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réclamations des deux partis, l'accusé comparut devant les Pères et s'exprima en ces termes : « Le saint pape Agathon a rendu un décret que ses pieux successeurs Benoît et Sergius ont confirmé, et qui assure notre autorité sur le siège d'York et sur les monastères des royaumes de Northumbre et de Mercie. Nous avons offert en plein synode de rendre au métropolitain Bertuald le respect qui lui est dû comme primat d'Angleterre, établi dans cette haute dignité par le saint-siége ; mais nous avons pu canoniquement refuser de nous soumettre à un jugement de déposition prononcé contre nous sans en avoir déféré à vos lumières. »
Après avoir entendu les envoyés du métropolitain de Cantorbéry et examiné toutes les pièces du jugement, l'assemblée déclara Wilfrid pleinement justifié et le renvoya absous. Le pape écrivit ensuite aux rois Éthelred et Alfrid : « Princes de Mercie et de Northumbre, nous vous prions d'avertir l'évêque Bertuald que nous avons rejeté son accusation calomnieuse contre Wilfrid , et que ce dernier est maintenu par notre autorité dans tous les droits que lui ont accordés nos prédécesseurs. »
Le saint prélat d'York repassa les mers, emportant de Rome un grand nombre de reliques, de vieux ossements vendus à prix d'or par le rusé pontife, d'images, de bannières et des étoffes de pourpre et de soie pour l'ornement des églises d'Angleterre.
Jean VI mourut le 10 janvier 705, peu de temps après le départ de Wilfrid.
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JEAN YII \%m
Élection du pontife. — Il autorise par son silence les actes du concile • in Trullo » tenu à Coiistantinople. — Anbert donne les Alpes Cotliennes. — Actions attribuées à Jean VU. — Mort du souverain pontife.
Lorsque les funérailles de Jean VI furent terminées, le peuple, les grands et le clergé de Rome se réunirent dans la basilique de Saint-Jean de Latran pour choisir un pontife. Tous les suffrages se fixèrent sur un prêtre Grec de nation, qui passait pour savant dans ces temps d'ignorance ; ce nouveau pape fut ordonné sous le nom de Jean VII.
L'empereur Justinien, qui venait de remonter sur le trône, lui adressa deux métropolitains chargés des actes du concile « in Trullo » et d'une lettre par laquelle il le conjurait d'assembler immédiatement un synode d'évêques latins, afin d'approuver les règlements rendus par les Pères.
Jean craignit d'exciter le ressentiment du prince en condamnant les six volumes de canons qui lui étaient adressés, et ne voulut pas cependant compromettre son autorité en approuvant des actes que les Églises d'Italie avaient déclarés contraires à la cour de Rome; alors il renvoya les pièces à Constantinople, sans y faire aucun changement et sans rien décider, laissant Justinien libre d'interpréter son silence comme une approbation de ses décrets, qui étaient universellement reçus par les Églises d'Orient. Ce fait est le seul que l'histoire nous ait conservé de ce pontificat éphémère.
Le saint-père mourut l'an 707, après un règne de dix-huit mois. Il fut enterré dans la cathédrale, devant un oratoire qu'il avait élevé à la Vierge; les murailles de cette basilique étaient ornées de peintures en mosaïques d'un très-grand prix qui avaient été exécutées par ses ordres.
Jean VII répara en outre plusieurs églises, et particulièrement celle de Sainte-Marie, où il établit sa demeure ; il la dota d'un grand nombre de ta'bleaux, parmi lesquels se trouvait son portrait; il donna au clergé des vases sacrés d'or et d'argent, et un calice d'or massif pesant plus de vingt livrfts et enrichi de pierres précieuses.
Paul, diacre, rapporte que sous ce pontificat, Aribert II, dont le père avait usurpé le trône des Lombards, désirant se rendre les papes favorables, augmenta leurs domaines du patrimoine des Alpes Cottiennes, et que l'acte de cette donation, écrit en lettres d'or, fut remis à Jean VII par les ambassadeurs du monarque. C'est par de semblables donations que se forma le patrimoine de Saint Pierre et que s'établit le pouvoir temporel des papes, origine entachée de dol, de fraude, quand elle n'est pas le résultat de spoliation et de conquête à main armée, ou de donations extorquées à des dévots imbéciles.
SISINNIUS
fKl/ t^LSlXNIUS
Vacance du saint-siége.
de viiigt jours. -
Élection de Sisinnius. — Ses infirmités. — Actions du pontife. — Il meurt après un pontifical . est enterré à riaint-Pierre de Rome. — Histoire de saint Bonnet, évèque de Clermont.
Depuis que la liberté des élections avait été rendue à l'Église romaine, les principaux chefs du clergé italien, après la mort des pontifes, se plaçaient à la tète des partis pour s'emparer de la chaire de saint Pierre, et leurs brigues occasionnaient souvent de longs interrègnes. Alors les citoyens sages, pour mettre tous les compétiteurs d'accord, choisissaient des prêtres qui n'appartenaient à aucune des factions.
Jean VII était mort depuis trois mois, et aucune des coteries n'avait pu l'emporter sur ses adversaires; le sénat et le peuple de Borne se déterminèrent enfin à élever sur le saint-siége l'évêque Sisinnius, Syrien de nation et fils d'un prêtre grec nommé Jean.
