans l'ancien monde romain était en langue latine. Être lettré, c'était savoir, sinon parler couramment, au moins écrire à peu près cette langue.
Il fallait donc des nécessités sociales du premier ordre pour rompre ces habitudes plusieurs fois séculaires.
Telle fut la nécessité qui força le clergé à employer la langue vulgaire ou romane dans ses prédications, et dans la traduction des Écritures, pour mettre la religion à la portée des masses populaires illettrées.
' (1) La pensée dominante des poêles qui écrivirent en hngue Tulgaire fut, en tout pays, d'être lus et compris de tout le monde.
I/un des [>octes les plus anciens de TEspagne, Dom Gonzalo de Bercco, commence ainsi son poëme sur la mort de saint Laurent :
Quiero far la passion de samor sant Laurent, En romanz, (pie la pueda saber toda la gcnt.