MAXIMIN, 20* PAPE. MAXIMIN
empereur. empereur.
Election d'Anteros. — Sa mort. — Écrits supposés. — Avarice et
ambition des prélats de notre siècle .
Lorsque Pontien eut abdiqué 1 episcopat , les fidèles de Rome avaient un si profond respect et un si grand attachement pour lui , qu'ils refusèrent d'élire un autre évêque de son vivant. Mais après sa mort ils procédèrent à Télection , et choisirent pour la conduite de leur Eglise, Anteros, Grec de nation et fils d'un nommé Romulus.
Pendant qu'il était occupé du soin de son troupeau, la persécution, qui continuait avec fureur, ne l'épargna pas, et l'on croit qu'il souflrit le martyre fan 238, après avoir gouverné le saint-siége pendant un mois seulement.
Les lettres qu'on attribue à Anteros n ont jamais été écrites par lui; et l'on ne doit pas ajouter plus de confiance aux historiens qui prétendent qu'il a permis aux évéques de quitter leurs Églises pour prendre d'autres sièges , non pour des avantages particuliers, mais par nécessité ou pour le bien de la religion : car, à cette époque^ les prélats n'auraient pas eu recours à levêque de Rome pour autoriser ces arrangements, puisque la juridiction des pontifes était renfermée dans les bornes de leur diocèse.
Cependant nous devons convenir que cet usage ^ alors in-
iM HISTOIBB DES PAPËB« ^.]
connu aux fidèles , s'est scandaleusement introduit dans FËglise. La plupart des prélats ne briguent pas de nouveaux évêchés en vue de la religion , qui est la dernière de leurs pensées ; ils ne s'informent pas combien ils ont d'âmes à conduire dans le chemin du salut; mais ils savent combien révéché peut leur donner de revenus , combien ils pourront avoir de domestiques , de chevaux , d'équipages ; et par cette insatiable avarice ils se montrent indignes de la majesté et de la sainteté de 1 episcopat.
Jules l'Africain publiait alors son Histoire universelle , qui commençait à l'origine du monde et se terminait à la quatrième année du règne d'Héliogabale. Cet historien, qui était en outre le plus savant généalogiste de son temps, nous dit qu'il avait cherché à concilier les deux généalogies contradictoires don^ nées par les évangélistes saint Luc et saint Matthieu sur Jésus- Christ , et qu'il avait même fait le voyage de Palestine pour consulter des Juifs qui se prétendaient de la famille du Christ, et qui étaient appelés par cette raison Desposynes en langue grecque , mais qu'ils ne purent lui montrer aucun acte qui attestât l'origine de Jésus. Ce même Père , dont l'orthodoxie a été reconnue par l'Église, affirme que la plus grande partie des récits de la Bible sont apocryphes; et il cite entre autres rhistoire de Susanne et celle de Bel et du dragon, qu'il prétend n'avoir pas trouvées dans les exemplaires juifs antérieurs à la destruction de Jérusalem et à la ruine de la Judée.