‹ Histoire des papes (volume 2)Chapitre 10 sur 125 · SAINT CLEMENT I · texte numérisé non relu

SAINT CLEMENT I

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Niissar.ce de saint Clément. — Visions d'Hermas. — Le pape Zozime et saint Jérôme en contradiction sur le mai'.jie de Clément. — Ses miracles dans le désert. — Livres apocryphes.

Clément tétait Romain, et son père, nommé Fanstin, habitait le quartier du mont Célius. Quelques auteurs ont écrit qu'il était parent des Césars : cette erreur est fondée sur la ressemblance de noms avec le consul T. Flavius Clément, neveu de l'empereur Vespasien, qui fut martyrisé par ordre de Domitien, son cousin. Le pontife s'appelait lut-mème enfant de Jacob, ce qui fait supposer qu'il était plutôt juif que gentil.

La vie de Clément se trouve dans les Constitutions dites des apôtres; mais ces (nwra^rs ne liassent pas pour authentiques, malun' !'> mi i lis (|u'ils renferment et qui sont puisées dans la tiadilion des premiers siècles. On attribue à ce pape l'établissement des sept notaires chargés d'éorire les actes des martyrs.

L'empereur Domitien ayant le projet de déclarer la guerre à la religion chrétienne, Hermas en fut instruit dans plusieurs visions, dont le récit se trouve dans le livre du Pasteur, et il reçut l'ordre d'en don ner avis au pape, afin qu'il en avertît les autres églises, et qu'il les prémunît contre cette tempête. Clément continua à gouverner l'Éghse pendant la persécution, et il vécut jusqu'à la troisième année du règne de Trajan, qui est l'an 100 de Jésus- Christ. Rufin et le pape Zo/.ime lui donnent le titre de martyr, et l'Église, dans ses Canons, le place parmi les saints qui ont répandu leur sang pour affermir l'Eghse. Mais Eusèbe et Jérôme laissent qu'il mourut en paix.

Saint Irénée, faisant le dénombrement des premiers papes, vers la fur du deuxième siècle, reconnaît également queTélesphore est le premier pontife qui ait été couronné d'un glorieu.x martyre.

Une ancienne histoire, dont l'exactitude est assez douteuse, rapporte que saint Clément fut relégué par Trajan dans la Chersonèse, au delà du Pont-Euxin, et que, par ses prières, il fit sortir d'un rocher une fontaine qui fournissait aux besoins des autres conlèsseurs. Il demeura environ un an dans ce désert et convertit tous les habitants du pays : alors Trajan envoya un officier, par ordre duquel Clément fut jeté dans la mer avec une ancre attachée au cou. Le lendemain, les eaux se retirèrent à plus d'une lieue du rivage, et découvrirent aux fidèles un temple de marbre, sous lequel s'élevait le tombeau du martyr; et chaque année le même miracle se renouvelait le jour de la fête du saint. Cette légende extraordinaire a été adoptée par Platine et par le père Pagi.

La grande réputation de saint Clément lui a fait attribuer tous les écrits que l'on estimait les plus anciens, après les Ecritures canoniques, et qui n'avaient point d'auteur certain.

On produit encore sous le nom de ce pontife cinq lettres; les deux premières sont adressées à Jacques, frère du Christ ; la troisième, à tous les évêques, les prêtres et les fidèles ; la quatrième à Julius et à Julianus, et la cinquième aux chrétiens de Jérusalem ; mais J*^^ont supposées, ainsi que les Canons des ApôtU^^B les Constitutions apostoliques, qui sont

des recueils de toute la discipline de l'Ei^lise. Il passe éf;alemenl, pour avoir écrit les Récognitions, qui contiennent une prétendue histoire de sa vie : l'auteur raconte plusieurs voya>;es de Pierre, et s'étend longuement sur ses disputes avec Simon le Magicien. On nommait aussi cet ouvrage l'Itinéraire de saint Pierre.

Pendant le règne de Clément, mourut le vénérable Barnabe, apôtre du second ordre, et l'auteur d'une doctrine très-bizarre qu'il divise en deux parties. La première était dirigée contre les Juifs; la seconde renfermait des prophéties qui semblent tirées du dogme indien de la métempsycose, enseigné en Grèce par les pytliagoriciens.

Saint Barnabe explique par des allégories morales les défenses de la loi judaïque à l'égard des animaux qu'elle a nommés impurs. « Le porc, dit-il, désigne « les voluptueux et les ingrats, qui ne reconnaissent <c leurs maîtres que dans le besoin; les oiseaux du « proie sont les rois et les puissants, qui sans tra- <; vailler vivent aux dépens du peuple ; les poissons « qui demeurent au fond de l'eau figurent les pé- « cheurs impénitents ; le lièvre et la belette sont les X symboles de l'impureté; les animaux qui ruminent a et dont il est permis de manger, tels que les

« bœufs, les chevaux et les moutons, représentent les « justes qui méditent les enseignements que Dieu <i leur envoie; leur pied fourchu nous montre que inar- '■ chant en ce monde, ils attendent la vie future. »

En parlant de la Genèse, il affirme que les six jours de la ci 'ation représentent aulant de périodes de mille annéi s, et qu'à la septième période, qui est figurée par le sabbat, le Christ viendra juger 1 ;s vivants et les morts, parce que les temps seront accomplis. Alors, ajoute-t-il, le soleil, la lune et les astres s'anérntiront, et le commencement du huitième jour S3ra l'aurore d'une création nouvelle.

En parlart des âges futurs de lËglise, il fait cette singulière prophétie : « Elle entrera dans la voie' « oblique, dans le sentier de la mort éternelle et des « supplices; les maux qui perdent les âmes appa- « raitront; l'idolâtrie, l'audace, l'orgueil, l'hypocri- « sie, la dupUcité du cœur, l'adultère, l'inceste, le « vol, l'apostasie, la magie, l'avarice, le meurtre, « seront le partage de ses ministres ; ils deviendront « des corrupteurs de l'ouvrage de Dieu, les courtisans « des rois, les adorateurs des riches et les oppres- « seurs des pauvres. » On attribue à saint Barnabe la fondation de l'Église de Milan.

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l'ancienne Rome

HISTOIRE POLITIQUE

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