CLEMENT II
M rXÉMEXT ,1 11
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Abrutissement du clergé romain. — Election de Suie Son origine et son caractère. — Concile de Rome. Lettre de Pierre Damien au pape. — Mort de Cléc
:r, évèque de Bamberg. — II est ordonné sous le noai de Clément II. Les Pères règlent les droits de préséance entre les prélats italiens.
Après la déposition de Gi-égoiie M, le saint-siège fut déclaré vacant. Henri le Noir se rendit à Rome, et ayant convoqué le clergé, le sénat et les chefs de corporations dans la basilique de Saint-Pierre, il exigea qu'on procédât immédiatement à l'élection d'un souverain pontife. Le prince demanda à l'assemblée des évèques qu'on lui désignât un prêtre romain digne d'occuper la chaiie apostolique ; ceu.xci répondirent que dans l'amertume de leur cœur ils devaient avouer que le clergé de la ville sainte était dans un tel degré d'abrutissement, qu'ils ne connaissaient pas un seul prêtre digne d'être élevé sur la chaire de saint Pierre. Alors l'empereur désigna luimême comme pape le vénérable Suidger, évèque de Bamberg, qui fut consacré sous le nom de Clément II.
Suidger était Saxon et chancelier de l'empereur ; son mérite seul l'avait élevé à la dignité d'évêque, et son humilité était telle, qu'on fut obligé de lui faire violence pour le revêtir des ornements pontificaux. Après son ordination, il convoqua un concile, auquel le prin-ce assista, afin de régler les droits de préséance entre les évèques italiens, at pour empêcher les disputes ridicules des rivalités.
A l'ouverture de la première séance, comme l'archevêqne de Milan n'était pas encore arrivé, le patriarclie d'.Aquilée se plaça à la droite du papu, laissant vide le siège de l'empereur, ipti était placé immédiatement à côté du saint-père, le inélropolitain
de Ravenne s'assit à la gauche de Clément II ; Humfroi, le nouveau chancelier de Henri le Noir, titulaire du siège de ]\Iilan, entra à son tour, et trouvant les premières places occupées, il s'empara du fauteuil impérial, qui était à la droite du pontife , les évèques de Ravenne et d'Aquilée se récrièrent aussitôt, en réclamant le même honneur. Humfroi produisit un catalogue des évê(jues qui avaient assisté au concile tenu par Çymmaque et dans lequel le rnétrupolitain de Milan se trouvait inscrit au premier rang ; ses adversaires citèrent également un décret du successeur de Symmaque, portant que le prélat de Ravenne avait cédé la préséance pour cette fois seulement et sans tirer à conséquence pour l'avenir, attendu qu'il devait occuper le fauteuil à la droite du pape, à moins que l'empereur ne fîit présent au synode; et que même dans ce cas il devait sié.:er à la gauche du saint-père; de son côté, le patriarche d'Aquilée montra un privilège du pape Jean XIX qui lui accordait la préséance à la droite. L'assemblée délibéra gravement sur cette ridicule question, et la préséance fut donnée à l'église de Ravenne.
Dans le même concile on décida que les prêtres qui avaient été ordonnés pour de l'argent, pourraient néanmoins exercer les fonctions sacerdotales après ([uarante jours de suspension et le payement d'une amende au saint-siége.
Henri quitta Rome et se rendit dans la Pouil'e,
HISTOIRE DKS PAl'F.S
accompagné de Clément II, qu'il contraii^nit à excommunier les citoyens de Bénévcnt, qui velasuieul de lui ouvrir les portes de leur ville.
Arrivé ;iSalerne,le pontife pu])lia,le21 mars 1047, une LuUc par laquelle il accordait au prince (laimar Tautorisation de faire passer Jean, prélat dcPestane, au siège archiépisco})al de Salerne, avec le pouvoir d'ordonner sept suflragants dans les villes voisines.
Pendant son séjour en Italie, l'empereur avait engagé Pierre Damien à se rendre à Rome pour aider le pape de ses conseils; mais celui-ci s'en excusa par humilité, et il écrivit au saint-père : « Le prince m'a ordonné plusieurs fois de me rendre auprès de vous , pour vous rendre compte de la conduite scandaleuse de notre clergé; il a même confié à mes soins une lettre cpi'il vous adresse , et dont je vous prie de prendre connaissance. Je ne veux pas perdre mon temps à parcourir tous les diocèses de la province, pour être témoin des abominations desévèques, des prêtres et des religieux. Car il ne nous sert à rien de proclamer que le saiut-siége est revenu de
l'obscurité à la lumière, si nous demeurons toujours dans les ténèbres.
