FELIX III
Naissance et mariage du prêtre Félix. — Son élection. — Il poursuit la politique de son prédécesseur. — Il soutient les prétentions de Jean Talaïa. — Ses légats sont arrêtés. — Ils se rangent à la communion des hérétiques. — Condamnation des légats. — Le patriarche de Constantinople est excommunié. — Insolence des moines. — Le légat du pape chargé d'apporter à Constantinople la huile d'excommunication, se laisse séduire par des offres d'argent. — État de l'Église d'Afriqui — Mort d'Acace. — Fourberie de Flavita. — Euphémius, patriarche de Constantinople. — Mort de l'empereur Zenon. — Témérité d'Euphémius. — Mort de^Félix. — Fable ridicule sur son apparition.
Célius Félix était Romain et de famille sénatoriale; son père, un vénérable prêtre du titre de Fasciole, lui avait fait embrasser l'état ecclésiastique, quoiqu'il fiit déjà marié et qu'il eût des enfants. Après la mort du pape Simplicius , le clergé s'assembla avec les magistrats dans l'église de Saint- Pierre ; on procéda à l'élection d'un évèque, et Féjix réunit tous les suffrages.
Le nouveau pontife entra dans les vues de son prédécesseur relativement aux affaires d'Orient, et profita du séjour de Jean Talaïa dans Rome pour connaître les menées secrètes du patriarche. Jean Talaïa, qui désirait se venger de ses ennemis , exagéra les torts et la mauvaise foi d'Acace , il l'accusa de protéger secrètement Pierre Monge, évèque d'Alexandrie, et irrita l'orgueil du pontife en lui représentant que les lettres de Simplicius n'avaient produit aucun effet à Constantinople ; ce qui serait une grande honte pour le saint-siége, ajoutait-il, si l'on continuait ainsi à braver en Orient l'autorité de Rome.
D'après ses conseils, le pontife envoya vers Zenon des ambassadeurs pour le supplier de chasser Pierre Monge comme hérétique, et d'envoyer Acace à Rome pour répondre aux accusations que Jean avait intentées contre lui dans la requête présentée au saintsiége. Mais les légats Vital et Misène , en arrivant dans la ville d'Abydos , furent arrêtés par ordre de l'empereur; on enleva leurs papiers et on les con-
duisit en prison : 2énon les menaça même du dernier supplice s'ils refusaient de communiquer avec Acace et avec Pierre Monge. Ils restèrent inébranlables ; car la violence augmente le courage et l'intrépidité, et la nature de l'homme est de se raidir contre les obstacles.
Cependant les légats, qui avaient résisté aux menaces , se laissèrent séduire par les caresses et par les présents, et déclarèrent qu'ils communiqueraient avec le patriarche si on leur rendait la liberté; alors on les lit sortir de prison, et ils s'embarquèrent en effet pour Constantinople, où ils s'acquittèrent de leur promesse, en reconnaissant Pierre Monge comme évèque légitime d'Alexandrie.
Les ambassadeurs retournèrent ensuite à Rome, chargés des lettres de l'empereur et du patriarche de Constantinople. Félix, irrité contre eux à cause de leur lâche condescendance pour ses ennemis, refusa de les recevoir, et convocpa un concile pour les juger; Vital et Misène furent convaincus d'avoir communiqué avec les hérétiques d'Orient, et comme tels condamnés à la déposition et excommuniés.
Dans le même synode , Pierre Monge fut une seconde fois déclaré hérétique et prévaricateur. Quant au patriarche, on jugea prudent de le ménager; et Félix se contenta de lui écrire, au nom du concile, pour l'engager à demander pardon de sa conduite passée. Acace répondit fièrement qu'il ne s'humilie-
rait point devant le saint-siége et qu'il ne ferait aucun acte de soumission; alors le pontife prononça contre lui une sentence terrible qui le privait de l'honneur du sacerdoce , et le déclarait excommunié sans pouvoir être absous de cet anathème par aucune puissance humaine.
