CHAPITRE QUATRIÈME
grecque et adopté la langue espagnole. Or l'inscription est de l'an de Rome 549 (1), ce qui revient à l'année 204 avant l'ère vulgaire.
Les Marseillais ne parlaient plus grec à l'époque où Cicéron prononça son discours pour Flaccus, c'est-à-dire l'an de Rome 596, l'année même de l'entrée de César dans la Gaule. Le témoignage de l'orateur est formel à cet égard, car il présente Marseille enveloppé par les flots de la barbarie gauloise , comme aussi séparé de la langue de la Grèce que de son territoire (2).
Les historiens qui, sur la foi de Strabon, ont parlé des écoles grecques de Marse*ille ont d'ailleurs confondu deux époques trèsdistinctes : l'époque de Cicéron et l'époque de Tibère.
Pendant la première époque , les Marseillais , livrés au développement de leur commerce, avaient organisé des forces navales en état de le protéger. Impuissants à constituer ces forces avec leur propre population , ils s'étaient associé , comme matelots et soldats de mer, les peuples voisins des Basses- Alpes , notamment les Albyces, population gallo-ligure qui forma au moyen âge le diocèse de Riez (3). Ce furent ces Albyces qui combattirent, sur terre et sur mer, contre César; pendant le siège de Marseille. Ils étaient depuis des siècles dévoués aux Marseillais (4). Ils formèrent la
(1) Voici le texte de riascription d*Ainpurias , conservé par Ant. de RuflQ, le savant lilstorien de Marseille :
Emporitani populi Grseci hoc templam
Sub nomtne Dianœ Ephesiae eo seculo
Condidere quo nec reÛcta Grœcorum
Lingua née idiomate patriœ Iberœ
Recepto, in mpres, in lingaam *
In jura, in dilionem venere
Romanam.
M. Cetego Et L. Apronio coss.
(Ant. de Raffi, Bist. de Marseille, liv. I, p. 18.)
(2) Voici le passage de Cicéron : « Neque vero te, Massilia, prœterco, qnœ tam procul a Graecorum regionibns, disciplinis , lingoaqne divisa , cnm in ultimis terris cinctaGallonim gentibns, barbari» flnctibus allnetar. » ^Oraf., proFlacco,