« Qu'importe d'avoir des vivres dans nos greniers, si les pauvres meurent de faim? A quoi sert une bonne épée, si on ne sait pas la tirer du fourreau? N'avons-nous pas vu ce prélat qu'on nomme le voleur de Hano, celui-là même qui avait été excommunié par les faux papes, ainsi que celui d'Ossimo et bien d'autres chargés de crimes inouïs, revenir cependant de la ville sainte comblés d'iionnrurs? Maintenant notre espoir s'est changé en tristesse. Nous avions pensé que vous seriez le rédenqjteur d'Israël, et vous trompez notre attente en vendant la justice dans le temple du Christ. «
Henri le Noir, connaissant la haine des Romains pour les papes qui avaient été élus par les princes allemands , ne voulut pas laisser son protégé exposé à la vengeance de ses ennemis; il le ramena avec lui dans la Saxe, où Clément mourut quelque temps après, le 9 octobre 1047, ayant tenu le siège pontifical neuf mois et demi. Il lui inhumé à Bamberg.
L'emprîi-eui- Othon comlialtant les bandei soudoyées du Pape
Grégoire VI meurt en exil. — Commencements «rHiliiebrand, moine de Cluny. — Les Romains demandent un pa;-e. — Benoît IX quitte la vile de Pesaro et s'empare pour la quatrième fois du saint-siége. — Il est forcé de renoncer de nouveau S la dignité }'0uli;icale.
Avant son départ de Rome, l'empereur avait exilé en Allemagne Grégoire VI, alin que ce pontife ne pût rien entreprendre contre Clément. On ignore ce qu'il devint sur cette terre étrangère; suivant les probabilités, il y mourut à l'époque où son disciple Hildebrand se fixa dans le monastère de Clun}', dont par la suite il devint l'abbé. Ce moine, trompé dans son araliition, voulut se venger de Henri en censurant publiquement le concile de Siitri, qui avait accordé à ce prince le pouvoir de chasser un pontife.
Néanmoins, après la mort de Clément II, les Romains, qui s'étaient engagés par des serments solennels à ne point élire de pape sans le consentement de l'empereur, repoussèrent les conseils d'Hildebrand, et envoyèrent en Allemagne une ambassade chargée d'obtenir la confirmation du célèbre Halinard, archevêque de Lyon, comme souverain pontife.
Mais pendant l'absence des ambassadeurs, Benoît IX, le parjure, l'adultère, l'incestueux, le pédéraste, comme l'appelle l'abbé de Fons-Avellane, abandonna la ville de Pesaro où il s'était réfugié, rentra dans Rome à la tète d'une troupe de brigands, et s'empa'a du trône de l'Église pour la quatrième fois : avec lui reparurent sur la chaire de l'apôtre la simonie, le pillage, le meurtre, la luxure. Cependant,
après huit mois et demi de règne , Théophylacte fut encore obligé d'abandonner, le saint-siége pour éviter le courroux de l'empereur.
Avant de sortir de Rome il voulut se préparer les moyens d'y rentrer, et imagina cette singulière comédie : il fit prier Barthélémy, abbé de la Grotttî"errée, de se rendre près de lui; à l'approche du vénérable cénobite, il parut touché de repentir, fit une confession de ses crimes, et annonça cpi'il prenait la résolution de quitter les fonctions du sacerdoce afin de faire pénitence. En effet, Benoît descendit de la chaire apostolique le lendemain 17 juillet 1048, jour de la fête de saint .\lexis.
L'abbé Barthélémy était le saint en réputation de l'époque ; il passait sa vie entière dans une solitude presque absolue, s'occupant à composer des hymnes en l'honneur de la ^'ierge , ou à transcrire des manuscrits pour la bibliothèque de son abbaye. Son amour pour la justice et son éloquence lui avaient acquis une grande réputation dans l'Italie , et les princes le choisissaient souvent comme arbitre de leurs différends; mais dans l'affaire du saint-père toute la sagesse et la perspicacité de Barthélémy furent mises en défaut, et sa présence à Rome ne servit qu'à dissimuler les projets ambitieux de Benoit.
Sailli BaïUiélcaiy faisant ses ilovotions devant la Vi
L'empereur envoie un j'.ipe aux Romains. — L'évêque de Biixen est ordonné sous le nom de Damase II. — Son règne dure viogttrois jours. — Il meurt à Prénestc. — Benoit IX est accusé d'avoir empoisonné le saint-père. — Il s'empare une cinquième fois de la tiare. — Il est encore chassé de Rome.
Dès que Benoît IX eut quitté le saint-siége, Poppon, évêque de Brixen, arriva à la cour de Rome, envoyé par l'empereur, qui l'avait nommé souverain pontife; il fut ordonné immédiatement sous le nom de Damase II. ÎNIais sa nouvelle élévation lui devint funeste, car il n'occupa la chaire pontificale que vingt-trois jours, et mourut à Préneste le 8 août 1048. Il fut enterré dans la basilique de Saint-Laurent, hors des murs de la ville.
On accusa 'rhi''0]ihylacte d'avoir empoisonné le nouveau papr : ni l'H.i. le jour même de la mort de Damase, Beuoii IX, suiituuu par les soldats des comtes de Toscanelie , remonta une cinquième fois sur le trône pontifical.
