FORMOSE I
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Charles le Simple
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rée et favori du jeune patriarche. « Très-saint-pèrç, écrivait-il, vous affirmez que vous avez trouvé des contradictions entre la lettre de l'empereur et la nôtre; en voici la cause : ceux qui ont écrit que Photius avait renoncé au patriarcat sont les ecclésiastiques qui l'avaient reconnu pour légitime évêque; mais nous qui n'avons jamais aperçu dans cet eunuque laïque la moindre trace de sacerdoce, suivant le jugement des papes Nicolas et Adrien, et suivant les décrets du concile œcuménique de (jonstanlinople, nous ne pouvions pas écrire qu'il avait renoncé à l'épiscopat. Aussi nous avons été étrangement surpris en lisant au commencement de votre lettre que Photius
était rejeté de l'Église par l'autorité de Jésus-Christ, et que vous terminiez en nous engageant à le juger comme s'il était évêque légitime.
« Nous réclamons votre indulgence pour ceux qui ont accueilli comme évêque l'eunuque laïque ; et nous demandons que vous envoyiez des lettres circulaires aux patriarches d'Orient, afin qu'ils usent de la même charité envers les fidèles, les religieuses, les moines et les ecclésiastiques qui ont approuvé l'élection de l'infâme Photius. »
Le saint-père répondit à Etienne le Syncelle : < Vous nous demandez miséricor'Se pour des coupables, mon frère, et vous ne nommez point ceux pour £0
qui vous l'implorez; si c'est pour uu laïque, il mérite grâce; si c'est pour un prêtre, vous oubliez que Pholius en ordonnant des ecclésiastiques n'a pu leur liansmettre que l'anathème de sa condamnation, puisqu'il n';i jamais eu de puissance sacerdotale.
" \'(ilie E-lisc, souillée par son abominable -contai-t, (leviail étie ])uiiliée par une pénitence très-sévère, si notre piété n'écoutait les conseils do la douceur et de l'humanité. Il est donc nécessaire, pour déterminer les mesures à prendie dans cette déplorable circonstance, que vous suiviez les avis de nos légats, les évoques Romain, Landull'e de Gapoue, Tiiéophylacte, métropolitain d'Ancyre, et le diacre Pierre, en qui nous avons placé notre confiance. \ous convoquerez un synode auquel ils assisteront, et vous renouvellerez en leur présence la sentence prononcée contre Photius, afin que sa condamnation demeure perpétuelle et irrévocable. Quant aux ecclésiastiques ordonnés par lui, vous les excommunierez et les bannirez à jamais des rangs da clergé, en promettant toutefois de leur accorder la communion des laïques, s'ils présentent un libelle souscrit de leur main, dans lequel ils se reconnaîtront coupables et imploreront le pardon de leur faute. »
Vers le même temps, Foulques, mélni|i(ililain de Reims, écrivit au pape pour lui adresser -i-. IVInii!tions; il lui témoignait toute la joie (|u'il us cnLal lie voir un des membres de sa famUle occuper la chaire de saint Pierie, ajoutant qu'il regardait cet événement comme une marque éclatante de la protection que Dieu accordait à l'Église.
Foulques représentait ensuite au saint-père que plusieurs évè(fues des Gaules demandaient le pallium sans aucun droit et au mépris do l'autorité de leur métropolitain; il se plaignait de voir qu'un semblable honneur leur fût accordé trop facilement ; et pour éviter le renouvellement de ces abus, il le priait, au nom de la chrétienté, de n'accorder cette haute distinction que sur une demande générale et par éci'it des archevêques d'une province.
