NI SES XOTS GRECS DES PHOCÉENS
Personne n*a osé faire la théorie historique de la dériTation du français, par rapport au latin. — On- s'est borné à affirmer le fait, sans l'expliquer. — Deux langues peuvent avoir des mots communs, sans se les être communiqués. — Mots sanscrits nombreux dans le latin. ~ Mots grecs nombreux qui sont dans le fhmçais et dans les patois de la Gaule. — D'où vicnnent-ils? — On les a attribués à Pactiondes Phocéens de Marseille.— Les Phocéens ne peuvent avoir porté leur langue dans les contrées oli ib n'ont pas pénétré, telles que l'Ile de France, la Bretagne, la Gascogne. — 11 va être montré que le français ne doit ni ses mots latins aux Romains , ni ses mots grecs aux Phocéens. — Histoire des légions de César. — Oti avaient-elies été levées 7— Quelles langues parlaientelles î — La ?■•, la »■•, la 9"*, la 10"*, parlaient italien, c'est-à-dire tous les patois antiques de l'Italie. — La 11-*, la 12^, la 15-«, la lft"«, la 15«,la 16-« et la !'• parlaient gaulois etiUyrien. — Détails et preuves. — A l'époque de César, il n'y avait dans les armées, qu'un Romain contre dix Italiens. —Sous Auguste, il n'y avait qu'un Romain contre treize Italiens. — Sous Claude, il n'y avait qu'un Romain contre vingt-trois Italiens. A partir des Antonins les Romains ne formèrentplus qu'un pourcent. —On ne parlait donc pas latin dans les armées romaines à partir de César, et ces armées, enfermées dans des camps, ne communiquaient pas avec les populations. — Quant aux Phocéens de Marseille, de Roses et d'Ampurias, ils ne parlaient plus grec du temps de César. — Ils parlaient gaulois et espagnol. — Preuves. — D'ailleurs, les Phocéens n'avaient pu porterie grec dans les pays avec lesquels ils n'avaient pas de relations. — Liste des mots grecs qui se trouvent dans le»dialcctes de l'Ile de France, — de la Gascogne, — delà Basse-Bretagne. — La présence dans les dialectes de la Gaule, soit des mots latins, soit des mots grecs ne peut donc s'expliquer que par l'origine commune des peuples qui parlent les langues oh se trouvent ces mots.
Après avoir dit que les mots latins qui se trouvent dans le français et dans les divers dialectes de la Gaule nous ont été donnés par les Romains, il semblait indispensable d'indiquer le mode à Taide duquel s'était opérée cette transmission. Personne n'a osé le faire, pas même Dom Rivet, le véritable fondateur de la doctrine.
Il s'esit borné à cet argument , cité dans le chapitre qui précède : a d'où seraient venues tant d'expressions latines, si les Gaulois n'avaient autrefois parlé latin?
Argument réfuté d'avance par l'histoire et par la philologie.
Il y a beaucoup de mots sanscrits dans le latin : qui oserait dire que les Romains ont jadis parlé sanscrit?
Il y a beaucoup de mots italiens, espagnols, portugais dans le français : qui oserait dire que les Français ont jadis parlé portugais, espagnol ou italien ?
La logique et le bon sens e}rïgent donc que l'on cherche de la communauté des mots eçtre deux langues une autre explica-