Après six mois de règne, les Romains, fatigués de la domination de cet infâme usurpateur, députèrent deux seigneurs en Allemagne pour supplier Henri le Noir de leur envoyer un prêtre vénérable qui pîit rétablir la discipline dans l'ÉgHse, et occuper dignement la chaire de l'apôtre.
Vers le même temps eut lieu en Hongrie le martyre de saint Gérard. Les Hongrois s'étant révoltés contre le neveu de saint Etienne, le cruel Pierre leur souverain, rappelèrent ses cousins germains, les trois frères André, Bêla et Léventé, qu'il avait pros-
crits du royaume, et leur offrirent la puissance souveraine. Aussitôt que ces princes eurent mis le pied sur le territoire de la Hongrie, ils décrétèrent que le christianisme serait aboli, que les prêtres allemands et latins seraient impitoyablement rais à mort , et que la mémoire de Pierre le Catholique serait vouée à l'exécration des peuples.
Ensuite André et Léventé marchèrent avec leurs troupes sur la ville d'All)e-Royale , qui était restée fidèle au souverain légitime. Tous les prêtres s'enfuirent à leur approche; quatre évèques seulement, parmi lesquels était Gérard, résolurent de se présenter au-devant des ennemis pour les disperser au nom du Christ. Ces prélats , revêtus de leurs ornements épiscopaux, sortirent de la ville suivis du clergé , et marchèrent à la rencontre de l'armée. L'avant- garde ennemie était commandée par Yatha le Farouche, qui avait juré d'exterminer tous les prêtres chrétiens. Dès qu'il aperçut cette procession d'ecclésiastiques, il les fit environner par ses soldats, fit pleuvoir sur eux une grêle de pierres et de flèches, et les égorgea jusqu'au dernier; mais de tous ces martyrs l'Église n'a conservé que le nom de Gérard, et n'a accordé qu'à lui seul les honneurs de la canonisation.
LÉON IX
Fameuse diète de Worins. — Brunon, évèque de Toul, est élu pape. — Caraclcre du pjntîTc. — Coup d'état du moine Hildebrand. — Le saint-père se rend à Rome couvert du manteau des pèlerins. — Visions du pape. — Il est consacré sous le nom de Léon LX. — Désintéressement du pontife. — Conciles de Rome et de Pavie. — Origine de la Commémoration des trépassés.
— Le pape vient en France et fait la dédicace de l'éfrlise de Saint-Remi. — Concile de Reims. — Privilèges accordés au monastère de Saint-Maurice. — L'évêque de Spire est accusé d'adultère dans le concile de Mayence. — Histoire de la doctrine de Bérenger. — Lettre singulière de Bérenger à Lanfranc. — L'évêque de Langres écrit contre Bérenger. — Conciles de Rome, de Verceil et de Paris, sur la doctrine de Bérenger et sur les ouvrages de Jean Scot touchant l'Eucharistie. —Plaintes de Bérenger contre ses persécuteurs. — Le métropolitain de Kavennes meurt empoisonné par l'ordre de Léon IX. — Écrits de Damien sur les débauches du clergé. — Fondation de l'abbaye de la Chai.se-Dieu. — Les reliques de saint Denis l'Aréopagite. — Fermeté de l'archevêque de Mayence. — Plaintes du pape contre les Normands. — Le saint-père court risque de la vie dans le concile de Mantoue. — Léon IX déclare la guerre aux Normands et se met à la tête des troupes. — Le pape est fait prisonnier. — Il est forcé pour recouvrer sa liberté d'absoudre les Normands de l'excommunication lancée contre eux. — Lettre du pape au patriarche d'.\ntioche. — Lettre de Michel Cérularius sur le pain azyme et sur le sabbat. — Réponse du pontife. — Réplique de Cérularius.
— Mort de Léon IX.
Après la mort de Damase II, l'empereur tint une diète à Worms, c'est-à-dire une assemblée générale des prélats et des seigneurs de ses États de Germanie. On désigna Brunon, évèque de Toul, comme étant le pins digne d'occuper le saint-siége.
Ce prélat était de l'illustre maison d'Alsace et de Lorraine, et cousin de Henri le Noir; il parvint à la papauté à l'âge de quarante-si.v ans, après avoir dirigé le diocèse de Toul pendant vingt-deux années. Un caractère bienveillant, une piété exemplaire et un extérieur agréable le faisaient aimer des prêtres et du peuple. Sa dévotion à saint Pierre était si grande, que chaque année il faisait un pèlerinage au tombeau de l'apôtre, et s'y rendait accompagné d'une foule de pèlerins qu'il recrutait sur son passage.
