‹ Histoire des papes (volume 2)Chapitre 78 sur 125 · SERGIUS I · texte numérisé non relu

SERGIUS I

malin esprit, et le fit enfermer dans un monastère, j où il monrut empoisonné.

Sergius, fils de Tibère, était né à Palerme en Sicile ; il avait servi d'abord l'Église comme enfant de chœur, ensuite comme acolyte, et enfin il avait été ordonné prêtre du titre de Sainte - Suzanne par Léon IL Les Écritures sacrées et les ouvrages des Pères étaient presque inconnus au nouveau pape, attendu qu'il avait passé la plus grande partie de sa vie à chanter les psalmodies de l'Église, et à célébrer l'office divin dans les oratoires des cimetières de la ville sainte.

Pendant l'intronisation du nouveau pape, saint AVilfrid arrivait en Angleterre, et présentait à Ecfrid, roi de Nort^humbre, le décret du saint-siége qui le rétablissait dans son évêché. Le prince, qui l'avait déposé, refusa de lui rendre ses dignités, et assembla les principaux seigneurs de son royaume, clercs et laïques, pour faire réformer les décisions de la cour de Rome; Par les décisions de l'assemblée, les .actes du synode italien furent cassés, Wilfrid déclaré sujet rebelle et plongé dans un cachot. Les chroniques rapportent que les soldats chargés de garder le saint évèque entendaient chaque nuit la voi.x des anges qui chantaient avec lui les psaumes sacrés, et qu'ils apercevaient des lumières éclatantes dans sa prison. Écfrid, épouvanté de ce miracle, fit rendre la liberté au saint, et voulut le rétablir dans son évêché ; mais le métropolitain Théodore s'opposa hautement à la volonté du souverain, déclarant que Wilfrid, avant de remonter sur son siège, devait renoncer au décret du pape. Le prélat répondit que la reconnaissance l'obligeait à refuser les marques de la clémence du roi et qu'il préférait la mort à l'apostasie dont il se rendrait coupable en abandonnant les droits sacrés du pontife et du saint-siége.

A cette époque, Gedwalla, roi de Wessex, entraîné par le fanatisme religieux, abdiqua solennellement la dignité souveraine, et entreprit un pèlerinage à Rome pour recevoir le baptême devant le sépulcre des apôtres. Lorsque le prince fut arrivé aux portes de la ville sainte, le pontife Sergius alla à sa rencontre avec un nombreux clergé ; et l'ayant conduit dans la basilique de Saint-Pierre, il versa l'eau régénératrice sur le front du monarque, en présence des sénateurs, des évêques et d'un peuple immense. Quelques jours après cette cérémonie , Gedwalla, j atteint d'un mal inconnu, mourut subitement; le pape s'empara des immenses richesses que ce prince avait apportées, lui fit faire de magnifiques obsèques, et grava des épitaphes latines et grecques sur le marbre qui couvrait son tombeau.

Cette même année, le quinzième concile de Tolède j s'assembla en Espagne pour entendre la lecture d'un ; long discours sur les plaintes adressées aux prélats ! espagnols par le pape Benoît II. Saint JuHen qui présidait le synode, prit la parole en ces termes : « Dans la profession de foi que nous avons envoyée à Rome, le pontife s'est scandalisé de l'expression « la volonté engendre la volonté, » et nous en a de- j mandé l'explication. Nous déclarons donc que nous avons voulu désigner ainsi la faculté qui engendre la volition et l'acte accompli que l'on nomme vo- Jfloté, de même que le 'Verbe est la sagesse de la sa-

gesse, ou la réalisation de la pensée de Dieu. Quant à la seconde proposition <c il y a trois substances en Jésus-Christ, » nous avons voulu enseigner par c s paroles, que le Sauveur est composé de divinité, d'âme et de corps, ou de trois principes, qui se trouvent réunis par son incarnation. Cependant nous convenons qu'on peut n'en reconnaître que deux, le principe divin et humain, et que 1 âme et le corps sont confondus pour former une seule substance, celle de l'humanité.

