‹ Histoire des papes (volume 2)Chapitre 59 sur 125 · PELAGE II · texte numérisé non relu

PELAGE II

Considérations sur les élections des évêques pendant le sixième siècle. — Les empereurs se réservent le droit de conDrmer les nominations des prélats. — Élection de Pelage II. — 11 reçoit les moines du Mont-Cassin. — Le pape veut engager les rois franks dans une guerre contre les Lombards. — L'empereur Maurice envoie des secours en Italie. — Childebcrt reçoit une somme considérable pour d.asser les Lombards d'Italie. — Il fait la paii avec ces peuples. — Le ponlife veut ramener l'union dans l'Église. — Opiniâtreté des évêques d'Istrie. — On les persécute par ordre du pape Pelage. — L'empereur défend les violences contre les schismaliques. — Grégoire d'Antioche est accusé d'inceste. — Il se justifie par le serment. — Jean le Jeûneur, archevêque de Constantinople, prend le titre d'évêque universel. — Mort de Pelage. — Décrets qui lui sont attribués. — Jugement sur ce pontife.

Les pontifes de Rome avaient considérablement augmenté leurs richesses depuis le commencement du si.xième siècle, en se déclarant les dispensateurs de la quatrième partie des biens de l'Église ; et bientôt ils purent se former un parti puissant dans la ville sainte. Les élections perdirent alors leur caractère religieux; les ambitieux qui voulaient s'élever sur le trône de saint Pierre prodiguèrent Tor aux factions, et les brigues dégénérèrent en séditions.

Jusqu'à cette époque, les princes ne s'étaient point occupés du choix des pontifes ; mais voyant grandir l'autorité du saint- siège, ils s'alarmèrent de la puissance des papes, et résolurent de ne plus permettre que le clergé et le peuple fussent indépendants dans les élections des évêques.

Sous le prétexte spécieux que cette liberté entraînait des séditions, des massacres, et quelquefois même poussait les concurrents à former des alliances secrètes avec les ennemis de l'État pour soutenir leurs prétentions, les empereurs ordonnèrent que les prélats élus par le concours des suffrages des laïques et des clercs ne pourraient être sacrés et exercer leurs fonctions sacerdotales sans leur approbation. Ils se réservèrent principalement le droit de

confirmer les élections des évêques de Rome, de Ravenne et de Milan, et laissèrent à leurs ministres le soin des autres sièges.

Cependant, lorsqu'un ecclésiastique éminent, reconnu agréable au prince, avait été choisi par le peuple pour chef de ces diocèses, on le consacrait solennellement sans attendre la réponse de l'empe • reur. Il en était de même lorsque la guerre ou la peste interrompait les communications entre l'Orient et l'Occident. C'est ainsi que l'ordination de Pelage II, successeur de Benoît I", fut accomplie. Rome, assiégée par les ennemis, était serrée de si près, que personne ne pouvait sortir de l'enceinte de la ville ; l'état déplorable de l'Eglise obligea le clergé de consacrer son chef sans en avoir obtenu l'autorisation de Tibère. Néanmoins, après la levée du siège, ils envoyèrent le diacre Grégoire à Constantinople pour faire approuver par l'empereur l'intronisation du nouveau pontife. Les empereurs grecs conservèrent le droit de confirmer les élections des prélats d'Italie jusqu'au milieu du huitième siècle.

Pelage était Romain de naissance et fils de '\'inigilde. Au commencement de son règne, les Lombards ravagèrent l'Italie, massacrèrent les ministres

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