Dans le cours de ses travaux apostoliques, Brunon avait réformé plusieurs monastères avec le vénérable Guidric, abbé de Saint-Apre; c'était lui encore qui avait négocié la paix entre Budolphe, souverain de Bourgogne, et Robert, roi de France, quelques an-
nées auparavant ; enfin il s'était beaucoup occupé de sciences et surtout de musique. Malgré toutes ces qualités, soit indifl'érence, soit modestie, soit crainte ou peut-être un pressentiment funeste, lorsqu'il apprit son élection au trône pontifical, il refusa cette dignité, et demanda trois jours pour iirenihc une détermination, Ce délai lui fut accordé ; il passa ces trois jours dans une église, observant le jeiine le plus rigoureux, et restant constamment en prières; ensuite il confessa publiquement ses péchés, et demanda, eu versant des larmes, qu'on le laissât dans son évêché de Toul, ou tout au moins qu'on soumît son élection au consentement du clergé et du peuple romain. Cette dernière condition lui ayant été accordée, il retourna dans son diocèse pour y célébrer la fête de Noél; les prélats Hugues, Éberhard, Adalbéron et Thierry l'accompagnèrent dans son voyage.
Mais le disciple de Grégoire YI, Hildebrand, ce moine dévoré d'ambition, que nous avons vu blâmela prédominance du pouvoir temporel sur l'auloritt
Le pape Léon IX
spirituelle, s'ennuyant de la vie des cloîtres et de son titre de prieur, conçut le dessein de s'élever luimême sur la chaire de saint Pierre; néanmoins, avant Je s'emparer du ti'ône de l'Eglise, il voulut rendre la iiapaiilé aussi redoutable que son orgueil le demandait. Prolitant du passage de Brunon, qui traversait alors la Bourgogne et qui s'était arrêté jiour visiter la célèbre abbaye de Gluny, il b' n'i ut avec tous les honneurs dus au chef supièine de IKulisc; il sut si bien gagner la confiance du saint-])ère, qu'il le détermina, par ses conseils perfides, à refuser la dignité pontificale qui lui était offerte par l'empereur; il lui olijecta que non-seulement il serait honteux pour lui, mais encore fort dangereux de recevoir d'un prince la tiare; il lui rappela que les papes ses prédécesseurs étaient presque tous descendus dans la tombe par suite d'une mort violente, lorsqu'ils avaient été élevés sur le saint-siégc par la protection des empereuis; il lui peisu:.'da i[u'il ('tait possible de rendre à Dieu ce qui lui appartenait, sans mépriser les droits sacrés de celui i(ui le représi'iitait sur la terre, et qu'il pouvait concilier lesin- ((■'lét^-- du ciel et ceux du monde, en se rendant à
Rome sans pompe, comme un simple tidèle qui va faire ses dévotions aux tombeaux des saints apôtres. « Le peuple et le clergé, lui disait Hildebrand, seront surpris de votre modestie ; vous ne serez plus à leurs yeux le pontife qui leur est imposé par l'autorité du prince, et ils récompenseront par une élection régulière le prêtre qui sera entré dans la bergerie sainte comme le vrai pasteur. »
Léon, séduit par ces raisonnements spécieux, se dépouilla en effet des vêtements pontificaux, et sous un manteau de pèlerin, il se dirigea secrètement vers la cité apostolique, accompagné du religieux de Cluny. Pendant son voyage, le saint-père s'arrêtait dans toutes les églises et se mettait en oraisons ; on raconte que dans la ville d'Augsbourg il eut une vision, et qu'il entendit une voix qui lui criait : « Je pense des pensées de paix.... » et la suite de ces paroles, tirées de Jérémie; cette voix, (jui n'était autre que celle du moine Hildebrand, ratfermit le |»ontife dans sa résolution; et enfin, après deux mois entiers de marche, il entra dans la ville sainte. Le clergé, les seigneurs et le peuple, qui avaient été prévenus par Hildebiaud, accoururent au devant du
LEON IX
X^^Pl
Hénmar, alibedu Saiiil Denis de Reims
poiitifi.' en chaulant des cantiques d'allégressi'; alors Léon descendit de cheval et marcha pieds nus jusqu'à hi liasilique de Saint-Piei-re.
Après avoir terminé ses prières sur le tombeau de l'apôtre, Léon se tourna du côté des assistants et leur dit : « Le très-illustre empereur Henri le Noir m'a nommé chef universel de l'Ei^lise ; mais cette élection n'ayant pas t'ii' l.iile canoniquement, puis- (pie vos sutl'rages doivenl pn la ilrr tous les autres, selon la décision des saints l'éies et des conciles, je déclare donc que je me suis rendu parmi vous poui- obéir à la volonté du prince, et que je retournerai dans mon diocèse si vous ne me proclaine/, pas unanimement souverain pontife de Rome. » Des acclamations de joie répondirent à ses paroles, ut Léon fut intronisé ce jour-là même, qui était le 1-2 février 1049.
