‹ Histoire des papes (volume 2)Chapitre 47 sur 125 · ANASTASE · texte numérisé non relu

ANASTASE

llection d'Anastase. - Il écrit à l'empereur pour la réunion des Églises. — Il reçoit à sa communion un partisan d'Acace. — Mauvaise foi du cardinal Baronius. — L'Église d'Alexandrie demjnde la communion du pape. — La haine ecclésiastique fait rompre les négociations. — Conversion politique de Clovis, roi de France. — Mort singulière d'Anastase. — Sa modération.— Éloge de son caractère.

Après la mort de Gélase , le clergé et le peuple de Rome élurent, pour gouverner l'Eglise, Anastase II, Romain de naissance et fils de Pierre. Le nouveau pontife, animé de louables intentions, essaya d'éteindre le schisme qui séparait l'Orient de l'Occident; il écri\it d'abord à l'empereur Anastase, le priant de procurer la paix des églises, et déclarant qu'il reconnaissait la validité des ordinations faites par Acace et des baptêmes qu'il avait administrés. Cette lettre fut envoyée par deux évêques, qui accompagnèrent le patrice Faustus, député de Rome, se rendant à Constantinople pour les affaires publiques. Le pape reçut ensuite à sa communion Pliotius, diacre de Thessalonique, zélé partisan d'Acace. Cet acte de tolérance exeita des murmures parmi les faux dévots du clergé, et un grand nombre de prêtres et d'évêques se séparèrent de la communion d'Anastase.

Le cardinal Baronius et plusieurs historiens ecclésiastiques ont voulu rendre ce fait douteux, en altérant la vérité ; ces adorateurs de la pourpre romaine regardent un acte de tolérance comme une flétrissure pour le saint-siége , et préfèrent que la mémoire du pontife passe à la postérité chargée d'une accusation de cruauté, plutôt que d'avouer ses généreuses intentions d'aplanir les difficultés qui fomentaient un schisme interminable.

Pendant le séjour des légats à Constantinople ,

deux apocrisiaires du siège d'Alexandrie vinrent leur présenter un mémoire pour obtenir la communion du pape. Ils prétendaient que la division des deux Eghses n'avait d'autre cause que la mauvaise traduction de la lettre de saint Léon à Flavien ; et pour montrer leur orthodoxie, ils inséraient une profession de foi , où ils déclaraient recevoir les trois premiers conciles, et condamner Eutychès, comme Nestorius. Mais ils ne faisaient aucune mention du concile de Chalcédoine , et soutenaient que Dioscore, Timothée et Pierre n'avaient point eu d'autre foi que la leur. Ils refusèrent constamment de rayer les noms de ces évêques, ffui étaient odieux au clergé de Rome ; ce refus empêcha la réunion des Églises, et vint donner une nouvelle preuve que la haine des prêtres est implacable , et que les ministres d'un Dieu de paix ne pardonnent jamais à ceux qui s'opposent à leurs projets ambitieux!

Un événement important fixa bientôt l'attention du pape et de l'Eglise d'Occident; Clovis, roi de France, venait de se convertir au christianisme. La cérémonie de son baptême s'accomplit à Reims, avec toute la pompe et la magnificence que l'habile évêque saint Rémi crut devoir déployer aux regards étonnés des hordes qui accompagnaient son néophyte. Les rues étaient tapissées de riches tentures, l'église était éclairée par la lueur éblouissante de plu-

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