CHAPITRE SIXIÈME
le nom du Nil, appelé par les grecs At^nx^f Egyptos (1). On ne connut longtemps que la partie de l'Espagne voisine du fleuve et et du littoral, entre les Pyrénées et les Colonnes d'Hercule. Tout le centre et tout l'ouest de l'Espagne n'avaient pas encore de nom du tempsdePolybe, qui écrivait 130 ans avant l'ère vulgaire (â); et ces contrées venaient alors d'être récemment découvertes (3). L'Èbre était donc le principal cours d'eau de l'Espagne primitivement visitée, et il passait pour la couper en deux moitiés égales (4).
Voilà , résumé en peu de mots, ce qui a trait au nom ancien de la Péninsule.
Si nous descendons jusqu'au règned'Auguste, époque à laquelle l'Espagne était pacifiée et entièrement soumise aux Romains, son territoire était administrativement divisé en trois provinces, qui étaient, en partant des Pyrénées et en suivant les bords de la mer intérieure et de l'Océan , la Celtibérie ou Tarraconaise , la Bétique et la Lusitanie.
La Celtibérie ou Tarraconaise comprenait plus de la moitié de l'Espagne. Elle commençait, sur l'Océan, à la rive droite du Duero ; et sa limite extérieure, après être remontée au nord jusqu'aux frontières de la Gaule, suivait la ligne des Pyrénées jusqu'à Port- Vendres, et descendait ensuite, au sud, le long de la Méditerranée, jusqu'au cap que les anciens appelaient Profnontorium Chariderai, et qui porte en espagnol le nom de Cabo de Gâta. La limite intérieure, beaucoup moins précise, peut étrQ néanmoins figurée à peu près par une ligne tirée du Duero au Cap de Gâta , et passant par Salamanque , Talavera , Almaden et Andujar.
Cette vaste contrée comprenait donc la Galice , les Asturies, le nord du royaume de Léon, la Navarre, la vieille et la nouvelle Castille, l'Aragon, la Catalogne, le royaume de Valence et le royaume de Murcie.
La Bétique, partant du cap de Gâta, contournait le détroit appelé par les anciens /Vefum Herculeum, par les modernes détroit de Gibraltrar, et s'avançait à l'ouest jusqu'à l'embouchure de la Guadiana , comprenant le royaume de Grenade et l'Andalousie.
(1) Strabon constate qu^onère ne connaissait le Nil que sous le nom d'At- YvnToc. — Geoffraph; I. I, cap. II, $ 22.
(2) Polyb., HUtor., Ub. lll, cap. VII, $ 95.
(3) Ibid., Histor., Ub. IH. cap. Mfl.
(4) Appian., Hispanic, p. 429, éd. ut supra.
La Lusitanie commençait à la rive droite de laGuadiana et finissait à la rive gauche du Duero , comprenant le Portugal actuel , avec les Algarves , au sud, et le territoire compris entre le Douero et le Minho, au nord.
Ceci dit sur le nom et la division de l'Espagne, au temps d'Auguste, venons à ses habitants , qui portèrent de toute ancienneté le nom d'Ibères ou d'Espagnols , dénomination générale et collective , s'appliquant à l'ensemble des groupes, sans préjuger la nationalité ou la race d'aucun d'eux.
Quelle était la nationalité des Espagnols ou des Ibères ?
A cette question , posée en termes trop généraux , et par cela même mal posée, il faut substituer celle-ci :
A quelles nations appartenaient les divers peuples qui occupèrent primitivement, ou qui s'approprièrent successivement le sol de l'Espagne ?
Posée ainsi , la question se simplifie, et elle permet d'apercevoir et de distinguer du premier coup d'oeil les trois sortes d'occupants qui se rencontrèrent à un moment donné en Espagne, et qui furent :
Premièrement, des peuples agricoles, pasteurs et guerriers, divisés en un grand nombre de tribus, portant divers noms , ayant habituellement, pour refuge , au centre de leur territoire , une ville , qui était aussi le siège de leur gouvernement.
