SAINT VICTOR
Les dales deviennent plus certaines. — Élection de saint Vict .r. — ilércsie de Théodote. — Hérésie d'Albion. — Le pontife approuve le schisme de Montanus. — Il favorise deu.x femmes inonlanistes. — Il condamne Praxéas. — Disputes scandaleuses dans l'Église.— Conduite orgueilleuse de Victor. — Le pape fourbe et ambitieux est réprimandé par saint Irénée, rjui lui refuse toute obéissance. — Les prêtres honorent le saint-père comme martyr.
Victor élait Africain de nation, et fils d'un nommé Félix. L'apostat Tiitodote, rentré dans le sein de l'Église, devint le chef d'une nouvelle secte, qui causa du scandale vers le commencement de ce pontilicat. Sa doctrine enseignait que Jésus-Glirist appartenait à la nature humaine, et ses disciples pu- Jilièrent en tous lieux que l'évêque Victor partageait leur sentiment.
Le pontife détruisit bientôt cette calomnie en excommuniant Théodote avec Artéman, son disciple, qui forma ensuite une nouvelle secte. Il condamna en même temps les vieilles erreurs d'Albion et de quelques autres hérésiarques, qui semblaient vouloir se ranimer à la faveur de la paix dont jouissait l'Eghse.
Mais comme l'infaillibilité n'était pas encore établie, Victor se laissa séduire par les montanistes. Tertullien, qui s'était déclaré pour ces novateurs, assure que l'évêque de Rome approuvait les prophéties de Montanus el des deux femmes Priscille et Maximille qui le suivaient.
Une autre hérésie se déclara bientôt après dans •l'Église. Praxéas, qui avait contribué à la proscription des prophéties de Montanus, inventa le patripassianisme, qui détruisait la distinction des personnes en Dieu. Victor attaqua ce nouveau schisme, et
tint à Rome un concile, où. il condamna Praxéas, qui reconnut son erreur.
Vers la même époque, s'éleva la célèbre contestation au sujet de la fête de Pâques. Jusqu'alors la différence des sentiments des évêques et des usages sur ce point de disciphne n'avait pas été capable d'altérer la paix des Églises chrétiennes : mais Victor s'attiibuant injustement un droit de supériorité sur ses frères, écrivit contre toutes les Églises d'Asie des lettres véhémentes, et il menaça d'excommunier les fidèles qui n'adopteraient pas son opinion.
La conduite du saint-père mécontenta un grand nombre d'évêques : ceux mêmes qui combattaient le sentiment des Asiatiques refusèrent d'adhérer aux opinions du pape; et comme ils avaient assez de puissance pour dire au pasteur de Rome ce cju'ils pensaient de ses prétentions, ils le réprimandaient en termes durs et énergiques. Saint Irénée le censura également dans -ane lettre qu'il lui écrivit au nom des chrétiens des Gaules.
Saint Victor fut alors obligé de se soumettre aiix remontrances et aux censures des évêques d'Occident. Il vécut encore quelques années : les Pontificaux assurent que le martyre termina sa vie vers l'an 202 ; mais les Martyrologes du nom de saint Jéî rôme ne lui donnent que le titre de confesseur.
HISTOIRE POLITIQUE