La bulle d'excommunication fut portée à Gonstantinople par un ancien clerc de l'Église romaine nommé Tutus , à qui le pape remit en même temps deux lettres, l'une pour l'empereur, l'autre adressée au clergé et au peuple de Gonstantinople. Dans la première, Félix se plaignait de la violence exercée contre ses légats, au mépris du droit des gens, qui était respecté par les nations les plus barbares; il déclarait ensuite que le saint-siége ne pourrait jamais communiquer avec Pierre d'Alexandrie, qui avait été ordonné par des hérétiques; il terminait par des menaces contre l'empereur, et. l'engageait à choisir entre la communion de l'apôtre saint Pierre et celle de Pierre d'Alexandrie.
Les prétentions orgueilleuses du pontife furent méprisées à Gonstantinople; Acace refusa même de recevoir les lettres qui lui étaient adressées. Des moines brouillons eurent seuls l'audace pendant l'office divin d'attacher à son manteau l'anathème du saint-père; mais la justice du prince réprima leur insolence, et leurs tètes tombèrent sous la hache du bourreau. L'ambassadeur, après s'être acquitté de sa mission, imita les premiers légats; il se laissa séduire par des offres d'argent, et communiqua avec les ennemis de Rome. A la nouvelle de cette défection le saint pontife , transporté de fureur , lança trois anathèmes ; l'un contre Tutus, les deux autres contre Acace et contre l'empereur. Toutes ses foudres n'empêchèrent point le patriarche de Constautinople de continuer l'exercice de son ministère, et de supprimer le nom de Félix des diptyques sacrés. En Afrique, l'Edise était également agitée de violentes querelles religieuses; Huneric, qui commandait dans ces provinces , faisait profession de l'arianisme et persécutait les orthodoxes par droit de représailles. Après la mort du prince, Gonthamond, son successeur, traita plus favorablement les fidèles qui suivaient la foi de Nicée. Le pape convoqua alors un concile de trente-huit évêques, pour régler la discipline que les prélats africains devaient suivre à l'égard des prêtres apostats et des fidèles qui avaient demandé un nouveau baptême. Les Pères déclarèrent qu'il existait une grande différence entre ceux qui avaient été rebaptisés de leur plein gré par les hérétiques et ceux qui l'avaient souffert par contrainte; ils condamnèrent les premiers à fan-e pénitence et à se soumettre aux pratiques religieuses , afin de montrer la sincérité de leur repentir; quant aux seconds, ils les engagèrent à faire une confession publique. Ils se montrèrent plus sévères pour les évêques, les prêtres et les diacres qui avaient accepté le baptême arien; ils les condamnèrent à rester en pénitence jusqu'à la fin de leur vie , séparés des assemblées ecclésiastiques et exclus des prières de l'Eglise, leur accordant, comme seule grâce, la communion laïque à l'article de la mort.
Quant aux clercs, aux moines et aux vierges consacrées à Dieu, qui s'étaient rangés dans le parti des hérétiques, le concile leur infligea douze ans de pénitence : trois ans au rang, des écoutants , sept au rang des pénitents, et deux ans de consistance ; permettant néanmoins à leurs pasteurs de les secourir dans un danger de mort. Le dernier article concernait les jeunes gens dont l'âge pouvait excuser l'apostasie ; les Pères ordonnèrent aux évêques de les soumettre à l'imposition des mains, sans les mettre en pénitence, et défendirent aux prêtres de recevoir à la communion les clercs ou les laïques d'un autre diocèse, s'ils ne présentaient des lettres testimoniales de leur évêque ou de leurs pasteurs.