« Nos décisions sont donc conformes à celles des Pères, et nous espérons qu'elles seront confirmées par le nouveau clergé de Rome, s'il reste encore quekpie connaissance des livres saints dans cette Egbse ; mais, dans tous les cas, nous devons refuser la rétractation que demande un pontife ignorant.» Les actes de ce synode furent approuvés par Sergius, ainsi que le témoigne Roderic, métropolitain de Tolède, dans les ouvrages qu'il nous a laissés.

En 692 eut lieu la mort du célèbre Théodore, qui aspirait à s'affranchir de la domination de l'évèque de Rome ; le pape désigna , pour le remplacer à l'archevêché de Cantorbéry, Britouald, abbé du monastère de Rawlf, dans la province de Kent. Cet ecclésiastique fut le premier Anglais qui occupa ce siège; il gouverna le clergé de la Grande-Bretagne pendant trente-sept ans.

Les deux dernières assemblées oecuméniques s'étant séparées sans pubHer de canons, les patriarches grecs adressèrent des représentations à l'empereur Justinien, pour obtenir l'autorisation de former une nouvelle assemblée, qui serait considérée comme la suite du dernier synode, afin de compléter les actes des conciles. Paul de Gonstantinople, Pierre d'Alexandrie, Anastase de Jérusalem, George d'Antioche, Basile de Gortyne, les légats du saint-siége, et plus de deux cents évêques se réunirent au palais impérial, dans la salle du Dôme, appelée en latin Trullus. Elle donna son nom au synode connu dans l'Église sous le titre de Concile «in TruUo. » Les Pères proposèrent de déterminer les décrets qui pouvaient servir de règles à la discipline des Églises d'Orient et d'Occident; et après avoir rejeté les constitutions attribuées à saint Clément, ils approuvèrent les canons de Nicée, d'Ancyre, de Néocésarée, de Gangres, d'Antioche, de Laodicée, de Gonstantinople, d'Éphèse, deChalcédoine, de Sardicpie et de Carthage, ainsi que les Epîtres canoniques de saint Denis et de saint Pierre d'Alexandrie, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Amphiloque, et de plusieurs autres Pères de l'Église grecque.

Un illustre prélat prit ensuite la parole sur l'importante question du mariage des prêtres : « Mes frères, dit-il, je \-iens vous rappeler que nous avons maintenant à nous occuper d'un sujet dont l'importance est extrêmement grave, et qui exige de profondes méditations. Il est de nécessité absolue que votre asseralilùe s'i'Xjirime d'une manière positive sur une question qui divise les deux Églises d'Orient et d'Occident, et que nous développions les raisons qni ont déterminé votre sagesse à rendre im décret contraire aux opinions du siège de Rome.

« Les ecclésiastiques romains s'attachent à la lettre de la règle, et les Byzantins se bornent à en

HISTOIRE DES PAPEt

interpréter l'esprit; afin d'éviter les excès des uns et 1 des autres, nous devons chercher à établir des lois | équitables qui assurent la pureté des mœurs dans le clergé, qui ne soient pas contraires à la nature, en ' nous montrant toutefois moins rigides que l'Eglise de Rome, et plus sévères que celle de Constanliuople.

<■<■ Nous ordonnerons que les clercs qui ont été mariés deux fois et qui sont encore sous le joug de leur seconde union soient déposés; que ceux dont les mariages auront été rompus conservent leurs dignités, mais demeurent interdits de toutes fonctions sacerdotales. y

« Les canons défendront de consacrer comme évêques, prêtres ou diacres, ceux qui ont contracté un second mariage ; ceux qui entretiennent des concubines, ou ceux qui ont épousé une veuve, une femme répudiée, une courtisane, une esclave ou une comédienne. Dans les Canons des apôtres il est perr mis aux lecteurs et aux chantres de se marier après leur ordination; cette autorisation s'étendra poiir l'avenir jusqu'aux sous-diacres, aux diacres'et même aux prêtres.

« Avant de consacrer un clerc, le clergé latin lui fait promettre de cesser toutes relations intimes avec sa femme ; quant à nous, au contraire, nous nous conformerons à la sagesse de l'ancien canon apostolique, nous maintiendrons le mariage de ceux qui sont dans les ordres sacrés, et nous ne les priverons point de l^-urs compagnes. S'il* sont jugés dignes d'appartenir à l'Église, ils n'en seront point exôlus parce qu'ils sont engagés dan» un lien légitime; et on ne leur |fera pas promettre de garder le célibat, ce qui serait condamner le mariage, que Dieu luimême a institué et béni par sa présence.

