SERGIUS
ntronisation de Sergius. — Il réhabilite la mémoire d'Eiienne VII et déclare Formose pontife infâme et sacrilège. — Réflexions du cardinal Baronius. — Adultères du pape Sergius avec la fameuse courtisane Maro2ie. — Église de Constantinople. — Fondation de l'abbaye de Cluny. — Église de Brème. — Mort de Sergius. — Réflexions sur les vices honteux du ponlife.
L'ambitieux Sergius, maître enfin de cette chaire pontificale, l'objet de sa convoitise, ne mit plus de frein à ses vices. Après la mort de Théodore II, il avait déjà été nommé pape une première fois, puis renversé du saint-siége : après sept ans d'exil, la faction qui lui avait posé la tiare sur le front le rappela dans Rome, alin i[u'il put une seconde fois employer les brigues et les moyens de corruption qui étaient en usage pour s'emparer du trône de l'Eglise.
Avec Sergius, l'esprit vindicatif du prêtre, la lubricité du moine et la violence du fanatique se )jlacèient sur la chaire de saint Pierre ; ce pontife re- ;j.udant comme des usurpateurs Jean IX et les trois piqjes ((ui lavaient précédé, cassa tous leurs actes, il se prononça contre la mémoire de Formose.
Dans un concile, composé de ses esclaves, il aplirouva la procédure qui avait été faite par Etienne MI ; il lil liansférer le corps de ce pontife dans la deiin'iirc iqiiistohque, au mépris des canons, et il grava sur sou tombeau une épitaphe louangeuse et mensongère; Formose, au contraire, fut déclaré solennellement pape sacrilège, pontife usurpateur, hérétique, adultère, assassin, et sa mémoire fut anathématisée.
Le cardinal Baronius, dont la plume a trop souvent flatté le saint-siége, s'indigne enfin de cet étrange scandale. ^^ C'est un scélérat, dit-il, digne de la corde et du feu ; le taureau d'airain de Phalaris, dans ses flancs rougis par la flamme, n'aurait pu
faire soufl'rir à ce monstre exécrable les supplices qu'il méritait. Il est impossible de croire qu'un semblable pape ait été légitime!... >>
Néanmoins Sergius, appuyé par les armes d'Adalbert, maïquis de Toscane, et soutenu par Charles le Simple, qui haïssait la faction de Formose, régna dans Rome et fit trembler tous sis cnncinis.
La ville sainte était alors giMiM'nn'i' |i;ii une fameuse courtisane nommée Théodoia, qui avait été mise 111 possession du château de la ville par Adalfieil , marquis de Toscane , son amant. Théodora avait deux filles, dont les débauches sur))assaient encore celles de leur mère; l'aînée, appelée Alarozie, d'une merveilleuse beauté, devint à son tour la maîtresse d'Adalbert, et en eut un fils nommé Albéric; ensuite elle s'abandonna au pape Sergius ; et de cette union infâme naquirent des enfants que nous verrons devenir papes à leur tour, et qui continueront des incestes monstrueux avec la Marozie leur mère pendant trois générations.
Le dernier mariage de l'empereur Léon le Philosophe avait encouru le blâme du clergé, et causait une grande division dans l'Église d'Orient par suite de l'obstination du patriarche Nicolas, qui, condamnant les troisièmes et les quatrièmes unions, voulait interdire l'entrée de l'église au chef de l'Etat. D'abord, le prince descendit à la prière pour obtenir du patriarche qu'il rétractât cette défense: enfin, fatigué
Tbéodora, une des courtisanes de l'Eglise