SAINT CORNEILLE F
DKClOi, VO&VIIEN,
QkLhv», 22* PAPE.
empereur
empereurs.
NOTATIÊN 1", ANTIPAPE.
L'empereur DédtiB est hoitile aux x^hrétiens. ^^ Élection de Cor^ neillei — ^ Le pduple consaorait alori les élections des papes. •— Schisfitd dâ Notatien* «--« QœreUes du pape et de l'antipape. — NôTàtieti est sacré étôqae de Rome au milieu d'une orgie. ^^ Schisme de Fortunat en Afrique i ^^ Crimes des prêtres. — Ils violent les vierges saorées.«-^La persécution continue.-— L'évéque GorneiUe est etitoyé en exih ^-^ Son martyre est un mensonge.
U n'est pas surprenant quô le aaint-aiége adit resté vMant prèi d'ttâ an et demii et qtie le olergé n'ait pas ehoisi ttû àtttrô poàtife ; ear lemperettr Décius aurait plutôt eouffort Une révolte dans 1 etàt^ qrte lelectton d'un évoque de Rome qui eût été capable de loutenir la religion chrétienne.
Le prêtre Corneille^ Romain de naisSanM» et fils de Gastin 9 ne Ait élevé sur la chaire dé saint Pierre que peu de temps avant le meurtre de ce prince*
Corneille était d'une pureté vii'ginale , d'une modestie et d'une fermeté remarquables : aptes avoir passé par tous les degrés des offices ecclésiastiques | il n'Avait ni brigué, comme tant d'autres papes » ni même désiré TépisCopati II tbt élu^ comme le plus dignei par seize évèqaes qui se tax>uvèrent dans la ville ; tous les clerc* rendirent tém^rigttage <te
ihS HISTOIRE DES PAPES. [2SS.]
Mn mérite^ et le peuple qui était présent consentit à son ordination.
Dans ces temps désastreux^ les fidèles avaient une dange* reuse persécution à soutenir, cependant lepiscopat était devenu^ déjà, l'objet de l'ambition du clergé. Novatien^ prêtre de rÉglise romaine, jaloux de l'élévation de Corneille, se déclara contre lui : il affectait une grande sévérité de mœurs, et se plaignait qu a Rome on reçût les apostats à la pàoiitence avec trop de facilité. Une partie des membres du clei^ qui étaient encore prisonniers^ se laissèrent séduire à cette apparence dé zèle pour la discipline : Novat^ schismatique d'Afrique, appuyait ses desseins^ et tous deux répandaient des calomnies contre le pape Corneille ; ib l'accusaient d'avoir communiqué avec des évèques qui avaient sacrifié aux idoles, et d'avoir abjuré secrètement entre les mains du magistrat afin d éviter la persécution.
Novatien, en se séparant de la communion de Corneille ^ entraîna plusieurs confesseurs et un grand nombre de fidèles dans son schisme. H se fit le chef de ceux qui s'appelaient eux-mêmes les purs^ parce qu'ils soutenaient que les chrétiens qui étaient tombés durant la persécution ne pouvaient plus espérer le salut ni obtenir le pardon de leurs fautes. Un concile de soixante évêques^ de prêtres et de diacres^ ayant été assemblé à Rome pour décider cette question^ Novatien fiit condamné et excommunié.