Le 26 mars de cette année, le pape convoqua en concile les évêques d'Italie et de la Gaule, afin de déclarer nulles toutes les ordinations simonia([ues ; cependant le nombre de ces nominations sacrilèges était si considérable, que les hommes sages craignirent que le service divin ne l'iit interrompu dans
toutesles églises, etl'on se contenta de confirmer le décret de Clément II, portant que ceux qui avaient été consacrés par un prêtre entaché du crime de simonie pourraient exercer leurs fonctions, après quarante jours de pénitence et le payement d'une amende au profit du pajje.
Léon IX ordoni a que les clercs apostats qui abandonneraient leurs hérésies pour se réunir à l'Eglise catholique conserveraient leur rang, mais sans pouvoir être promus à des dignités plus élevées, il approuva également le changement de Jean, prélat de Toscanelle, qui avait été promu à l'évêché de Porto ; il confirma pour son siège la jouissance de tous les biens de son diocèse, entre autres celles de l'île de Suint Barlhélemi, à Rome, qui lui était contestée ])ar l'évêque de Sainte-Sabine, et lui permit d exercer toutes les fonctions épiscopales au delà du Tibre; ce qui prouve que la juridiction ecclésiastique de la ville sainte ne s'étendait pas au delà de l'enceinte de ses murs.
Un mois après, le saint-père convoqua un nouveau synode à Pavie ; ensuite il passa les Alpes e; se rendit eu Allemagne pour visiter l'einjiereur. Pen-
dant ce voyage, il confirma les privilèges de l'abbaye de Clunypar une bulle datée du 11 juin 1049, et qui est adressée à Hugues, directeur de ce monastère depuis la mort de saint Odilon.
Ce saint abbé, avant de mourir, avait établi une cérémonie appelée la Commémoration des trépassés, qui se propagea dans les autres diocèses de la Gaule. Voici comment les auteurs racontent l'origine de cette nouvelle institution : « Un preux chevalier revenait d'un pèlerinageà Jérusalem, lorsques'étant égaré dans les sables de la Palestine, il rencontra un vénérable ermite qui, le reconnaissant pour un Français, lui demanda s'il avait entendu parler du monastère de Cluny et de l'abbé Odilon. Le pèlerin ayant répondu affirmativement par un signe de tète, le solitaire reprit aussitôt : « Dieu m'a révélé « que ce saint homme a la puissance de délivrer les « âmes des peines qu'elles souffrent dans l'autre vie ; « je vous prie donc, mon frère, quand vous serez « dans les Gaules, de vous présenter à lui, et de <t l'exhorter, ainsi que les moines de sa communauté, « à continuer leurs prières et leurs aumônes pour i< les morts. »
Le chevaher, de retour en France, passa dans la Bourgogne et vint à Cluny, où il répéta les paroles de l'ermite aux religieux de ce couvent ; alors le vénérable Odilon ordonna que le 1" novembre de chaque année on célébrerait solennellement , dans la basili([ue de l'abbaye, la commémoration de tous les fidèles morts, passés et trépassés depuis le commencement du monde.
Ce jour-là, après la tenue du chapitre, le doyen et les cellériers faisaient l'aumône du pain et du vin à tous venants, et l'économe recueillait les débris du dîner des frères pour les distribuer aux pauvres. Après vêpres, on sonnait les cloches à toute volée et on chantait les prières des morts ; le lendemain , après matines, on sonnait encore les clocles du couvent. Le troisième jour, la sainte messe était célébrée solennellement; deux moines chantaient le trait, et tous en particulier distribuaient des aliments à douze pauvres. Cette pratique passa bientôt dans d'autres monastères, et devint commune à toute l'Église cathoHcpie, après avoir subi de légères modifications.
Avant son élection, Léon avait promis à Hérimar, abbé de Saint-Remi , de faire la dédicace de la nouvelle basilique que cet abbé bâtissait dans son couvent : lorsqu'elle fut terminée, le saint-père vint à Toul, à l'époque de l'Exaltation de la sainte Croix, pour remplir sa promesse; en même temps il envoya des mandements aux prélats de la Gaule pour les convoquer à un concile qu'il voulait tenir à Reims, le l" octobre, après la cérémonie.