Deuxièmement, des navigateui*s débarqués à l'embouchure des rivières, où ils s'établirent en colonies marchandes, pour faire des échanges avec les peuples précédents , déjà établis dans l'intérieur.
Troisièmement , des conquérants , venus d'Afrique ou d'Italie , avec des flottes et des armées, non pour peupler le territoire, mais pour le soumettre, s'approprier son commerce, ses richesses, en tirer des tributs et des soldats.
Voilà les trois éléments bien distincts des peuples anciens qui occupèrent l'Espagne.
Il est d'ailleui*s bien évident que , sur ces trois espèces d'occupants, la première, seule, constituait le fond même des nations autocthones de l'Espagne, et dont la réunion porta le nom de peuple ibère ou espagnol. Les deux autres espèces d'occupants influèrent plus ou moins sur la civilisation et sur les destinées de la première; mais elles restèrent à l'état d'éléments latéraux, extérieurs et secondaires , par rapport aux habitants qui avaient les
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premiers occupé le sol, et qui avaient été le noyau primitif du groupe général et la cause de son développement ultérieur.
En effet , les marchands étrangers ne seraient pas venus s'établir sur les côtes d'Espagne s'il n'y avait eu déjà , à l'intérieur, des habitants avec lesquels ils se proposaient de faire des échanges ; et des conquérants ne seraient pas survenus plus tard, et à leur tour, s'ils ne s'étaient pas promis, comme compensation de leurs dépenses et de leurs chances de guerre , l'accroissement de richesse et de force qui résulte delà soumission d'un pays déjà organisé et puissant, en état d'apporter au vainqueur des troupes et des subsides.
Ainsi , pour bien apprécier la nationalité des tribus comprises sous la dénomination générale d'ibères , il faut écarter comme éléments extérieurs, accessoires, transitoires de cette nationalité, et les Phéniciens, qui fondèrent Gades, et les Zacynthiens, qui fondèrent Sagunte, et les Rhodiens, qui fondèrent Rhodes, ^*t les Phocéens, qui fondèrent Ampurias,. Dénia et Malaga, et les Carthaginois, qui soumirent la plus grande partie de l'Espagne orientale, et enfin les Romains, qui, après avoir chassé les Carthaginois , soumirent 4oute la Péninsule : la nationalité ibérienne veut être recherchée et étudiée dans les populations qui occupèrent primitivement l'Espagne et qui, même sous les vainqueurs, conservèrent invariablement le sol.
Nous allons montrer, à l'aide de l'histoire et de la philologie , qu'il n'y a dans toute l'Espagne que deux éléments de nationalité; un élément général, presque universel, qui est gaulois ou celte; un élément particulier, restreint, localisé, qui estcantabrique, ou basque.
Les Espagnols et les Portuguais sont , comme les F^ançais et les Italiens , des hommes de race et de langue gauloises. Les Basques sont, par la race comme par la langue , un peuple étranger H l'Espagne et à l'Europe , et dont nous aurons , après tant d'autres, à rechercher la patrie primitive.
Commençons par l'élément général , presque universel de la nationalité espagnole , qui est l'élément celte ou gaulois.
Comme tous les autres pays , l'Espagne a été peuplée par des tribus successives, accourues du dehors.
D'où venaient les tribus qui occupèrent le sol de l'Espagne?
A ce sujet , deux choses sont incontestables; comme ritalie, l'Espagne a été peuplée par les Gaulois : comme l'Italie, l'Espagne
a été peuplée en deux reprises , et à deux époques différentes.
L'histoire offre en effet trois doeuments formels, servant à constater les deux émigrations gauloises qui , à un long intervalle l'une de l'autre, ont couvert, occupé et fécondé le sol de l'Espagne.
Le premier est un passage d'Hérodote , écrivain grec trèsancien, cité par Etienne de Byzance et par Photius, faisant connaître la direction de la première émigration gauloise.
