CHAPITRE TROISIÈME
Ces particularités, la locution il y a, le pronom en, l'adverbe de lieu y y ne peuvent venir du latin, parce qu'il ne les a pas.
En résumé, considérée dans son principe théorique, la doctrine qui explique par la dérivation de Tune dans l'autre la communauté de termes qui se trouvent dans le latin et dans le français ne résiste pas à sa confrontation avec les faits.
L'histoire la renverse de fond en comble.
D'un autre côté, les Gaulois n'ont'pas abandonné leur langue pour apprendre le latin, puisque la langue gauloise a survécu à la domination des Romains, et qu'elle est parvenue jusqu'à nous, sous le nom nouveau de langue romane.
D'un autre côté, le français et les autres dialectes de la France ne sont pas une dérivation du latin, puisque leurs règles fondamentales sont essentiellement et absolument contraires.
Nous allons examiner, dans le chapitre suivant, les moyens pratiques à l'aide desquels on suppose que les mots latins et les mots grecs se seraient introduits dans la langue française et dans ses dialectes; et nous y montrerons qu'à partir de l'époque de César les armées romaines ne parlaient pas latin, et que les Phocéens de Marseille ne parlaient plus grec.