SIMPLICIUS
de la religion et ruinèrent le monastère du Mont- Cassin. Les religieux de ce couvent cjui purent échapper aux glaives des Barbares trouvèrent un asile dans Rome, oii le pape leur permit de bâtir une nouvelle retraite près du palais de Latran.
Afin d'arrêter les incursions des hordes qui saccageaient les villes latines, Pelage demanda des troupes à Tibère ; malheureusement la guerre que le prince soutenait contre les Perses rendit cette négociation inutile ; redoutant, s'il affaiblissait son armée en partageant ses forces, de ne pouvoir défendre l'empire contre des ennemis formidables, il refusa d'envoyer des soldats au secours de l'Italie. Alors le pontife, tournant ses regards d'un autre côté, rechercha l'appui des rois franks, et les supplia de déclarer la guerre aux Lombards. Ses projets échouèrent dans les Gaules comme ils avaient échoué à Constantinople ; et ses lettres adressées à l'évêque d'Arles et au prélat d'Auxerre afin d'obtenir la protection de Gontran, ne produisirent aucun efiet.
Après la mort de Tibère II, le nouvel empereur Maurice fut plus favorable à Pelage que son prédécesseur. A la sollicitation du diacre Grégoire, il envoya des troupes au pontife, et fit même un traité avec Childebert II, roi d'Austrasie, auijuel il paya cinquante mille sous d'or pour chasser les Lombards de l'Italie. Le chef frank s'avança aussitôt contre eux; mais ceux-ci l'arrêtèrent dans sa marche, et achetèrciit son alliance pour une somme double de
ceile qui lui avait été payée par l'empereur grec. Childebert accepta le marché et suspendit les hostilités, sous prétexte qu'il attendait des renforts. Ensuite il retourna dans les Gaules, et la péninsule romaine resta livrée à la merci de ses conquérants.
Les évèques qui s'étaient séparés delà communion du saint-siége, à l'occasion du cinquième concile, persévéraient dans leur scission, malgré les efforts que Jean III et Benoit I" avaient tentés pour les ramener à l'unité. Pelage II, sollicité par son diacre Grégoire, entreprit contre eux une lutte nouvelle, et voulut les contraindre à rentrer dans le sein de l'Êghse orthodoxe. Il écrivit aux prélats d'Istrie, hérétiques opiniâtres, et les pria d'envoyer des députés à Rome, afin de prendre une décision sur le schisme qui scandalisait la chrétienté. Ceux ci répondirent qu'ils ne se réuniraient point au siège apostolique, déshonoré par les papes qui persistaient dans dts erreurs coupables et voulaient les imposer aux fidèles. Le métropohtain d'Aquilée accusa même le saint-père d'avoir trahi la foi du Christ et d'anatbématiser la doctrine des conciles. Ce primat, imitant l'exemple que lui avaient laissé ses prédécesseurs Pauhn et Macédonius, s'opposa vigoureusement aux prétentions de Pelage ; et dans la suite, son successeur Sévère fut comme lui inébranlable pour la défense des trois chapitres.
Le pontife ayant vainement déployé contre eux les ressources de son éloquence et la menace des fou-