Le second est un passage de Diodore de Sicile, indiquant, d'après une tradition universellement acceptée , les conditions de la deuxième invasion, ainsi que l'accord survenu entre les nouveaux Celtes et les anciens , déjà établis sur le sol espagnol.
Le troisième est un passage de Strabon , relatif à l'époque de la deuxième émigration, et permettant, non pas de lui donner une date précise , mais de délimiter, à l'aide d'un synchronisme certain , une phase historique durant laquelle cette deuxième émigration s'opéra.
Exposons les faits qui résultent de ces trois documents :
Lepassaged'Hérodote,conservé par Constantin Porphyrogénète, dans son traité sur Y Administration^e V empire, s'exprime ainsi :
a dépeuple Ibérien, que je dis être établi le long de la mer, quoiqu'il ne soit qu'une seule et môme nation , est divisé en plusieurs tribus, distinguées par des noms différents.
a Celle qui occupe la partie la plus occidentale , se nomme la tribu des Cynètes. En partant d'elle, et en se dirigeant vers le septentrion, on trouve la tribu des Glètes. Puis, viennent d'abord celle de Tartesse ou des Tartessiens, ensuite celle des Élusiniens ; plus loin, celle desMastiniens; en dernier lieu , celle des Celcianiens(i).*»
Il serait inutile de s'appesantir sur l'exactitude de ces désignations ; elles sont confirmées par le témoignage des géographes plus récents; mais il est indispensable de montrer immédiatement que ces tribus d'Ibères, établies en Espagne le long de la mer intérieure , étaient gauloises, et venaient du versant septentrional des Pyrénées.
La démonstration sera évidemment accomplie s'il est prouvé que parmi ces tribus, appartenant toutes à la même nation , les plus avancées d'entre elles vers le sud de l'Espagne, celles qui
(1) Constantin Porphyrog., De adminîstrand, imper, cap. XXIII.
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touchaient aux Colonnes d'Rereule , étaient incontestablement gauloises, et même que laflus avancée de toutes, celle desCynètes , venait du littoral du Roussillon , où les traces de son établissement primitif ne sont pas encore eRacées.
Les Cynètes portaient aussi, dans les anciens historiens grecs, le nom de Cynésiens. Hérodote leur donne le premier, au livre LXIX, et le second, au livre II de son histoire. Il les place, comme Hérodote, tout près'des colonnes d'Hercule, et déclare, à deux reprises, que les tribus qui les environnaient étaient celtes ou gauloises.
a Lés Celtes, dit-il, sont au-delà des colonnes d'Hercule (par rapport à Hérodote); ils touchent aux Cynésiens, qui sont les derniers peuples de l'Europe, çlu côté du couchant (1) ».
a Les Celtes, dit-il encore, sont les derniers peuples de l'Europe, du côté de l'Occident, si l'on excepte les Cynètes {i) » .
La nationalité celtique des tribus Ibériennes établies au nord des Cynètes, et immédiatement après eux, est donc incontestable. Celle des Cynètes eux-mêmes ne 1 est pas nK)ins.
Dans son poème sur les Régions maritimes, composé d'après les anciens géographes grecs, Festus Avienus place les Cynètes dans le Roussillon, le long de la plage comprise entre Argelès et la Salenque.
« Après les monts Pyrénées, dit-il, s'étendent les sables du rivage cynétique, largement sillonnés par le fleuve Rôschinus(d) ».
Tout le mondd reconnaîtra aisément dans ce rivage cynétique la plage actuelle de Canet. Ce nom gaulois traduit exactement le grec KuvtiTo;, Cynète^ qui, comme Canet, veut dire petit chien.
Festus Avienus place d'ailleurs les Cynètes émigrés en Espagne au lieu même où les ont établis les autres géographes, à textrémité de l'Europe occidentale (4-). Il ajoute, pour préciser en-
(1) 01 tt KfXtoi claiv lltù *IIpotxXv)twv 9Tr,).twv. *0(iop^ovtfi 8c Kvvy)9((K9t, ot 19" yjanoi itp6; Svquwv olxi&v9i xwv év t^ EOp<0ic\| xorroiXTiiiivuiv. — Hérodot., lib. II, cap. XXXIII.