Acace était mort pendant l'année 489 , et l'empereur avait élevé sur le siège de Gonstantinople un prêtre nommé Flavita, qui désirant ménager le pape et Pierre Monge, écrivait en même temps aux deux évêques qu'il n'acceptait point d'autre communion que la leur. Sa fourberie fut bientôt découverte , et Félix chassa honteusement ses députés. Quelques jours après, Flavita rendait le dernier soupir au milieu des souffrances causées par le poison suivant les uns, et produites par une maladie inconnue suivant les autres ; il avait tenu quatre mois le siège patriarcal de Gonstantinople. •
Euphémius, son successeur, désirant rétablir la paix dans l'Eglise, consentit à rayer le nom de Pierre Monge des sacrés diptyques, et rétabht celui de l'évêque de Rome; après quoi il envoya des députés au pontife pour demander sa communion. Félix repoussa ses avances , parce que le patriarche voulait conserver dans les diptyques les noms d'Acace et de Flavita; et son obstination retarda encore la réunion des ÉgHses d'Orient et d'Occident.
Après la mort de l'empereur Zenon, un prince dévot jusqu'à la superstition, nommé Anastase, monta sur le trône. A Gonstantinople comme à Rome, l'audace du clergé s'était tellement augmentée par la faiblesse des empereurs, que le patriarche osa accuser Anastase, devant l'assemblée du peuple, d'être un hérétique indigne de commander à des chrétiens, et refusa de le couronner avant que le prince eût donné sa profession de foi par écrit et se fût engagé par un serment solennel à ne rien changer dans la religion.
Le pape Félix écrivit à l'empereur pour le féliciter de son élévation sur le trône , et pour l'assurer de son respect et de son obéissance; mais il n'eut pas la satisfaction de voir dans les affaires de l'Eglise le changement qu'il désirait; il mourut le 25 février 492, après un pontificat de neuf ans.
Un orgueil insupportable et un esprit constamment en révolte contre l'autorité des princes, étaient les traits principaux du caractère de Félix , aujourd'hui honoré dans l'Église parmi les saints.
Grégoire le Grand raconte que Félix apparut à Tharsille, dans une vision, pour l'appeler à la béatitude dont il jouissait; nous ne soutiendrons pas la réalité de cette apparition, pour ne pas nous exposer au mépris des esprits sérieux qui ne veulent pas être trompés par des fables ridicules.
GELASE
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UELASE
Naissance et élection de Gélase. — Sa réponse à Euphémius. — La rigueur du pape Cause un schisme. — Lettre de Gélase à Honorius contre les pélagiens. — Il élève la puissance du sacerdoce au-dessus de celle des princes. — Décrétales du pape. — La fête des lupercales à Rome. — Persécution contre les manichéens.
Gélase était Africain de naissance et fils de Valère ; le clergé et le peuple romains relevèrent sur le saintsiége quelques jours après la mort de Félix.
Dès que le patriarche Euphémius eut reçu la nouvelle de cette élection, il écrivit à Gélase, pour se plaindre de n'avoir pas reçu avis de son ordination, suivant l'usage établi ; il lui adressa en même temps sa profession de foi.
Le pape répondit à Euphémius : « Il est vrai que l'ancienne règle ordonnait à nos pères, qui étaient unis de communion, de donner avis de leur ordinanation à leurs collègues ; mais pourquoi avez-vous préféré une société étrangère à celle de saint Pierre? Yous dites que je dois user de condescendance envers
vous Mais si l'on doit relever ceux qui sont
tombés, on n'est pas tenu de se précipiter avec eux dans les feux éternels. Vous condamnez Eutychès,
et vou« défendez Acace Mais
n'est-ce pas être plus coupable de connaître la vérité, et de communiquer avec ses ennemis? Vous demandez dans quel concile Acace a été condamné, et comme s'il fallait une condamnation particulière pour rejeter de l'Eglise un catholiquie qui ose communiquer avec des gens criminels et souillés d'hérésie... » Enfin Gélase termine sa lettre en déclarant à Euphémius que sa réponbe n'est pas une marque de communion, et qu'il lui écrit comme à un étranger.
L'intolérance du saint-père produisit l'effet que
l'on doit toujours attendre des mesures extrêmes, elle augmenta le mal ; le patriarche, persuadé qu'il y avait eu iijustice et même de la dureté dans la condamnation d'Acace, refusa de se soumettre aux ordres du pape ; et les deux premiers sièges de la chrétienté demeurèrent encore séparés de communion pendant plusieurs années.
