‹ Histoire des papes (volume 2)Chapitre 46 sur 125 · GÉLASE · texte numérisé non relu

GÉLASE

I- iQcile dont nous avons parlé. Le pape écrivit ensuite uix évêques de Dardanie pour les convaincre que le jugement du saint-siége contre le fameiLx patriarche de Gonstantinople était une confirmation du concile de Chalcédoine; et que les Pères ayant condamné les eutychiens, avaient par conséquent excommunié pour les siècles futurs tous ceux qui favoriseraient les hérétiques.

Nous devons rapporter parmi les actions honorables du pontife, son opposition courageuse contre les sénateurs de Rome, qui voulaient rétahlir la fêle infâme des Lupercales, pendant laquelle les prêtres du dieu PânTcoufaient nus dans la ville, frappant avec des lanières de peau de chèvre les femmes qui se pressaient à leur rencontre en leur tendant les mains, afin que ces coups les rendissent fécondes. Gélase défendit qu'une superstition aussi criminelle fût renouvelée au milieu du christianisme ; et comme les Romains attribuaient les malheurs publics et les maladies qui désolaient la ville à la suppression de la fête, il composa un ouvrage pour leur montrer le ridicule de ce fanatisme ; cet écrit existe encore de nos jours sous le titre de «Discours contre Andromaqùe. »

Mais le peuple murmurait toujours pour le rétablissement de cette vieille coutume du paganisme; alors Gélase se détermina à la remplacer par la fête de la Purification de la sainte Vierge. Ce sentiment a prévalu dans l'Église, quoiqu'il ne paraisse pas fondé sur des chroniques très-authentiques ; les réformes, dans les premiers siècles, s'opéraient plus lentement, et il existait une diftérence trop marquée entre les cérémonies des Lupercales et la fête de la Purification, pour que les Romains aient pu accepter un semblable changement.

Cependant il est certain que Gélase introduisit de nouvelles fêtes dans l'ÉgUse, et régla la Hturgie, les offices divins, et tout ce qui avait rapport au culte extérieur. Il renferma tous ses règlements dans un livre que nous connaissons sous le nom de l'Ancien Sacraraentaire ; cet ouvrage fut pubHé à Rome en 1680, sur un exemplaire de plus de neuf cents ans, qui avait été sauvé du monastère de Saint-Benoît, sur la Loire, après un pillage qui eut heu en 1562, pendant les guerres de religion. Ce manuscrit avait depuis appartenu à Paul Petau, conseiller au parlement de Paris, avant de passer en la possession de la célèbre Christine, reine de Suède.

Le pontife découvrit encore des manichéens dans Rome; guidé par une mauvaise politique, il fit briller leurs livres devant la basilique de Sainte- Marie , et pour empêcher que ces dangereux hérétiques n'évitassent les peines portées contre eux par les lois impériales, il publia un décret par lequel il était ordonné à tous les fidèles de communier sous les deux espèces, anathématisant comme sacrilèges ceux qui avaient la témérité de vouloir réformer ce symbole de la mort de Jésus-Crhist. A cette époque, on croyait que la communion sous les deux espèces était de droit romain, quoique les cardinaux Baronius et Bossa aient voulu établir une opinion contraire.

Enfin Gélase mourut dans les travaux apostoliques, le 8 septembre 496, après avoir occupé le siège quatre ans et huit mois. Ce pontife, doué d'un esprit subtil, savait faire valoir son autorité ; le style de ses ouvrages est obscur, et montre qu'il connaissait parfaitement les coutumes et les usages de l'Église de Rome. Il aimait l'ordre, la discipline, et joignait la prudence à la fermeté ; mais on doit lui reprocher son excessive ambition.

Ot'-

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