Ce vénérable prélat, accablé d'infirmilés, était sujet à des accès de goutle si violents qu'il ne pouvait pas même porter ses mains à sa bouche.
Malgré ses souffrances cruelles, sa Sainteté montra une grande fermeté d'âme, déploya une activité surpre-nante dans le gouvernement de 1 Église, distribua de nombreuses aumônes aux pauvres, essaya d'introduire une réforme dans les mœurs du clergé, qui étaient,
I extrêmement déréglées, et entreprit même de relever les murs de Rome, qui tombaient en ruines.
La mort l'arrêta subitement au milieu de ses travaux apostoliques, après un pontificat de vingt et quelques jours, au mois de février de l'année 708 •. il fut enterré à Saint-Pierre.
Sous le règne de Sisinnius, saint Bonnet, évèque de Clermont, vint en pèlerinage à Rome pour visiter les tombeaux des apôtres et pour obtenir du souverain pontife la confirmation de son titre d'évèque, qui lui était vivement contesté par les ecclésiastiques de son diocèse, à cause des brigues et des séditions qui avaient eu lieu lors de son élection.
Comme le prélat apportait de riches présents en expiation de sa faute, le pape se montra indulgent et confirma sa nomination, sous la condition qu'il consacrerait tous les produits de son êvêciié à des fondations pieuses ou à des aumônes.
Saint Bonnet exécuta si rehgieusement la pénitence qui lui était imposée, qu'il fut appelé le père des pauvres et mérita d'être canonisé.
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Brigues pour les élections des papes. — Exaltation de Constantin. — Démêlés du pont'fe et de l'archeTèquç de Ravenne. — Félix est assiégé dans sa métropole, chargé de chaînes et conduit à Constanlinople. — Le légat du saint-siége lui fait arracher la langue et lui fait crever les yeux avec un fer rouge. — Pèlerinages des fidèles à Rome. — Nouvelles cruautés du pontife.— L'empereur lui fait livrer le patriarche Callinique. — Voyage du pape à Constantinople. — Il est reçu par le prince avec de grands honneurs. — Révolte de Philippique Bardancs. — Il s'empare du trône et fait brûler publiquement les acles du concile qui condamnaient les monothélites. — Le pape excite des séditions dans Rome. — Anastase parvient à l'empire. — Il rétablit les décrets du sixième concile. — Lettres de l'empereur et du' patriarche de Byzance. — Zèle du prince Anastase pour l'Église. — Triomphe du pape. — Mort du poutife Conslantin.
A cette époque, les prêtres et les moines grecs, chassés de leurs Eglises par les Arabes et par les révolutions fréquentes qui désolaient l'empire, se réfugièrent en Italie et à Rome. Aussi le saint-siége, au commencement du huitième siècle, fut-il constamment occupé par des pi'êlres grecs, qui étaient en grande majorité en Italie. Après la mort du Syrien Sisinnius, on élut pour lui succéder un prélat delà même nation, qui fut consacré sous le nom de Constantin.
Devenu souverain pontife par les intrigues de ses amis, Constantin s'empressa de remplir les promesses qu'il avait faites avant son élection ; et l'archevêché de Ravenne fut donné au diacre Félix, qui avait été un des plus ardents meneurs de son parti. Le nouveau patriarche se voyant assis sur le siège le plus important de l'Italie, voulut en assurer l'indépendance, et refusa de renouveler à l'Église romaine les promesses de fidélité et d'obédience que ses prédécesseurs avaient faites. Il rassembla des troupes, fortifia la ville de Ravenne, et se prépara à résister aux foudres du pontife par la puissance des armes.
Constantin comprenant l'inutilité de ses anathèmes contre un ecclésiastique aussi puissant, envoya des légats à l'empereur Justinien pour lui dcmander^des troupes afin de soumettre le prêtre rebelle. Le prince fit partir aussitôt le patrice Théodore à la tête d'une
armée; la ville fut prise d'assaut; Félix, arrêté par les soldats, fut chargé de chaînes, conduit à Constantinople et plongé dans un cachot. Enfin, par ordre du légat, on le retira de sa prison, on lui arra'cha la langue, on lui creva les yeux et on l'envoya en exil. Cette cruauté exercés à l'instigation de Constantin, fut le prélude d'exécutions plus terribles encore.
Le légat obtint du faible Justinien l'ordre de faire arracher les yeux au patriarche Callinique; et après le supplice, le malheureux prélat fut envoyé à Rome, où le saint-père exerça contre lui toutes les tortures que la cruauté ingénieuse d'un prêtre peut inventer. . Pendant ce siècle, les pèlerinages étaient déjà regardés comme l'œuvre la plus méritoire devant Dieu. Les hommes dont la vie avait été souillée par des débauches ou par des crimes pouvaient racheter leurs iniquités en faisant un voyage dans la ville sainte. Les nobles, les ducs et les rois mêmes venaient se prosterner devant le tombeau des apôtres , imploraient le pardon de leurs péchés, offraient de riches présents à Saint-Pierre, et recevaient en échange l'absolution des pontifes de Rome.
Kenred, prince des Merciens, et le roi des Saxons orientaux, nommé Olfa, cédant à l'engouement général abandonnèrent leurs royaumes et se rendirent en Italie, emportant avec eux d immenses trésors