‹ Histoire des papes (volume 2)Chapitre 21 sur 125 · V 18^ P\PL · texte numérisé non relu

V 18^ P\PL

Incertitude sur le pontificat d'Urbain. — Piété de l'empereur. — Il pire. — Le pape, en signe de mépris, crachera r la statue du die l'usage des vases d'or dans les églises. — Il augmente les revenus du clergé

it faire recevoir Jésus-Christ au nombre des dieux de l'emars. — Mort d'Urbain. — On fait remonter à ce pontife

Richesses des évèques

Urbain était Romain de naissance et fils d'un des premiers seigneurs de la ville, nommé Pontien. On ne connaît ni le commencement, ni la fin, ni la durée de son pontificat.

Pendant qu'il gouverna l'Église de Rome les chrétiens ne furent point persécutés : Alexandre Sévère, qui régnait alors, loin de faire la guerre au.x fidèles, les favorisait dans toutes les circonstances, et ne se conduisait que par les conseils de sa mère Mammée, cjui était chrétienne. Il plaça l'image du Christ dans son cabinet, au rang des grands hommes pour lescpiels il avait de la vénération, et il eut même la pensée do le faire recevoir au nombre des dieux de l'empire. Urbain, profitant des bonnes dispositions de ce prince, fît un grand nombre de conversions, et étendit le christianisme jusc[ue dans la maison de l'empereur.

Cependant un autre Urbain, qui était alors préfet de Rome et ennemi juré du nom chrétien, fit comparaître le saint-père devant son tribunal, et lui ordonna d'offrir de l'encens au dieu Mars : le pontife ayant été amené devant l'idole, il brisa l'encensoir en signe de mépris, et cracha sur le dieu. A l'instant même, le préfet condamna le saint évêque à mourir dans les tourments : Urbain fut traîné en prison avec plusieurs fidèles, et ils souffrirent tous le mar-

tyre. Mais les actes d'après lesquels nous avons tra' duit la vie du saint-père sont accusés de fausseté, et l'on rapporte sa mort à l'an 233 de Jésus-Christ, qui concourt avec le aixième de l'empire d'Alexandre Sévère.. Il fut enterré dans le cimetière de Prétextât, sur le chemin d'Appius.

Les auteurs disent que cet évêque introduisit dans l'Eglise l'usage des vases précieux : si ce fait est véritable, il met la conduite d'Uibain en grande opposition avec celle d'Alexandre Sévère, c[ui ne voulait ni or ni argent dans les temples des idoles , et prétendait avec raison que « l'or ne pouvait être d'aucune utihté dans la religion ».

On fait remonter à ce pontife l'origine du temporel des églises . on ajoute qu'il affecta aux besoins du clergé les fonds et les métairies que les chrétiens venaien'; lui offrir, et qu'il divisa les revenus de manière qu'ils fussent proportionnés aux travaux des ministres de la religion. Mais aujourd'hui les usages sont bien changés ! les prêtres c[ui s'acquittent de leur devoir avec le plus d'exactitude sont mal récompensés; ceux qui sont chargés du soin d'une nombreuse paroisse reçoivent les plus modiques traitements, pendant que les évètptes et les archevêques possèdent des biens immenses qu'ils augmentent tous les jours.

PONTIK.X

Naissance de Pontien.

Il est exilé en Sardaigne. — Son abdication. — Tl meurt i Conte ridicule d'une femme possédée du diable.

les coups de bâton.

Les auteurs qui parlent de Pontien nous apprennent qu'il était Romain de naissance et fils de Calpurnius. Il gouverna son église pendant quelques mois avec tranquillité; mais ensuite il fut troublé dans les fonctions de son ministère par les ennemis du christianisme, qui le firent reléguer. en Sardaigne. Cette contrée malsaine, couverte de marais, avait été choisie comme un lieu de bannissement où l'on envoyait ceux dont on voulait 'se défaire. Avant son départ , le saint-père ne voulut pas laisser son Église sans conducteur; et afin que les fidèles de Rome fussent en droit de choisir un autre évèque, il déclara solennellement qu'il abdiquait le pontificat.

L'empereur Alexandre Sévère avait condamné Pontien à l'exil non pour cause de religion , car ce prince n'était point persécuteur, mais il s'était laissé surprendre par les artifices et les calomnies des ennemis de Pontien, qui l'accusaient de vouloir troubler l'empire. Cet évèque gouverna l'Église de Rome pendant quelques mois; et lorsque Maximin suscita une nouvelle persécution contre les chrétiens, saint Pontien fut ramené de Sardaigne pour recevoir la couronne du martyre, et il expira sous les coups de bâton vers l'an 237.

Les chroniques racontent une histoire merveilleuse

recueillie par les historiens sacrés, et qui montre la fourberie des prêtres, même dans les premiers siècles du christianisme. D'après eux, il existait en Cappadoce une femme possédée du diable, qui contrefaisait la prophétesse; elle séduisit par de faux miracles plusieurs fidèles qui la regardaient comme une sainte. Un prêtre nommé Rustique et un diacre s'étaient même laissé surprendre à ses prestiges ; elle avait la hardiesse d'administrer le baptême et l'eucharistit avec les mêmes cérémonies qui s'observaient dans l'Église. Mais un homme d'une grande piété soutint publiquement que cette femme était possédée du diable, et par ses prières il fit sortir de son corps le démon Astaroth, qui s'échappa en vomissant des flammes sur le peuple assemblé.

On place à cette époque la mort du célèbre TertuUien, prêtre de Carthage et le digne émule d'Origène ; il fut hérétique comme son contemporain, et, devint l'un des propagateurs les plus ardents des doctrines de Montanus. Ses nombreux écrits attestent l'étendue de ses lumières et la profondeur de ses connaissances. A ce sujet, nous ferons remarquer que les Pères de l'Église ont presque tous été hérétiques.

AKTEKOS

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