Gélase persista dans une invincible opiniâtreté au sujet d'Acace : la plus légère concession pouvait rendre facilement la paix à l'Eglise ; mais il préféra voir le trouble et la désunion entre les fidèles, jilutôt que d'abandonner ses injustes prétentions.
Le pape apprenant ensuite que le pélagianisme reparaissait en Dalmatie, écrivit à un évêque du pays, nommi'^ Ilonorius, pour qu'il prévînt ses coni'rères de s'éloigner de ceux qui étaient infectés de l'hérésie. Le prélat répondit fièrement qu'il s'étonnait de l'excès de son zèle pour les Églises de Dalmatie, et qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rappelât ses devoirs pour surveiller les progrès du schisme.
Gélase, rappelé à des sentiments d'humilité par la vigueur d'Honorius, répliqua que le saint-siége prenait soin de toutes les Églises du monde, pour Ciinserver la pureté de la foi ; et qu'il n'avait pas la prétention d'imposer ses volontés aux évêques de la Dalmatie.
Ainsi l'ambition du pape l'exposa une deuxième fois à de sévères reproches de la part des prélats étran-
gers. Bientôt les hérétiques qu'il cherchait à combattre dans les pays éloignés s'élevèrent jusque sous ses yeux dans le Picénum. Un vieillard, nommé Sénèque, enseignait le pélagianisme, et attirait dans son parti un grand nombre de prêtres et même des évèques. Le pape écrivit alors aux prélats du Picénum pour arrêter la propagation de l'hérésie, et leur envoya un traité contre les pélagiens, dans le but de combattre la doctrine qu'ils prêchaient, et pour démontrer aux fidèles que l'homme ne pouvait vivre sans péché.
Quelques mois après, des ambassadeurs que le roi Théodoric avait envoyés en Orient se rendirent à Rome au retour de leur mission, et engagèrent le pontife à écrire à l'empereur Anastase, qui s'était plaint de n'avoir pas encore reçu la nouvelle de son ordination.
Gélase, n'osant désobéir aux députés de Théodoric, adressa à l'empereur d'Orient une longue épître où l'on voit à quel degré d'audace étaient déjà parvenus les pontifes romains. « Il existe deux puissances qui gouvernent souverainement le monde, dit-il, l'autorité spirituelle et l'autorité temporelle; l'autorité sacrée des évêques est d'autant plus grande, qu'au jour du jugement ils doivent rendre compte des actions des rois. Vons savez, magnanime empereur, que votre dignité sui-passe celle des autres princes de la terre; néanmoins vous êtes obUgé de vous soumettre à la puissance des ministres des choses sacrées ; car c'est à eux que vous vous adressez pour demander quelles sont les sources de votre salut, et les règles que vous devez suivre pour recevoir les sacrements et disposer des choses rehgieuses.
« Les évêques persuadent aux peuples que Dieu vous a donné un souverain pouvoir sur les choses temporelles, et ils les soumettent à vos lois; en retour, vous devez obéir avec une entière soumission à ceux qui sont destinés à vous distribuer les divins sacrements. Si les fidèles doivent suivre aveuglément les ordres des évêques qui s'acquittent dignement de leurs fonctions, à plus forte raison doit-on se rendre au jugement du pontife de Rome, que Dieu a établi le premier des évêques, et que l'Église a toujours reconnu pour chef suprême n
Cette lettre, chef-d'œuvre d'orgueil, d'hypocrisie et d'impudence, est un enseignement pour les peuples qui méditeront sur les causes de la tyrannie des prêtres et des rois ! >
Gélase, toujours poussé par son ambition, voulut étendre son autorité dans tous les pays chrétiens, et convoqua à Rome un concile de soLxante-dix évêques, pour établir, dit-on, la distinction des livres authentiques et des ouvrages apocryphes. Les protestants combattent l'existence du prétendu décret qui fut rendu dans ce concile : « Du moins, dit un de leurs fameux auteurs, il ne fut connu qu'au milieu du neuvième siècle ; et nous sommes surpris de voir que dans ce décret de Gélase il ne soit fait mention que d'un hvre d'Esdras et d'un livre des Machabées. Dans plusieurs manuscrits, le livre de Job a même été omis; et dans d'autres, les deux livres des Machabées ont été entièrement supprimés. » Fleury, qui s'est fort étendu sur le décret, aurait dû parler de ces contradictions, pour donner une preuve de sa fidélité et de son exactitude.
