SAINT TÉLESPHORE
ARTOmilt 0* PAPE, ANTONIN,
empereur. empereur.
NaiiM^oe de Télespbore* <— Nouvelle fable sur riiuiîtation du carême. ~ Sur la messe de minuit. *n- Mort du pape.
m^mrmi^mmrmmm
Télesphore était Grec de nation et avait habité les cloîtres dès sa plus tendre jeunesse : c'est tout ce que nous connaissons sur cet évéque.
D'après l'autorité d'une glose insérée dans quelques éditions de la Chronique d'Eusèbe^ on a pensé que TË^lise était redevable au saint-père de l'institution du carême. Les prêtres, qui veulent faire honneur aux apôtres de la plupart des usages qui sont aujourd'hui reçus dans TEglise, essayent de nous persuader que Télespliore n'a fait que le rétablir. Le cardinal Baronius se vante d'avoir démonlré celle prétendue vérité^ mais les raisons qu'il allègue sont d'une extrême faiblesse. D'autres prétendent que le pontife n'en a été ni le restaurateur ni l'instituteur, et qu'il a seulement établi la septième semaine que nous appelons Quinquagésime : Nous démontrerons que cette cérémonie n'a été en usage dans l'Ëglise que cinq cents ans après la mort du saint-père.
L'Église lui attribue également l'institution de la messe de
10» HISTOIRE DES PAPES. [lU.]
minuit le jour de Noël : Platine et quelques historiens nous ont transmis cette fable.
On croit généralement que saint Télesphore a souffert le martyre en 154, et divers auteurs l'assurent ; mais on n'est pas d'accord sur Tannée à laquelle on doit rapporter cet événement.
Les légendes placent le martyre de sainte Symphorose et de ses sept fils sous le pontificat de Télesphore.
D'après les versions des Pères, l'empereur Adrien ayant élevé un riche palais près de Tibur, voulut le dédier aux dieux propices par des cérémonies religieuses, et s'adressa aux prêtres païens, qui refusèrent de lui obéir jusqu'à ce qu'il les eût délivrés d'une veuve chrétienne qui habitait le pays avec sa famille. Ils ajoutent qu'Adrien accéda à leur demande, et fit saisir sainte Symphorose avec ses sept enfants^ qui furent attachés à sept pieux autour du temple d'Hercule , et torturés cruellement, pendant que leur mère était tenaillée elle-même par quatre bourreaux, qui à chaque nouveau supphce lui demandaient si elle consentait à sacrifier aux faux dieux.
D nous est difficile de concilier cet acte d'un fanatisme cruel avec la tolérance que les Romains ont toujours montrée pour les religions des autres peuples ; et nous sommes obligés de révoquer en doute cette légende, ainsi que les actes des mar^ tyrs des premiers siècles de TËglise.
fi».] mSTOmE DE SAINT HYGIN. 105
SAINT HYGIN,
▲NTONIN, 10* PAPE. ANTONIN^
emperear. «mperear.
Caractère de saint Hygin. — Règlements qa'on lui attribue. — Fausseté des prêtres sur ce nouveau martyr. — H institue les parrains et marraines dans les baptêmes. — Écrits apocryphes.
Hygin était d'Athènes , et fils d'un philosophe dont rhi&toire n'a pas conservé le nom. Les auteurs en parlent comme d'un saint homme , qui préférait la retraite et l'obscurité des forêts au séjour des palais.
Cependant il fît un grand nombre de règlements pour l'ordre et la distinction des rangs dans le clergé romain. Les auteurs lui donnent libéralement la qualité de martyr, mais il est douteux qu'il ait répandu son sang pour la religion , et les anciens n'en ont rien su ou n'en ont rien dit.
On fait remontera saint Hygin l'usage de prendre un parrain et une marraine pour présenter les enfants au baptême, et de consacrer les églises. Des auteurs assurent qu'il écrivit un traité de Dieu et de l'incarnation de son Fils ; mais cet ouvrage est apocryphe, ainsi que les deux décrétales qu'on fait passer sous son nom : la première est adressée à tous les fidèles, et la deuxième aux Athéniens.
Le cardinal Baronius rapporte la mort du saint-père à Fan 1S8 de Jésus-Christ, et le dix-neuvième du règne d'Antonin.