Dans sa réponse, le pape exhortait son parent et les autres prélats des Gaules et de la Germanie à compatir aux maux de l'Éghse romaine, et à la secourir de leurs trésors, pour empêcher ([u'elle ne fût ruinée par les prodigalités des clercs itahens et par les incursions des infidèles. Il ajoutait que depuis longtemjis Rome ne pouvait plus trouver un appui dans l'empire grec, qui était sans cesse troublé par des hérésies dangereuses, et désolé par de nouveaux schismes. « Afin de décider quelles mesures nous devons prendre pour rétablir la paix dans l'Église, disait-il, nous avons résolu de réunir dans notre ville un concile œcuménique le premier mars de l'année 893 ; et nous vous ordonnons de vous rendre à ce synode, sans délai, pour préparer les cjuestions que nous soumettrons aux lumières des prélats de l'assemblée. Nous vous informons que nous avons couronné empereur d'Occident Guy, duc de Spolette, votre parent et le nôtre, dont l'autorité a contribué à l'affermissement de notre élection. Nous nous proposons de couronner également son fils Lambert, i|ue nous avons adopté pour notre enfant. »
Les légats qui portèrent les lettres du pontife au métropolitain de Reims convoquèrei'i un concile à
Vienne par l'ordre du saint-siège. Les Pères de cette assemblée décrétèrent plusieurs canons contre les usurpations des domaines du clergé; contre les meurtres, les mutilations et contre les outrages dont les laïques se rendaient coupables envers les moines et les ecclésiastiques. Ils défendirent aux séculiers de disposer des églises" sans le consentement des évoques; de percevoir un droit d'investiture sur les prélats, et de lalsilier les actes des donations qui étaient faites aux monastères et aux églises.
Au commencement de l'année suivante, Foulques, dont la haine pour Eudes s'était encore augmentée depuis une entrevue où son orgueil avait été humihé par ce prince, convoqua un synode à Reims, et fit proclamer roi de France le jeune Charles, fils de Louis le Bègue, âgé seulement de quatorze ans : le nouveau monarque fut couronné par les évêques et par les seigneurs mécontents du comte Eudes. Le métropoHtain de Reims instruisit aussitôt le pape du sacre de Charles le Simple.
Formose, fidèle à la politique de ses prédécesseurs, eut soin d'entretenir la discorde entre les princes français, afin d'exercer sur eux une autorité suprême et d'obtenir de leur ambition tous les avantages que réclamaient les intérêts du saint-siége. Il écrivit à Eudes pour lui défendre d'attacpier le jeune Charles dans sa personne ni dans ses biens jusqu'à l'époque du retour de l'archevêque Foulques, qui se rendait à Rome pour conférer avec lai sur cette grave question; et, en même temps, il ordonna aux prélats des Gaules d'insister auprès du roi Eudes afin d'obtenir de lui une suspension d'hostihtés contre le fils de Louis le Bègue; il fit remettre également à l'enfant roi une lettre de félicitations et un gâteau bénit.
Arnoul, souverain de Germanie, instruit du couronnement de Charles le Simple et de l'appui que le pape accordait à cet enfant, envoya des ambassadeurs au saint-père pour se plaindre qu'on eût sacré un monarque sans son autorisation, et malgré lesjustes droits qu'il avait sur tout l'empire des Gaules; il menaçait d'envahir la France et l'Italie, et d'exterminer 11'- |iiMi|iii's. les prêtres et les princes de ces royaunii ■. --i l:i mwv de Rome ne faisait droit à sa réclamaUiiu. i-'urninse donna aux envoyés d'Arnoul une réponse évasive; il lui écrivit pour lui représenter que lui-même devait protéger le jeune monarque comme étant son parent, et qu'il devait le défendre contre l'usurpateur Eudes, au lieu de porter dans ses États le pillage et le meurtre ; enfin, il terminait en le menaçant des foudres de l'Éghse s'il envahissait le royaume de Charles le Simple.
' Formose donna communication à Foulques des lettres qu'il avait écrites à Arnoul, et répondit au métropolitain au sujet des troubles qui agitaient la France; il lui commanda également d'excommunier Richard, Manassès et Rampon, qui avaient arraché de son siège l'évèque Teutbold, l'avaientjeté en prison, après lui avoir fait crever les yeux, et qui enfin avaient osé déposer de Vépiscopat le métropolitain de Sens pour le punir de leur avoir reproché leurs cruautés.
Le pape eut ensuite quelques contestations avec l'empereur Guy, relativement à un domaine que le prince voulait enlever au duché de Rome ; et Formose, qui avait manifesté jusque-là un attachement