Jean, évêque de Ravenne, ayant donné avis au pape de l'état déplorable dans lequel se trouvaient plusieurs éghses d'Italie f[\ii manquaient do pasteur, Gélase écrivit aux prélats de Lucanie, aux évêques des Brutiens, et à ceux des provinces de Sicile, pour les autoriser à conférer les ordres sacrés aux moines qui n'auraient pas commis de crimes ou qui ne se seraient pas mariés deux fois.
Le saint-père recommande de n'admettre les laïques dans le clergé qu'après les avoir examinés avec le plus grand soin, afin de ne point accorder les ordres sacrés à des hommes vicieux. Il défend aux évêques de dédier les églises nouvellement bâties, sans une permission du saint-siége, et les engage à ne point exiger des fidèles un salaire pour conférer le baptême ou la confirmation, et surtout à ne point demander d'argent aux hérétiques nouvellement convertis.
Gélase reconimande également aux prêtres de ne pas s'élever au-dessus de leur rang, de ne point bénir le saint chrême, de ne pas confirmer, et de ne remplir aucune fonction sacrée en présence de r évêque; il leur rappelle qu'ils ne doivent pas s'asseoir ou célébrer la messe devant un prélat sans sa permission, et que les simples prêtres ne peuvent pas ordonner les sous-diacres. Il prescrit aux diacres de se tenir aussi dans les bornes de leur ministère, leur défendant de remplir les fonctions qui appartiennent aux prêtres, ou même de baptiser hors le cas de nécessité ; il ajoute cpie les diacres n'étant point au rang des prêtres, ils ne doivent pas distribuer aux fidèles le pain et le vin consacrés.
Le saint-père défend encore de baptiser en d'autre temps qu'aux fêtes de Pâques et de la Pentecôte, à moins que celui à qui on confère le baptême ne soit en danger de mourir. A l'égard des vierges, U veut qu'on leur donne le vode au jour de l'Epiphanie, au temps de Pâques, ou aux fêtes des Apôtres ; il regarde les veuves comme indignes d'être consacrées à Jésus-Christ, et leur refuse l'entrée des monastères.
Il condamne à être chassés des rangs du clergé, les ecclésiastiques ordonnés pour de l'argent, et soumet à la pénitence publique pour toute leur vie ceux qui étaient convaincus d'entretenir des relations criminelles avec les vierges consacrées à Dieu.
Quand aux veuves qui se marient après avoir fait profession de garder le célibat, le pontife ne leur impose point la pénitence, mais il veut qu'on leur reproche publiquement la faute qu'elles ont commise. Enfin il blâme sévèrement ,1a coutume qui existait dans certaines Éghses de faire servir la messe par des femmes, et même par des courtisanes.
Gélase traitait également la question des biens de l'Église ; il ordonne d'en faire quatre parts, l'une pour l'évêque, l'autre pour le clergé, la troisième pour les pauvres, et la quatrième pour la fabrique ; défendant à l'évêque de rien diminuer de la part réservée au clergé, et au clergé de rien prendre sur celle de l'évêque. Le prélat, dit-il, doit employer fidèlement la part destinée pour les bâtiments de l'Eglise, sans en rien détourner à son profit ; et à l'égard de la part des pauvres, un jour il en rendra compte à Dieu, s'il ne s'est pas acquitté fidèlement de ses devoirs sur la terre.
Cette décrétale paraît être le résultat du dernier