« Ainsi, les évêques qui, au mépris des Canons des apôtres, oseront priver un ecclésiastique des tlroits d'une légitime union, seront déposés et anathématisés. La séparation devra exister pour les prélats seulement, et leurs femmes seront obligées d'habiter un monastère éloigné de leur demeure. Nous défendrons également aux évêques d'Afrique et de Syrie de conserver, au grand scandale des peuples, dans l'intérieur de leurs palais, les concubines qui les habitent. »

Dans les autres canons, le concile défend aux clercs de tenir des tavernes ou des hôtelleries, d'assister aux spectacles de courses de chevaux ou à des représentations scéniques, d'avoir dans la viUe ou dans les voyages d'autres vêtements que celui qui convient à leur état, et de porter les cheveux longs comme les laïques.

Les Pères permettaient aux fidèles de faire entrer les enfants dès l'âge de dix ans dans les couvents, quoique saint RasUe n'eût autorisé l'entrée des monastères qu'à dix-sept ans; et ils déclaraient que les hommes perdus de débauches, les voleurs ainsi que les meurtriers, pouvaient être reçus dans les monastères, qui étaient des retraites pieuses fondées pour les pénitents, quels que fussent leurs crimes. Ils défendaient de parer de vêtements précieux et de pierreries les filles qui prononçaient leurs vœux. Enfin, ils anathématisaient comme sacrilèges les laïques qui changeaient la destination des cloîtres consacrés par l'autorité d'un évoque.

On maintint la juridiction des chefs de diocèse sur les Eglises de la campagne ; et l'on confirma la décision du concile de Chalcédoine, qui donnait au siège de Constantinople les mêmes prérogatives qu'à celui de Rome. L'assemblée déclara que les prélats dépossédés par les incureions des musulmans conserveraient cependant leur dignité, leur rang et le pouvoir d'ordonner les clercs et de présider dans l'Eglise. Ce fut l'origine des évêques in partibus.

Ensuite, d'après les règles données par saint Basile à Amphiloque, on proportionna la pénitence aux péchés et aux forces du coupable; et l'on décréta que les hérétiques qui présenteraient leur abjuration souscrite de leur main rentreraient dans l'Église, après avoir reçu l'onction du saint chrême sur le front, le nez, les yeux, la bouche et les oreilles.

II fut défendu de célébrer les liturgies et de baptiserdans les oratoires particuliers sans l'autorisation des évêques, et le synode ordonna les dispositions suivantes : « Les prêtres ne prendront aucua salaire pour administrer la sainte communion ; et les fidèles, ne- recevi-ont point l'Eucharistie dans un vase d'or ou de quelque autre matière recherchée ; mais elle sera déposée dans leurs mains croisées l'une sur l'autre, parce que le monde ne renferme aucune substance aussi précieuse que le corps de l'homme, qui est le temple véritable de Jésus-Christ. — On ne donnera point le pain et le vin de la sainte tableaux morts, car le Sauveur, en instituant le sacrement de l'autel, a dit à ses apôtres : » Prenez et mangez, » ceci est ma chair et mon sang ; » et un cadavre ne peut accomplir le commandement renfermé dans ces paroles divines. — Pendant les quarante jours qui précèdent le temps de Pâques, on célébrera la messe des présanctifiés, et l'officiant sera à jeun, même le jeudi saint.

« Il ne sera point donné de grappes de raisin avec l'Eucharistie; on les bénira séparément comme des prémices, et l'on n'offrira plus sur lauttl du miel et du lait.

« Il est défendu de mêler de l'eau au vin de la communion; de présenter dans le temple de la N'iande cuite ; de prendre pour aliments des œufs et du fromage les dimanches et les samedis du carême, et de manger du sang de quelque animal que ce soit, sous peine de déposition pour les clercs et d'anathème pour les laïques. — La semaine de Pâques doit être passée en fêtes et en dévotions, et l'on n'assistera point aux spectacles publics.

