SAINT VICTOR
nas, son dernier fils. Le sénat et le peuple punirent les assassins, placèrent snr le trône un nouvel empereur, et forcèrent Pyrrhus à résigner le sié^e de Constantinople en faveur du patriarche Paul, partisan fanatique du monothéHsme.
L'Église d'Occident renouvela ses efforts pour éteindre le schisme, et lança des anatlièmes terribles contre les Grecs. Jean IV, à l'instigation d'Etienne de Dore, assembla un nombreux concile et fit condamner l'Ecthèse ainsi que tous ses fauteurs et adhérents. Les évèques d'Afrique s'empressèrent de suivre cet exemple, et les pasteurs des provinces de la Byzacène, de la Numidie et de la Mauritanie, n'épargnèrent dans leurs sentences ni les monophysites anciens ni ceux qui leur avaient succédé.
Après la tenue du concile, le pape se hâta d'en expédier les actes à la cour de Constantinojile, avec une lettre apostolique, dans laquelle sa Sainteté cherchait à atténuer l'énormité de l'hérésie de son prédécesseur Honorius, avouant toutefois qu'il avait partagé les erreurs des schismatiques. Cotte singulière apologie, où les faits mêmes les plus authentiques étaient niés par le pape Jean, se terminait ainsi : « Nous avons appris que l'on a envoyé de « Constantinople un écrit pour contraindre les évèques « d'Occident à condamner le concile de Chalcédoine « et la lettre de saint Léon ; mais les efforts des en- « nemis de Dieu ont été stériles, et nous souhaitons « que l'empereur, inspiré par l'Esprit saint, se dé-
« clare enfin pour l'orthodoxie et fasse lacérer puhii- « quement l'infâme Ecthèse d'Hérachus, qui est en- « core affichée à la porte de toutes les basiliques de « la nouvelle Rome, au grand scandale des fidèles.»
L'année suivante, Jean IV envoya l'abbé Martin, homme pieux et fidèle, avec des sommes considérables, pour racheter les chrétiens captifs chez les peuples slaves. Il le chargea en même temps de faire transporter de l'illyrie et de la Dalmatie les reliques des saints martyrs Venances, Anastase et Maur, et lorsque ces restes sacrés furent amenés à Rome, le pape les reçut en grande pompe, elles déposa dans un oratoire qu'il fit élever au miheu de la basihque de Latran, aux frais des dévots.
Sous ce pontificat, le clergé séculier et le clergé régulier excitèrent de violentes querelles religieuses et se poursuivirent d'une haine implacable. Les ecclésiastiques, ne pouvant souffrir que les moines eussent le droit d'établir des prêtres dans les Églises qui leur avaient été données par les évèques,' se plaignirent au pape du scandale de ces abus; mais le politique Jean IV refusa d'admettre leurs réclama'tions, et confirma solennellement les privilèges accordés aux religieux, en considération des services que les moines avaient toujours rendus au saint-siége. Pour le pape, la race des moines était la milice sacrée par excellence.
Après un règne de dix-huit mois et quelques jours, le pontife mourut à Rome, en 641; il fut enterré dans la cathédrale de Sa nt- Pierre.
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