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CHAPITRE QUATRIÈME

urbaines et prétoriennes, chargées delà garde de la ville, étaient levés parmi les Étrusques, les Ombriens, les vieux Latins ou parmi les hat^itants des plus anciennes colonies (1).

Ce dépeuplement et cette impuissance de Tltalie et do Rome éclatèrent surtout au grand jour à partir du moment où la mort de Néron et l'élévation de Galba ouvrirent cette ère de séditions et de meurtres qui portèrent successivement les empereurs au trône. « .Les provinces désarmées, l'Italie surtout, étaient exposées à toutes les servitudes , et attendaient que la victoire désignât leur dominateur (S)» ; — « La noblesse, oisive, avait oublié la guerre; les chevaliers ignoraient le service des armées , et plus ils s'efforçaient de renfermer et de dissimuler leur frayeur, plus elle éclatait manifestement (3). »

Aussi voit-on dès cette époque le sort de Rome et de l'empire aux mains des soldats étrangers. Toute la Gaule proprement dite , entre la Garonne, la Loire et la Seine, avait reçu le droit de cité (4).

Galba inaugura dans Rome même cette domination sanglante des étrangers. Son entrée y fut le signal de massacres opérés à l'aide d'une légion d'Espagnols et de soldats germains , bretons et illyriens ('S).

Pendant le règne de trois mois d'Othon les étrangers constituèrent les forces principales de son armée. Ses lieutenants occupaient Narbonne avec une garnison de Liguriens (6), Lyon avec une légion d'Italiens et la cavalerie de Turin (7) ; enfin, à la bataille de Bédriac, il opposa aux soldats de Vitellius sa cavalerie pannonienne et mésienne (8).

Valens et Caecina, lieutenants de Vitellius , poussèrent contre Othon et contre Rome les soldats de l'Europe occidentale. Valens conduisait, avec l'élite de l'armée de la Germanie inférieure, des

(1) «... Très urbanœ, novem prœtoriœ cohortes, Etmria ferme Umbriaque (lelectâB, aut Tetere Latio et coloniis antiquitus romanis. » — Tacit., Annal. y lib. IV, c. V.

(2) « Inermes provinciœ, atqae ipsa in primis Italia, cuicumqae servitio exposita, inprelium belli cessurœ erant. » — Tacit., Hist., lib. I, c. II.

(3) /Wd., lib. I, c. LXXXVIII.

(4)/6id.,lib. I, cap. VIII.

(5)... Plena Urbsexercitu insolito... Ibid., lib. I, c. VI.

(6)... Ligurum cohors, vêtus lociauxilium... Ibid., lib. II, cap. XIV

(7) Tacit., lib. I, cap. LIX.

(8) Ibid., lib, III, cap. 11.

auxiliaires germains et bataves (1); Cœcina conduisait trente mille hommes de l'armée de la Germanie supérieure, dont la principale force était Tinfanterie gauloise , lusitanienne , bretonne let germaine (2).

Yitellius lui-même , pendant que ses lieutenants combattaient et lui gagnaient l'empire à Bédriac, levait des légionnaires dans la Gaule pour remplir les vides, et il amenait huit mille Bretons (3). Il fallut, après la victoire, renvoyer dans la Gaule « la multitude immense des auxiliaires fournis par les cités (4) » ; et cependant l'armée à la tête de laquelle Yitellius fit son entrée à Rome comprenait encore trente-quatre cohortes , près de trois légions et demie, a que distinguaient les noms de leurs nations et la variété de leurs armures (5) o .

Avec Vespasien, ce furent les soldats de l'Orient qui fondirent sur l'Italie. Son premier lieutenant Mucius lui gagna les légions de Syrie , qui étaient grecques, et qu'il harangua en grec , dans l'amphithéâtre d'Antioche (6). Son second lieutenant Antonius Primus lui amena deux rois suèves, avec leur armée (7); il enrôla les milices du Norique (8), de l'infanterie de Mésie (9) et de Dalmatie {i 0), seize ailes de cavalerie pannonienne (i i ) ; et au point du jour, à la bataille de Crémone, la troisième légion, qui était syrienne, engagea le combat en saluant le soleil, suivant l'usage de son pays (12).

Userait inutile «de pousser plus loin cette étude de l'élément constitutif des légions. L'élément romain et même l'élément latin en ont complètement disparu. Rome et l'Italie appartiennent aux soldats levés dans toutes les provinces de l'empire, en attendant

(l)Tacit., Hisior., lib. I,c. LXl, IV.

(2) Ibid ., lib. I, cap. LXX.

(3) Ibid.. lib. II, cap. LVII.

(4)Reddita ciWtatibus Gallorum aaxiUa, ingens numéros... — Ibid., lib. II, cap. LXIX.

(5)... Quatuor et x\\ cohortes, ut nomina genlium aut species armoram forent, discret». — Ibid., lib. II, cap. LXXXIX.

(6) Tacil., lib. 11, cap. VIII.

(7) Ibid., lib. III, cap. V. XXI.

(8) Ibid.,\\h. III, cap. Y.

(9) md.y lib. III, cap. XVIII.

(10) Ibid., lib. III, cap. L.

(11) Ibid., lib. III, cap. II.

(12) Orientem soient, itainSyria mos est, tertiani salutaTere. -- Tacit, Ibid., lib. III, cap. XXIV.

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