10« HISTOIRE DBS PAPB8. [16&]
Alexandrie était tout à la fois le foyer ardent des lumières qui éclairaient le monde ehrétien , et le siège des hérésies qui désolaient les Églises. Sous le pontificat de saint Hygin , les idées subversives des philosophes d'Alexandrie prirent un caractère décidé , et se propagèrent dans les autres Ëglises par les prédications des gnostiques. Ces hérétiques suivaient les erreurs d'Epiphane, disciple de Basilide et fils de Garpocras» qui définissait le règne de Dieu, le règne de la communauté et de l'égalité , aflirmant que la communauté était une loi naturelle et divine , et que la propriété des biens et la distinction des mariages étaient les plus grands lléaux de l'humanité. Après sa mort, Ëpiphane fut honoré comme un dieu dans File de Céphalonie.
Pendant que la Grèce élevait des autels aux hérétiques , à Rome les chrétiens étaient chargés d'accusations atroces. On prétendait que la nuit ils se retiraient dans des cavernes pour célébrer des mystères horribles ; qu'ils égorgeaient des enfants nouveau-nés aux fêtes de Pâques, et que tous, hommes et femmes , se jetaient sur les victimes pour en lécher le sang et en dévorer la chair. On disait qu'après ce festin de cannibales, les initiés commençaient des orgies où les vins et les viandes étaient servis en profusion, et qu'ensuite les prêtres mettaient fin à ces saturnales , en jetant des débris de viandes à des chiens, qui dans leurs bonds renversaient les candélabres, et plongeaient dans l'obscurité d'épouvantables scènes de fornication , de sodomie , d'incestes et de bestialité !
[IBB.]
mSTOni DB i/UNT PIE f.
HT
SAINT PIE r,
Àim)NiN
MÀRG-AXJRÉLE
dit
el
LB PIRTO^
iELIUS-YERUS^
empereur.
empereurs.
Les pères de l'Église sont en contradiction sur l'ordre de succession de Pie I". — Sa naissance. -*<- LfO Martyrologe romain en fait un martyr. -^ Le cardinal Baronius faussaire* -^ Décrets qu'on attribue au pape. -^ Le yisiopnaire Hermas frère de Pie I". — Il écrit par la commandement d'un ange un ouyrage rempl} de mensonges et de fourberies. «** Décrétales supposées.
Les pères de l'Ëglise ne sont pas d'accord sur Tordre de la succession de Pie I" : les uns le placent après Ânicet, et saint Jérôme favorise cette opinion^ en comptant Anicet pour le dixième pape après saint Pierre. On trouve le même ordre dans quelques vieilles chroniques ; mais lopinion qui donne le premier rang à Pie est généralement adoptée ; elle est fondée sur l'autorité d' Hégésippe, de saint Irénée, de Tertullien, d'Eusèbe, d'Épiphane, des deux Nicéphore , et enfin sur le consentement unanime des Grecs et des Latins. Nous devons adhérer au sentiment d'Hégésippe et de saint Irénée^ qui ont été les contemporains de Pie I".
U était Italien ^ né dans la ville d' Aquilée y et fils d'un nommé Rufin. On ne doute pas qu'il n'ait vécu saintement , et travaillé avec zèle à l'accroissement du christianisme ; mais ses actions particulières sont inconnues.
lOS HISTOIRE DES PAPES. [167.]
U tint le siège de Rome l'espace de dix ans^ jusqu'en 167 de Jésus-Christ^ et la cinquième année du règne des empereurs Marc-Âurèle et iElius Yerus. Le Martyrologe romain le compte parmi les martyrs, et Baronius confirme cette opinion par de grands raisonnements qui manquent de preuves. Les anciens qui parlent de cet évêque n'ont point mentionné que sa carrière se fut terminée par une mort violente ; ce qui doit faire supposer qu'il est mort en paix.
Gratien parle de plusieurs décrets publiés sous le nom de Pie V'y et dont il est facile de reconnaître la fausseté.
Les traditions fabuleuses ajoutent qu'Hermès ou Hermas, le même dont nous avons parlé sous Clément, était frère de Pie I", et auteur d'un livre qu'il avait écrit par le commandement d'un ange^ qui lui était apparu sous la forme d'un berger. Cet Hermas était un visionnaire, qui dans son livre du Pasteur raconte des histoires ridicules et des fables grossièrement inventées.
On fait également passer sous le nom de Pie 1" deux décrétales visiblement fausses ; l'une est adressée à tous les fidèles^ l'autre aux chrétiens d'Italie. Ces pièces sont indignes du saint évèque auquel elles ont été attribuées.
[167.] HISTOnaS D'ANIGET. IM