Mais des seigneurs laïques qui étaient coupables de mariages incestueux, et plusieurs prélats simoniaques qui redoutaient les censures ecclésiastiques, représentèrent au roi de France que la couronne se- . Tait avilie s'il permettait à un pape de commander dans le royaume, et de convoquer des assemblées sans son autorisation; ils lui firent observer qu'aucun de ses ancêtres n'avait accordé l'entrée de ses villes aux Dontiies sans qu'ils eussent indiqué les motifs de ^a convocation des conciles ; ils représentèrent que ces réunions demandaient des temps paisibles, tandis
qu'au contraire le royaume se trouvait dans une grande confusion, que ne pouvaient qu'accroître les exigences du saint-père. Enfin ils disaient au prince qu'au lieu de se rendre par déférence aux volontés de Léon, il arriverait plus promptement à un but utile en mettant des impositions sur les liiens des évoques et des couvents, qui possédaient des domaines considérables, et surtout en ne ménageant point le riche monastère de Saint-Remi, cause de ce nouveau démêlé par l'orgueil de son abbé, qui avait voulu qu'un pnntil'e vînt faire la dédicace de son église
Ces représentations étaient adressées au prince par Guebin, évèque de Laon, au nom du clergé, et par Hugues, comte de Braine, au nom de la noblesse. Henri écrivit alors à Sa Sainteté que les soins de son royaume l'empêchant de se trouver à Reims au jour fixé pour la tenue du synode , il priait le pape de retarder son voyage en France jusqu'à l'époque de la pacification des troubles, afin qu'il pût rendre au souverain pontife les honneurs qui étaient dus à son rang. Léon, excité par le moine Hildebrand, répondit fièrement au monarque qu'il tiendrait le concile avec ceux qui s'y trouveraient ; et sans autre avertissement il entra en France. Le saint-père arriva dans la ville de Reims sans avoir reçu aucun honneur sur son passage, et accompagné seulement des métropolitains de Trêves, de Lyon et de Besan'çon, les prélats de Senlis, de Xevers et d'Angers, qui étaient venus à sa rencontre avec les ecclésiastiques et les moines de Saint-Remi.
Léon IX s'arrêta d'abord dans l'abbaye, qui était située hors des murs de la ville; ensuite il se dirigea avec le même cortège vers la cathédrale , où il prit possession du fauteuil de l'archevêque et célébra l'ofiice divin ; après quoi il se rendit dans le grand palais archiépiscopal.
Le dernier jour de septembre, le pape sortit de Reims pendant la nuit , accompagné de deux chapelains , et retourna à Saint-Rcrai , où il prit un bain et se fit raser pour se préparer à la cérémonie. Aussitôt que le jour parut, il s'enferma dans un édifice adossé a la basilique, parce que l'affluence du peuple était si considérable, qu'il devenait impossible de célébrer l'office dans l'éghse du couvent. Les crédules et les simples étaient venus non-seulement des villes et des campagnes rapprochées, mais encore des provinces éloignées, pour assister à la dédicace du nouveau temple ; tous baisaient dévotement le tombeau de saint Rémi , et déposaient sur l'autel de riches offrandes. L'enthousiasme était si grand, que ceux qui ne pouvaient approcher du bienheureux saint, jetaient leurs dons sur son sépulcre. Les moines furent occupés pendant toute la journée à recueillir les offi-andes des fidèles et à les porter dans les trésors du couvent ; le saint-père se montrait de temps en temps à l'une des galeries pour donner sa bénédiction, et il excitait la charité d'un peuple stupide en criant : « Donnez , donnez à saint Rémi ! » Enfin, vers le soir, les moines, fatigués de monter dans leurs chambres pour entasser les présents, firent sortir le peuple de la basilique. La foule s'écoula silencieusement , et resta à genoux en dehors de la porte du saint lieu pendant la nuit entière.
Le lendemain, aux premières lueurs du jour, les
entrèrent dans l'église portant le corps de saint Corneille, que le clergé de Gompiègne avait enlevé à la cathédrale pour le sauver de la profanation, et le déposèrent sur un second autel, pour donner un nmivpl aliment à la charité des firlMcs.
Enfin, à rii'Uiv lie tierce, le pontife, iiMriu dr-. ornement- >,t^ .m h'iuiix. accompagné de (iimiir métropolitains el dr [ikisimus abbés, s'ajipincha du tombeau du bienheureux Kemi; la châsse du saint fut retirée du sépulcre; le pape la porta lui-même sur ses éjaules, et après l'avoir confiée aux soins des archevêques, il se retira dans une chapelle séparée. Au même instant les portes du temple lurent ouvertes, et le peuple s'y précipita avec une telle violence, qu'un grand nombre d'enfants, de femmes et d'hommes furent écrasés.
Les reliques de saint Rémi furent promenées processionncllement dans les rues de la ville , et déposées dans l'église métropohtaine de Notre-Dame. Le troisième jour, le clergé fit une nouvelle procession avec la cliàsse, autour des murs de la cité, pendant que le saint-père, environné des principaux ecclésiastiques, faisait la dédicace de la basilique du monastère : après la procession, les reliques du saint furent placées sur le grand autel, et elles y restèrent exposées pendant toute la durée du concile.
Léon IX rendit une bulle par laquelle il déclarait que personne ne pouvait célébrer la messe sur cet autel, excepté l'archevêque de Reims, l'abbé de Saint- Remi et sept prêtres qui devaient être choisis dans le diocèse, à la condition même cp.ie ceux-ci ne pourraient officier que deux fois chaque année ; enlin le saint-père terinina cette cérémonie en donnant la bénédiction solennelle au peuple.