« Nous condamnons les repas appelés agapes, parce que dans ces banquets, où les coupes brillantes se vident en l'honneur du Christ, de la Vierge et des saints, sous les voûtes mêmes de l'éghse, la licence a remplacé la charité que les premiers chrétiens apportaient à ces festins religieux. — Nous défendons de vendre comme on le fait dans les basiliques des aliments, des hqueurs et toutes autres marchandises ; et nous déclarons anatlième à l'homme et à la femme que des embrassements criminels rendraient adultères dans le sanctuaire. — Défense de faire entrer la brute dans la demeure de Dieu, excepté en voyage et par nécessité absolue, pour la mettre à couvert de l'orage.

« Nous défendons de maculer, de lacérer les livres

SERGIl

Les Agapes

de rÉcriture sainte ou des Pères et de les vendre aux marcliands de parfums, à moins qu'ils ne soient incorrects ou déjà détruits par les vers. — Il ne sera fait aucune marque de la croix sur les dalles ou sur la terre foulée par les pieds de l'homme, et il est ordonné expressément de représenter le Christ sous la forme humaine, comme étant préférable à celle de l'agneau, que lui donnent encore les peintres et les statuaires, ce qui est ravaler la divinité à la bestialité. « On chantera dans le temple sans élever la voix. — Les cantiques ne renfermeront que c*-

sions convenables ; les femmes de théâtres n'entreront pas dans les égHses; on n'y hra plus les scandaleuses légendes des confesseurs et des martyrs, fables inventées par les ennemis de la vérité, qui ont voulu dés.honorer la mémoire des saints que l'Éghse vénère. » Le synode défendit ensuite les jeux de hasard, l'a danse sur les théâtres, les bouffonneries, les combats contre les animaux, et les'jongleries des saltimbanques qui se prétendaient possédés du diable. Il cofldarana à six ans de pénitence les" devins, les meneurs d'ours, les diseurs de bonne aventure, et les

vagabonds qui sous le froc des ermites portaient de longs cheveux et des vêtements noirs. Les Pères refusèrent de tolérer l'usage des travestissements eo miques, satiriques, tragiques; ils proscrivirent la danse publicpie des courtisanes, les invocations que le peuple adressait à Bacchus à l'époque de la maturité des raisins, et les bacchanales que les vendangeurs exécutaient après les travaux de la journée. Ils défendirent aussi d'allumer, aux nouvelles lunes, des feux de chaume devant les habitations, antique usage que les peuples avaient respecté. Ils abolirent la coutume de donner des gâteaux aux fêtes de Noël pour célébrer l'heureuse délivrance de la Vierge, préfendant que les Pères et les assemblées œcuméniques avaient décidé que ^larie était devenue mère sans accomphr l'acte de l'enfantement. Il fut défendu aux prêtres de bénir des unions incestueuses, entre un père et ses fdles, entre un frère et ses sœurs, entre ceux qui tenaient des enfants sur les fonts de baptême, entre les beaux-frères et les belles-sœurs, entre les catholiques et les hérétiques. Enfin, l'assemblée défendit, sous peine d'excommunication, de faire des peintures immorales, de friser ses cheveux, de porter des vêtements laissant à découvert les seins des femmes, et de se plonger dans les bains avec des courtisanes.

