‹ Histoire des papes (volume 2)Chapitre 12 sur 125 · DEUXIEME SIECLE · texte numérisé non relu

DEUXIEME SIECLE

ANAGLET

Opinion<; diverses sur les papes Clet et Anaclet. — Naissance d'Anaclet.— Il défend aux prêtres dci conserver leur Liaibe et leur chevelure — lacertiludes sur sa mort.

Plusieurs auteurs supposent que saint Clet et saint Anaclet étaient deux papes différents, qui ont trouvé place dans le calendrier en qualité de martyrs ; ils fondent cette probabilité sur l'opinion des Grecs, qui ont toujours conservé le nom d'Anaclet ou Anenclet, tandis que les Latins se sont servis de celui de Clet; d'autres historiens donnent au contraire les deux noms à un seul et même pape. Mais au milieu de toutes ces versions obscures, dans lesquelles il est impossible de découvrir la vérité, nous devons éviter les discussions et suivre le sentiment général.

Anaclet était Grec de nation , originaire d'Athènes, et fils d'un nommé Antioque. Nous ignorons en quel temps il vint à Rome, et à quelle époque il fut chargé de la conduite de l'Église : Baronius assure que ce fut le 3 avril de l'an 103. Le pontife défendit aux ecclésiastiques de conserver leur barbe et leur chevelure ; il ordonna que les évêques ne pourraient être consacrés que par trois autres prélats ; qu'on donnerait en public les ordres sacrés aux clercs ; que tous les fidèles participeraient au pain eucharistique après la consécration, et que ceux qui refuseraient de recevoir la communion seraient obligés de

sortir des assemblées chrétiennes : mais il est très-. difficile de garantir l'authenticité de ces divers règlements.

On produit sous le nom de saint Anaclet trois décrétais, qui sont visiblement supposées, comme toutes celles attribuées à ses successeurs jusqu'à Sirice. Divers écrivains en ont démontré la fausseté, et le père Pagi a fait valoir leurs raisons avec beaucoup de force et de netteté. L'auteur de cette supposition, qui s'est caché sous le nom d'Isidore Mercator ou le Marchand, est resté inconnu : nous savons seulement que Ricaut, évêque de Mayence, fut le premier qui apporta cet ouvrage d'Espagne , et qui le rendit public vers la fin du huitième siècle ou au commencement du neuvième, d'après l'assertion du célèbre Hincmar, archevêque de Reims.

Les Pontificaux assurent que saint Anaclet gouverna l'iîglise de Rome pendant neuf ans, et qu'il souft'rit le martyre le ] 3 juillet de l'an 1 12 de Jésus- Christ, la treizième année du règne de Trajan. Le père Pagi est d'une opinion contraire : il le fait mourir en 95 , sous l'empire du cruel Domitien : cette opinion nous paraît aussi mal fondée que les autres. Le bon père étant passé maître en fourberie.

Naissance d'Évariste. — Obscurité des documents des martyrologes. — Fausses décrétales.

D'après les Pontificaux, Êvariste était Grec de nation ; son père, nommé Juda, était juif et originaire de la petite ville de Bethléem.

Plusieurs anciens font mention de cet évêque, et nous apprennent qu'il succéda à saint Anaclet,mais ils ne citent rien de particulier sur les fonctions de. son ministère. On croit que le pontife établit la division ecclésiastique de la ville de Rome, en la partageant par quartiers, et en distribuant les titres et les paroisses; ce qui doit probablement s'entendre d'une nouvelle distribution, que l'augmentation des fidèles rendait nécessaire. Il fit trois ordinations, et conféra l'ordre de prêtrise à six personnes, l'épiscopat à cinq et le diaconat à deux. Des traditions fort incertaines lui attribuent rrt,i!jli-sement de nouvelles institutions, qui n'ont introduites dans

l'Eglise que dans les -

D'aprèslachronolo-ii , .....^ i- :is le mourut sous' le règne de l'empereur Adrien, l'an 121 de Jésus- Christ. Suivant les martyrologes, il gouverna l'Église de Rome neuf ans et treize mois : la Chronique d'Eusèbe. aussi peu digne de créance que les martyrologes, ne lui reconnaît que neuf années d'épiscopat.

Par suite de l'opinion qui a fait confondre saint Clet et saint Anaclet, les Pontificaux fixent la mort de saint Êvai-iste à l'année 109 de Jésus-Christ;

mais il n'est pas démontré qu'il ait souffert le martyre, quoique l'Église l'honore à ce titre.

Les prêtres lui attribuent deux décrétales qui ne furent jamais son ouvrage, et font remonter jusqu'à cet évêque l'usage de la dédicace ou de la consécration des églises, coutume imitée des paiens, qui n'a été introduite que fort tard dans la religion chrétienne.

Sous le pontificat d'Êvariste s'éleva une nouvelle secte qui reconnaissait pour chef un prêtre nommé Basilide : cet hérésiarque enseignait que Dieu le Père existait par lui-même, qu'il avait produit l'Esprit, qui à son tour avait créé la Parole ; que celleci avait engendré la Prudence , d'où procédaient la Sagesse et la Puissance, dont les Forces, les Princes et les Anges étaient issus, et qu'enfin ces derniers avaient formé le monde et les trois cent soixante cinq cieux, d'oiî venaient les jours de l'année solaire; ils prétendaient que les Anges ayant asservi l'œuvre de leurs mains, Dieu le Père ou le souverain suprême avait envoyé son premier-né pour délivrer le monde : et que l'Esprit s'était incarné sous la forme humaine. Basilide affirmait encore que le Christ dans le sacrifice de la crois avait pris miraculeusement la forme de Simon le Gyrénéen, que les Juifs avaient supplicié à sa place.

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