On s'occupa ensuite des préparatifs du concile, qui avait été indiqué pour le 3 octobre, dans l'église de Saint-Remi : vingt évêques, cinquante abbés et d'autres ecclésiastiques se rendirent à l'appel du pape. Alors se renouvela la ridicule dispute de préséance entre le clergé de Reims et celui de Trêves ; le métropolitain de Reims se regardant comme primat des Gaules, réclamait la première place à la droite du saint-père; son confrère, s' attribuant la même dignité et le même rang, revendiquait également le siège d'honneur.
Pour mettre les deux partis d'accord, Léon ordonna que les sièges seraient tous placés en rond, le sien occupant le centre, et il chargea l'archevêque de^ Reims de régler les autres places. Lorsque le silence, troublé par cet incident, se fut rétabli, Pierre, diacre et chancelier de la cour de Rome, prit la parole au nom du pontife; il avertit l'assemblée qu'elle était appelée à délibérer sur les abus qui existaient en France relativement aux exactions des prêtres, aux apostasies des moines, auxmariagesincestueuxetaux adultères des la'iques ; il e.xliorta les évêques à prendre des mesures efficaces pour empêcher l'incarcération injuste des pauvres, pour arrêter les vols et les meurtres dont le peuple était victime de la part des prélats , il les avertit que sous peine d'anathème ils étaient tenus de dénoncer pubhquement ceux d'antre eux qui avaient reçu ou donné les ordres sacrés pour de l'argent.
Le métropohtam de Trêves se leva le premier, et
affirma sous serment qu'il n'avait rien donné pour obtenir l'épiscopat. et qu'il n'avait jamais rien reçu lorsqu'il avait ordonné des prêtres; les archevêques de Lyon et de Besançon firent la même protest-ation. Comme le métropolitain de Reims ne prenait pas encore la parole, le diacre se tourna de son côté et le somma de faire à son tour sa déclaration : celui-ci annonça qu'il voulait entretenir en particulier le saint-père, et obtenir un délai pour répondre; on lui accorda jn>»qu'au lendemain. D'autres évêques se levèrent ensuite et alïirmèrent qu'ils n'avaient point acquis ou ((inlV'n'' les saints (irdics ]iour de l'argent; mais les piVlals de Langres, de Xevurs, de Coutances et de Nantes furent obligés de s'avouer coupables de simonie.
Les abbés furent sommés à leur tour de se jusfifier : le supérieur de Saint-Remi, celui de Cluny, et plusieurs autres, déclarèrent qu'ils étaient exempts de reproches ; mais il s'en trouva un grand nombre qui n'osèi-ent faire aucune réponse. Le prélat de Langres éleva alors des plaintes contre l'abbé de Pontières, son diocésain; il l'accusa d'adultère, d'inceste et de sodomie. Ce prêtre indigne fut l'objet d'une enquête immédiate, et comme il ne put se justifier, le concile le déposa du sacerdoce. On enjoignit à ceux I qui ne regardaient pas le pape comme le chef de l'Eglise universelle , de l'avouer hautement devant l'assemblée; tous gardèrent le silence.
Le lendemain, Léon, après avoir entendu en audience particulière le métropolitain de Reims, fit ouvrir la séance par des prières et par la lecture de l'Evangile ; puis le diacre Pierre somma l'archevêque de se défendre sur le crime de simonie et sur plusieurs autres dont il était accusé par la clameur pubhque. Ce prélat ayant obtenu l'autorisation de prendre des conseils, choisit les évêques de Besançon, de Soissons, d'Angers, de Nevers, de Senlis et de Térouanne.
Après une délibération secrète, le chef du diocèse de Senlis annonça que l'accusé n'était pas coupable. Le saint-père fit lire le décret de saint Grégoire relativement à la justification de Maxime de Salone, et il ordonna que le prélat en suspicion se justifierait par le serment de l'accusation de simonie. Un nouveaudélai fut demandé parrarcbevèque, qui promit de se trouver l'année suivante au concile de Rome pour y présenter sa défense.
Le clergé de Tours, par l'organe du prélat de Lyon, se plaignit également de l'évêque de Dol en Bretagne, qui s'était soustrait à l'autorité du métropoHtain de Tours, avec sept de ses sufi'ragants, et s'était arrogé le titre d'archevêque : cette aft'aire fut encore renvoyée au concile de Rome.
Le diacre Pierre, promoteur du synode, accusa l'évêque de Langres d'avoir vendu les ordres sacrés, d'avoir porté des armes, d'avoir commis des adultères, des homicides, et de pratiquer l'acte honteux de sodomie ; des témoins déposèrent devant l'asseror blée sur tous ces crimes ; un clerc vint accuser le prélat de lui avoir enlevé sa femme de force, et de l'avoir renfermée dans un couvent afin d'assouvir plus facilement sa brutalité; un autre prêtre se plaignit également d'avoir été Hvré à des satellites qui l'avaient tourmenté d'une manière cruelle pour lui arracher dix livres d'or qui lui ajipartenaient.