Justinien souscrivit de sa main à tous les canons dressés par le concile ,• la place de la ' souscription du pape fut seule laissée en blanc ; les patriarches d'Alexandrie, de Constantinople, d'Antioche, tous les évêques, et même les légats de la cour de Rome, apposèrent leurs signatures au bas des actes. Les décrets furent ensuite adressés an saint-père, qui refusa de les approuver, déclarant qu'ils étaient , attentatoires à l'autorité et à la dignité de son siège. L'empereur, furieux de la résistance du pontife , qui rendait ainsi inutiles plusieurs mois de grands travaux, envoj-a Zacharie, son protospathaire, pour enlever Sergius. Mais le pape, instruit de ces projets, fit distribuer de l'argent aux milices de Ravenne, du duché de la Pentapole et des provinces voisines, et avec leur appui il entreprit de s'opposer à la volonté de Justinien. Les soldats, toujours dociles et soumis à ceux qui les payent, suivirent fidèlement les instructions du pontife ; le jour même de l'arrivée du protospathaire ils pénétrèrent dans la ville sainte, remplissant l'air de leurs clameurs, et vinrent menaGer, l'envoyé du prince jusque sous les fenêtres de son palais. Zacharie, effrayé de cette manifestation, se sauva de sa demeure, accourut au Vatican, et vint se réfugier dans la chambre du saint-père, le priant avec larmes de le garantir de la fureur des troupes. Au même instant l'armée de Ravenne, qui avait reçu également les ordres du clergé, entra par. la porte de Saint-Pierre, et s'avançant jusqu'au palais j de Latran, demarrda à grands cris à voir Sergius. Les portes ayant été fermées à l'approche des soldats, ils menacèrent de les enfoncer. Alors le protospathaire, ne voyant aucune issue pour échapper au danger, se précipita sous le lit du pontife et se

blottit comme un insensé dans l'angle le plus reculé. Le pape rassura le malheureux Zacharie; ensuite il ordonna de faire entrer la milice dans la cour du palais, et se présentant sur le seuil de la basilique de Théodore, il se dirigea vers la chaire des apôtres, ;Jin que tout le monde pût l'apercevoir. Il reçut avec honneur les citoyens et les soldats, apaisa les esprits et congédia les troupes après leur avoir fait distribuer du vin, et en les assurant que sa liberté n'était plus menacée. Cependant le tumulte ne cessa entièrement qu'après l'expulsion des envoyés de l'empereur.

Quelques années après ces événements. Pépin d'Héristal, maire du palais à la cour de DagobertlII, entreprit de convertir au christianisme les peuples de la Frise; à cet effet, il envoya dans la ville saint Wilbrod, apôtre zélé, pour le faire ordonner évêque de ces nations barbares. Sergius ayant reçu les présents et les lettres de Pépin, consacra Wilbrod métropolitain d'Utrecht, sous le nom de Clément, et lui vendit à beaux deniers comptants un grand nombre d'images et de reliques pour les exposer à l'adoration des nouveaux fidèles dans les temples païens qui déjà étaient transformés en églises.

A la même époque, Vitiza, roi d'Espagne, refusa au pontife le tribut que les souverains de cette province payaient au saint-siége ; il défendit à ses sujets, sous peine de mort, de reconnaître l'autorité des papes; et Sergius, dont l'habileté venait de ramener à l'obéissance l'archevêque d'Aquilée, échoua devant la fermeté du monarque espagnol, dont les Églises ne relevèrent plus de la métropole latine.

Nous ne terminerons pas la vie de Sergius sans raconter comme un nouvel exemple de l'impudence et de la fourberie des moines, le miracle éclatant dont saint Adhelme prétendait avoir été témoin, pendant un séjour qu'il fit à la cour du saint père, et qu'il rapporte ainsi dans ses actes : « Le pape venait d'être accusé d'incontinence et même d'adultère par des prêtres hérétiques, qui offraient de fournir les preuves du crime, et de présenter la jeune religieuse dont il avait abusé ; mais Dieu se plut à confondre la calomnie des méchants, et comme ils lui apportaient un enfant né depuis huit jours, qu'ils soutenaient être son fils, le pape le déposa dans mes mains, et lui répandit l'eau régénératrice sur le front. La cérémonie du baptême étant achevée, il m'ordonna, en présence de tous les assistants, de demander à l'enfant qui était son père. J'interrogeai le nouveau-né avec un cœur rempli de zèle, et par la volonté de Dieu, il me répondit : « Le pontife Sergius n'est point mon père!!!... »

Le pape mourut dans le mois de septembre 701, après un règne de quatorze ans; il fut enterré dans la basilique de Saint-Pierre. Plusieurs auteurs assurent qu'il est le premier pontife qui ait fait chanter au canon de la messe ces paroles : « Agneau de Dieu qui eflacez les péihés du monde, ayez pitié de nous, « Il répara plusieurs basiliques, et dans l'une d'elles il fit construire un magnifique tombeau, oii il déposa le coqis du bienheureux saint Léon.

'^tr.

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