(2) 01 (KiXtoI ) htyaxfn irp6c fîkiw 8u9{iiciiv, (Utè KuvT)Ta; olxcou^t xfiv h vij *£ùpidnx)i Herodot.,iib. IV, cap. XUX.
(3) ... Post Pyraeneuin jugum Jacent areiue littoris CyneUci, Easque late sulcat amnis Roschinus.
Fest. Avien., Orx mariUm.^ t. 5S6, 7,6.
(4) lbid.,v. 223,4.
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core mieux leur situation, que le fleuve Anas ou la Guadiana traverse leur territoire, a Le fleuve Anas coule à travers le pays desCynètes (t)».
La natioiialité gauloise des premiers occupants du sol de l'Espagne, autnOHis pour eeUes de leurs tribus établies sur les côtes du sud-ouest, entre le Guadalqatvir et la Guadiana/est donc nettement prouvée. Avant d'étendre fai démonstration aux autres tribus, il est nécessaire de constater le caractère et d'essayer de fixer répoque de la deuxième émigration.
D'accord sur ce point avec toute la tradition, Diodore de Sicile raconte, en ces termes, comment les Ibères, c'est-à-dire les premiers occupants du sol de l'Espagne, furent troublés par une irruption de nouveaux Celtes, qui prirent le nom de Celttbères.
a Des Ibériem et des Celtes^ après s'être fait la guerre pour se disputer leurs territoires, la terminèrent par un traité dans lequel il fut convenu qu'ils habiteraient en commun la contrée en litige; et comme, à la suite de ce changement, ils s'unirent réciproquement par des mariages, ils se confondirent bientôt en un seul peuple, qui de ce mélange prit le nom de Celttbères. Formés de ces deux nations puissantes, ainsi réunies, et possédant d'excellentes terres, les Celtibères atteignirent le plus haut degré de gloire, et résistèrent pendant longtemps aux Romains, qui ne sont qu'avec peine parvenus à les subjuguer (S) » .
11 résulte clairement de ce passage deux choses importantes.
Premièrement, que la deuxième émigration pénétra en Espagne longtemps après la première, puisque le sol était déjà occupé, et que les nouveaux émigrants durent obtenir une part du territoire par la force.
Deuxièmement, que les derniers émigrants étaient aussi des Celtes, comme les premiers, et que l'élément nouveau de population qu'ils introduisirent en Espagne n'altérait pas la nature complètement gauloise de l'élément ancien.
A partir de ce moment il y eut en Espagne deux noms généraux de peuple, les Ibères et les Celtibèn^es; mais il n'y eut toujours qu'une seule nationalité génératrice, la nationalité celtique ou. gauloise.
Est-il possible de fixer avec quelque précision l'époque de la
(1) Fest. Avien., Or. mar j/im.—Anàamnisillic per'Cyoetasefnuit. Ibid., t. 226. (2} Diodor.Sieul., BibUothec^Wb. V,cap. XXXIII.
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deuxième entrée des Gaulois en Espagne ? On ne peut malheureusement la déterminer que par approximation.
Xénophon, qui écrivait trois cent -cinquante ans environ arant Tère vulgaire, connaissait les Ibères et les Celtes, envoyés par Denis l'Ancien, trente-trois ans avant l'expédition d'Alexandre contre Darius, au secours des Spartiates contre les Thébains; il ne parait pas avoir connu les Celtibères (1).
Hérodote, qui florissait un siècle plus tôt, a également parlé des Celtes et des Ibères ; il n'a rien dit des Celtibères.
Il semble donc que les Celtibères, peuple formé sous une dénomination nouvelle, à la suite de la deuxième émigration gauloise en Espagne, devraient être postérieurs au cinquième et même au quatrième siècle avant l'ère vulgaire ; mais ce ne peut être là qu'une fausse apparence, ayant évidemment pour cause la lenteur avec laquelle la connaissance des événements de l'Occident parvenait en Grèce. La deuxième et grande émigration des Gaulois en Italie et dans la vallée du Danube eut lieu, comme on sait, Tan 599 avant l'ère vulgaire. Les tribus gauloises ne se seraient pas lancées vers des pays inconnus si en ce moment même ii fût resté de grands tenîtoires vacants au delà des Pyrénées, bien ])lus aisées à franchir que les Alpes.