L'évêque de Langres demanda à se l'aire assister par des conseils; mais lors- (|u'il eut conféré avec eux , un de ses confrères ayant voulu présenter sa défense, la voix lui manqua tout à coup.
Alors le métropolitain de Lyon , un de ses avocats, épouvanlé par ce miracle, a\oui.
i|ue les saints oïdies ;i\aient été \endus i|iie la somme designée par l'un des témoins avait été e\toi- (juée, et que les enlèvements repioches au prélat avaient ete faits parsesoulies,le pape, pour aiietei le scandale d'un d\eu aussi outrageant poui la religion, mit fin a la discussion de cette affaire, sous pietexte qu'elle ne poui rait êti e achevée dans la séance; ensuite il fit lire les canons conceinant
ceux qui vendaient k s ^
ordres sacrés , pai ticulièrement le second décret du concile de -•"*-' - Chalcédoine, et il congédia l'assemblée.
Le jour suivant , Piciie diacre cûmmen(,a la session par la caust' qui avait terminé les débats précédents; mais levèque de Langres ne se trouva point à cette réunion. 1 e promoteur du synode l'appela trois fois par l'ordre du saint-père, et l'on envoya les prélats de Senlis et d'.\ngers à sa demeure pour le ramener au concile. En attendant leur retour, Pierre s'adressa à ceux qui n'avaient pas encore pris la parole. L'évêque de Nevers se leva de son siège et dit : « Je sais que mes parents ont donné des sommes considérables pour acheter le diocèse que j'occupe, et je reconnais que depuis mon ordination j'ai commis des fautes graves contre les règles de l'Église ; je m'humilie devant la justice divine, et je déclare ijue je préfère renoncer à ma dignité plutôt que de la garder aux dépens du salut de mon âme. » Après avoir prononcé ces paroles, il déposa sa crosse et sa mîlre aux pieds du souverain pontife : mais celui-ci fut tellement touché de son repentir, qu'il le rétablit immédiatement dans les fonctions épiscopales, en le condamnant seulement à payer une amende.
Bientôt après, on vint annoncer que l'évêque de Langres s'était enfui pendant la nuit pour éviter la condamnation qu'il avait encourue pour ses c'imes ;
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il fut excommunié sur l'heure même par le conci.e : alors le métropolitain de Besançon s'avança au milieu de l'église et déclara hautement qu il avait perdu i'.nsage de la parole par la volonté de Dieil, lorsqu il aval'; voulu prendre la défeuse du coupable; il se mi, à t^eooux et demanda pardon à l'assemblée.
Cet ,aveu arracha des larmes à Léon, (pu s'ecna : « Mes fr ères, il est donc vrai que saint Remi vit encore au mii'ieu de nous ! » Tous se levèrent spontanément et Sb rendirent au sépulcre du saint, ou ils chantèrent une' antienne tn sou honneur
On reprit ens.ulte la séance; le prélat deCoutance^ .nvint ,mP. son K-vÊché avait été acheté par un de ■ant appris ce marche, il
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on lui ôta l'anneau et la crosse; cepcn.
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LEON IX
sépulture des morts ou pour le baptême des enlants; on déclara impie l'usure de l'argent : les hérétii[nes qui commen- ( .liriit à SI' multiplier ,.-1 l-i,iih.' lurent dé- ,i:ir(-- Inirs de la communion , ainsi que les chrétiens qui coramunic[uaient a leur accon protection.
eux <
nt le
La Sainte Eucharistie
de quelques prélats et des abbés, on consentit à lui laisser la prêtrise.
Enfin le pape exlîorta les métropolitains à dénoncer ceux de leurs sulTraganls ipii s'ctaient rendus cuu|ialiles du crime abomiualde de ma::iv; : lùu.-- allirmérent qu'ils n'en connaissaient aucun.
L'assemblt'e s'occupa ensuite de juger les ecclésiastiques (pu avaient été invités au synode et ([ui ne s'y étaient point rendus, ou qui n'avaient pas adressé au pontife des excuses légitimes pour motiver leur absence; ils furent tous excommuniés avec ceux qui suivaient le roi Henri à la guerre, et particulièrement les prélats (le Sens. île Beauvais et d'Amiens; une sentence d'exeiiuiiuunication lut également prononcée contre l'abbe de bamt-Médard, qui s'était retiré du concile sans congé, et contre le métropolitain de Saint-Jacques en Galice, qui s'attribuait le titre d'apostolique, réservé au souverain pontife.
On termina la séance par la lecture de douze canons, qui renouvelaient les ili'erets tmiilies eu désuétude, et qui condamnaieni . snu> ]ieiie' d ainluerne, jilusicuis abus en usage dans IKgli-^e gallicane; on défendit aux prêtres d'exiger aucun salaire pour la
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