ANICET
MÂRG-ÀIIRÈLE^ 12* PAPE. JSLIUS-YERUS^
empereur. empereur.
Naissance d'Anicet. — Dispute entre le pape et saint Polycarpe. — Hérésies de Basilide et de Carpocras. — Us permettent tous les plaisirs. — Le martyre d'Anicet est controuvé. — Il institue pour les prêtres la tonsure en forme de couronne.
Les savants ont fait beaucoup de recherches pour nous apprendre les conmiencements^ la durée et la fin du pontificat de cet évéque ; nous sonmies cependant réduits à avouer que nous ne connaissons rien de positif sur Anicet. On convient seulement qu'il était originaire d'un petit boui^ de Syrie^ et que son père se nommait Jean.
Dès le commencement de son pontificat, il fut visité par saint Polycarpe , évêque de Smyrne et disciple de saint Jean l'Ëvangéliste. Ils agitèrent ensemble plusieurs questions de discipline^ sur lesqueUes ils demeurèrent d'accord; mais il n'en fut pas de même sur un point de très-peu d'importance, dont ils ne purent jamais convenir. Polycarpe ^ d'après l'usage des Asiatiques , établi par l'exemple de Jean l'Ëvangéliste et de saint Philippe, célébrait la fête de Pâques^ comme les Jm&9 le quatorzième jour de la première lune de l'année. Mais Anicet, attaché à la tradition de son église , ne la célébrait que le dimanche qui suit le quatorzième jour. La tranquillilé dont l'Eglise jouissait alors permettait à Tévèque de
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Rome d'étendre son antorité sor les fidèles^ et Anicet rouiut obliger tous les chrétiens de sa communion à suivre cette pratique : ce fut la première yiolation des usages établis par les apôtres.
Cependant révé<lue de Smyme résista au pontife et conserva les privilèges de son siège : le saint-père fut obligé de céder^ et ils convinrent de suivre les usages établis dans les deux églises : preuve évidente qu'alors on était persuadé que la diversité de sentiments au sujet des cérémonies extérieures ne devait jamais altérer le repos des consciences, ni servir de prétexte pour attaquer la doctrine reçue.
Saint Polycarpe prétendait que là discipline de l'Ê^^ise devait être arbitraire^ c est-à-dire^ qu'il était permis aux nations de servir Dieu selon les rites qu'elles jugeaient le plus convenables à la majesté de TËtre suprême. 11 parait qu'on était convaincu de cette vérité dans les premiers temps du christianisme, et qu'on évitait de rompre les liens de la charité pour des sujets qui ne rendaient personne criminel devant Dieu.
Le pontificat d' Anicet est illustre dans l'histoire ecdésiastique par les hérésies monstrueuses qu'il eut à combattrci La doctrine de Basilide et de Carpocras^ chefs des gnostiques, commentait à faire des progrès^ malgré son extravagance : ces hérétiques soutenaient qu on pouvait s'abandonner à tous les plaisirs ; que les femmes devaient être communes ; qu'il n'y avait point de résurrection de la chair; et que le Christ n'était qu'un fantôme: ils permettaient de sacrifier aux idoles et
de renier la foi chrétienne en temps de persécution Une
pareille doctrine donnait de l'dxercice au zèle de l'évêque de
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Rome » qui voulait prësenrer scm troapdau de la oontagion des hérésies. Les actions particulières de la vie du pontife nous sont tout à fait inconnuesi
On rapporte sa mort à l'an 175 de Jésus-Christ; mais il ne souflrit pas le martyre , quoique Baronius l'assure et cite une histoire extrèmeoient curieuse sur les reliques de ce saint. Anicet est le premier pape qui ait ordonné aux prêtres de se raser la tête en forme de couronne.
Pendant les dernières années de ce pontificat , eut lieU dans les Gaules une violente persécution contre les chrétiens.
Attale, Biblis^saintPothln, sainte Blandine, saint Epiphode» saint Alexandre, saint Symphoiîen et quelques autres, qui ont été nommés les martyrs de Vienne et de Lyon , périrent au milieu des plus terribles supplices. Nous avons encore une lettre adressée par les fidèles des Églises de cette province à leurs frères de Phrygie et d'Asie, ainsi conçue : » Paix entre n vous et gloire à notre Seigneur ! L'animosité des païens » contre nous est si grande, que nous avons été chassés de nos » maisons, des bains et de la place publique. Les plus faibles n d'entre nous se sont sauvés , les plus forts ont été conduits )) devant le tribun et devant les magistrats, qui les ont examinés }) publiquement. Plusieurs esclaves se sont présentés comme }) faux témoins , et ils ont confessé que nous pratiquions les n festins de Thyeste et les mariages d'Œdipe, c'est^indire que )) nous nous livrions à des incestes et que nous faisions des )) repas de chair humaine. Ces accusations ont exaspéré le » peuple contre nous , et les cris de mort d'une foule égarée » sont devenus le signal des suppUces. Le diacre Sanctus , » appliqué le premier à la question, a résisté à la violence
lis HISTOIRE DES PAPES. [175.]
» des tourments, et s'est déclaré chrétien. Dans sa rage , le )) juge qui l'interrogeait lui a fait appliquer des lames de cuivre )) brûlant sur toutes les parties du corps : les jambes et les )> bras se sont crispés , et le martyr n'a bientôt plus conservé » la forme humaine; cependant il confessait toujours le Christ » d'une voix retentissante. Le lendemain , comme il vivait )) encore» on a renouvelé la même torture, afin de vaincre sa )) fermeté par l'excès des souffrances , et les bourreaux ont » appliqué des plaques rougies sur les plaies béantes du dia- )) cre. Mais tout à coup ce corps informe s'est redressé mira- » culeusement, les blessures se sont fermées, les os qui avaient » été brisés se sont rejoints, et le martyr a repris sa première » forme. Alors les bourreaux saisis d'effroi ont suspendu les )) supplices, et l'ont reconduit dans la prison auprès du véné- » rable Pothin, évêque de Lyon.
» Maturus, Blandine et Âttale ont été amenés à leur tour » devant le juge, et sur leur relus de sacrifier aux idoles, on les )) a traînés dans l'amphithéâtre , oii ils ont été torturés avec » une cruauté extraordinaire. Enfm, comme les païens ont vu )) que les tourments loin de changer nos croyances, augmen- )) taient le nombre des adorateurs du Christ, ils ont ordonné )) un massacre général des fidèles qui étaient dans les prisons. )) Ëpiphode a été décapité , Alexandre a été mis en croix y )) Symphorien a été égorgé. Tous les cadavres ont été réunis » sur un bûcher et les cendres jetées dans le Rhône. »