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CHAPITRE SIXIÈME

Ptolémée, celui de tous les géographes qui a dressé le catalogue des peuples avec le plus de détail et de précision, attribue :

Aux Arévaques, dix villes (1), parmi lesquelles Seguntiay Siguenza sur le Henarez ; Termes, en grec T^pfiec, Lerma sur l*Arlanza, ou Nuestra Segnora de Tiermes, sur le Douero; Clunia, Corugna del Conde, dans la vieille Castille ; Numance , sur le Douero, et dont les ruines se voient encore à Puente Garay.

Aux Pélendons, trois villes (2), dont Augusto-Briga^ Aldea del Muro, dans la vieille Castille, près d'Agreda, sur les frontières de TAragon.

Aux Bérons, trois villes (3).

Aux Vaccéens, vingt villes (4) ; parmi lesquelles Torquemada, Villaleon, Tordesillas, Palencia et Valladolid.

Tels étaient les Geitibères, occupant la partie supérieure du bassin de l'Ëbre, et comptant trente-six villes, dont une, Numance, a laissé un nom impérissable dans l'histoire, par l'héroïque résistance qu'elle opposa aux Romains.

Après vingt ans de guerres, après des traités honteux imposés à des consuls, Scipion l'Émilien eut l'honneur de prendre d'assaut ce qui restait de la cité gauloise, c'est-à-dire la cendre de ses trésors et de ses défenseurs (5).

Nous avons dit que les Celtibères occupaient le bassin de l'Ëbre et l'intervalle compris entre l'Ëbre et le Guadalaviar, depuis les

(1) Plolem., Geograph., lib. II, cap. VI.

(2) Ibid, Ils éUient Celtibères; voirPlin., HUt. nat., 1. m, cap. III.

(3) Ibid. —Ils étaient Celtibères; voir Slrab., Geograph., lib. III, cap. IV,

(4) Plolem., Geograph.i lib. II, cap. VI.

Quelques auteurs, trompés par le nom, ont confondu les Vaccëens^ peuple celte, avec les Vascons, peuple cantabre.

On ne s'explique pas cette erreur, lorsqu'on se rappelle leur position.

Les Vascons occupaient la limite deTAragon et de la Navarre , suria rive gaucbe de TÈbre.

Les Vaccéens occupaient , sur la rive droite de TÈbre, la limite du royaume de Léon et de la VieiÔe Castille, entre le Douero et la Pizzuerga. Appien fixe leur position de la manière la plus précise, Hispanic, p. 476.

(5) Numance fut prise Pan 133 avant Père vulgaire.

Pendant le siège , Scipion avait terrifié le pays par des cruautés Inouïes ; ainsi, il avait fait couper le poignet à quatre cents jeunes Gaulois de la cité de Lutia , parce que, malgré Pavis des anciens de la ville, ils avaient manifesté le dessein de secourir Numance. Voir Appien, Hispanic. , p. 529 de l'édition cidessus désignée.

194 I^ANGUE FEANÇAISE.

sources du Douero jusqu'à la mer (i). Le vaste triangle ayant pour sommet Clunie, et pour base la côte comprise entre Tan*agone et Valence, était occupé par un grand nombre de tribus, que Ptolémée comprend sous la dénomination générale de Celtibères Orientaux^ par rapport aux Arévaques.

Le géographe grec leur attribue dix-huit villes, parmi lesquelles Tarazona, Almunia, Calatayud , Arcoz, Medina-Cœli , Siguenza , Alcaniz et Ségorbe (2).

En résumé, la deuxième occupation de TEspagne, c'est-à-dire l'alluvion gauloise des Celtibères, avait couvert une partie du royaume de Léon, des Deux Castilles, de l'Aragon et du royaume de Valence. Il sera donc naturel de retrouver la langue celtique dans tous ces pays, lorsque, au cours d'un chapitre ultérieur, nous en étudierons les dialectes.

Recherchons maintenant quelles parties du territoire espagnol avait couvertes l'élément gaulois de la première occupation, qui fut celle des premiers habitants de la Péninsule, c'est-à-dire celle des Ibères.

La première chose qui frappe lorsqu'on étudie les diverses parties de la division géographique de l'ancienne Espagne, c'est de trouver des nations gauloises établies dans chacune d'elles.

On en trouve dans la Bétique, car les Andalous sont des Gaulois.

On en trouve dans la Lusitanie, car- les habitants des Algarves, de l'AIentejoet de la province de Beira, sont des Gaulois.

On en trouve dans la Tarraconaise occidentale, car les habitants du cap Finisterre et de la Galice sont des Gaulois.

Il y a sur ce point une telle unanimité de témoignages dans les géographes et les historiens, dans Strabon,' Mêla, Pline, Appien, que le doute n'est pas possible.

Indiquons le siège de ces diverses tribus gauloises, en commençant par la Bétique.

Deux peuples principaux, que les géographes nomment les Turdetains et les Turdules, se partageaient la partie de la Bétique qui porte aujourd'hui le nom d'Andalousie. Ces deux peuples étaient-ils deux tribus différentes de la même nation ?

(1) Seuls, les Vaccéens, les Bérons et les Pelendons étaient sur la rive droite du Douero , un peu à l'ouesl des Arévaques et des Kumanlins.

(2) Ptolera., Ceograph.j lib. U, cap. VI.

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