11 est donc raisonnable de supposer que la deuxième émigration des Gaulois en Espagne est un peu antérieure à la deuxième émigration en Italie, à moires qu'elles ne soient toutes deux à peu près contemporaines, ce qu'un passage de Strabon semble autoriser à penser.
En effet, parlant des Espagnols en général, il dit : « S'ils avaient voulu réunir toutes leurs forces pour se défendre) ils n*auraient pas vu la meilleure partie de l'Espagne subjuguée par les Carthaginois, avant eux par les Tyriens, ensuite par les Celtes, qui sont appelés aujourd'hui Celtibères et Serons (5{) » .
Strabon place donc la deuxième émigration des Gaulois en Espagne, celle qui a produit les Celtibères, avant les établissements des Carthaginois. Or, les historiens sont généralement d'accord pour fixer la date de ces établissements à l'époque du siège de Tyr par Nabuchodonosor, lequel répond à l'an 572 avant l'ère vulgaire.
(l}XéDophon, Hellentc.,\)b. Vil, cap. L
{2} 'ËTt npéxspov TvpCotc, fixa Kc/.toTc, oE vuv Ke).T{^r,pcc xat Bi^pcuve; x«).oûv-
Tat. — Strab., Ctograph.y ]ib. III, cap. IV, $ 5.
192 LANGUE FRANÇA18C.
Voilà donc l'Espagne peuplée par deax émigrations parties de la Gaule.
Les éléments déjà connus de la première sont celtiques, et portent le nom d'Ibères,
Tous les éléments de la seconde le sont aussi, et portent le nomdeCeltibères.
Avant de rechercher à quelle époque et par quelle voie a pu s'introduire l'élément étranger, c'est-à-dire l'élément cantabrique ou basque, il convient de préciser le territoire occupé par chacune des deux émigrations successives, afin de mesurer plus tard, au point de vue de la philologie, la nature et le nombre des dialectes que toutes deux ont versés sur le sol de la Péninsule.
Le peuple celtibérien occupait à peine le quart de la région dite Celtibérie, dans la division administrative opérée par Auguste.
Cette région était une division purement administrative, sans rapport réel avec l'agglomération celtique dont elle avait pris le nom. C'est une vérité que Strabon exprime en ces termes : « Les Celtibères, devenus puissants, donnèrent leur nom à toutes les contrées environnantes (i) » .
Le peuple dit celtibérien occupait le bassin de l'Èbre, et s'étendait, du côté du midi, jusqu'au Guadalaviar. Il couvrait ainsi la moitié septentrionale des deux Castilles, le sud de l'Aragôn et le nord du royaume de Valence. A l'ouest il s'arrêtait un peu au-delà duDouero, et à l'est il s'étendait jusqu'à la Méditerranée.
Pline dit formellement que Clunta, aujourd'hui Corugna del Conde, était la dernière ville des Celtibères à l'ouest (2). Cette ville était chef-lieu de juridiction, et elle se trouvait sur la rive gauche du Douero, un peu au-dessous de Numance.
L'appellation de Celtibères comprenait un assez grand nombre des tribus gauloises établies dans le pays que nous venons de délimiter.
n y en avait quatre de principales (3) : les Arévaques, les Pélendons, les Bérons et les Vaccéens.
Chacune de ces grandes tribus comprenait un certain nombre d'agglomérations ou de cités secondaires.
(1) Slrab., Geograph., lib. III, cap. II, § 2.
(2) Pline, Uist. natur,, lib. III, cap. IV.
(3) Strabon donne aussi ce nombre, mais sans faire connaître les noms des tribus. — Geograpji.y lib. Iil,cap. IV, § 2.