Corneille écrivit à Fabius , évêque d'Ântioche , afin de lui apprendre ce qui avait été résolu dans ce concile ; il parle avec aigreur de l'esprit et des mœurs de son concurrent. Voici le portrait qu'il en feit :
[S5â.] HISTOIRE DE SAINT CORNEILLE I". U9
« Je vous dirai comment Novatien, cet homme admirable^ brûlant depuis longtemps du désir d'être évêque^ a caché son ambition déréglée sous le voile de la sainteté des confesseurs qu'il avait engagés dans ses intérêts Mais
ayant connu ses artifices, ses tromperies, ses mensonges et ses paijures^ ceux-ci ont renoncé à son amitié, ils sont revenus à l'Église^ et ils ont publié en présence des évêques, des prêtres et de plusieurs laïques , la méchanceté qu'il cachait sous l'apparence d'une fausse humilité ! Ils ont pleuré le malheur où ils étaient tombés de s'être séparés des fidèles, pour avoir été trompés par les fourberies de cet imposteur Nous avons vu, mon très- cher fi^ère, un changement admirable arrivé dans sa conduite : ce prêtre qui affirmait, avec des serments exécrables^ n'avoir point d'ambition pour la dignité épiscopale , a paru tout d'un coup évêque : ce docteur^ ce défenseur de la discipline de l'Église, voulant usurper l'épiscopat auquel Dieu ne l'avait point appelé , s'était associé deux hommes perdus^ et les avait envoyés dans un coin de l'Italie pour tromper trois évêques fort simples et très-ignorants , en les assurant qu'ils devaient se rendre à Rome afin d'apaiser avec les autres prélats un différend qui s'était élevé : et quand
ils furent venus, il les fit enfermer par des méchants sem-
blables à lui, sur la dixième heure du jour; et les ayant fait boire avec excès^ il les contraignit à le sacrer évêque, par une imposition des mains vaine et imaginaire : et c'est ainsi qu'il s'attribue très-injustement la dignité épiscopale^ à laquelle il- n'a aucun droit. »
Novatien cependant maintint son autorité contre celle de
Gomeillei et lui enleva une grande partie de son troupeau. Dans les lettres qu'il écrivit après son ordination, l'antipape ne montrait pour le saint-père aucun ménagement ^ et son témoignage était autorisé de celui des confesseurs (jui s'étaient dédarés pour lui.
Quelque temps après, Fortunat^ qui avait été chassé de l'Église • fut ordonné évéque de Carthage^ par des prélats schismatiques, pour disputer cette place à saint Cyprien. L'usurpateur envoya à Rome demander la communion du saint*père ; Félicissime, son député^ se présenta aux portes de l'église^ accompagné d'une troupe d'hérétiques furieux^ qui prétendaient &ire reconnaître Fortunat pour évèque de Garthage; mais le pape ne voulut pas les écouter; il les rejeta de l'église avec une vigueur sacerdotale^ et les traita comme il aurait souhaité qu'on eût fait à Novatien. Les fidèles approuvèrent la conduite du pontife envers Félicissime, qui avait été légitimement condamné pour avoir détourné l'argent qu'il avait en dépôt , pour avoir corrompu des vierges et commis des adultères.
La persécution, qui s'était ralentie vers la (in du règne de Décius, recommençait avec plus de fureur, à l'occasion d une peste violente qui s'étendit sur plusieurs provinces de l'empire. L'empereur Gallus et son fils Yolusien eurent recours à leurs idoles^ et envoyèrent des cdits dans toutes les provinces pour ordonner des sacrifices. Mais les chrétiens refosèrentde prendre part à ces superstitions , et l'on rejeta sur eux les malheurs publics , que l'on regardait comme l'effet de la co* 1ère des dieux.
Corneille fut le premier à Rome qui confessa le nom de
(«M.] mSTOIRE DE SAINT COHMEÎLLE I*'. ISi
Jésitf^rist dans cette persécation, et il fut envoyé en exil, par ordre de Fempereur GaUuâ^ & Gentum-Cellse, aujour* d'hui Givita-Yecchia, qui était uji lieu trèsr-agréable, à qua* rante-dnq milles de Rome.
Malgré les honneurs que l'Eglise kl décerne^ nous devons présumer que sa mort fiit naturelle et qu'elle arriva en 9SS : saint Jérôme, d*aprës les témoignages erronés d^anciennes traditions, affirme que le pontife répandit son sang dans Rome, et qu'il eut la tète tranchée par la main du bourreau, après avoir gouverné TEglise l'espace d'un an et quelques mois.
Décius avait imprimé une terreior si profonde parmi les nouveaux chrétiens, qu'un grand nombre abandonnaient les terres de l'empire pour fiiir dans le désert de l'Egypte. Pendant ces émigrations, plusieurs moururent de faim et de soif, d'autres furent déchirés par les tigres et par les lions ; quelques-uns après avoir franchi les montagnes de l'Arabie tombèrent au pouvoir de hordes nomades : ceux qui furent assez heureux pour échapper à tous ces dangers peuplèrent les solitudes de
la Thébalde et se firent ermites.
Les légendes racontent une histoire fort curieuse sur le premier des anachorètes de la basse Thébalde : « Un jeune )) chrétien d'Alexandrie appelé Paul, dit le légendaire, héritier » d'un riche patrimoine , profondément instruit des lettres )) grecques et égyptiennes, s'était retiré dans un de ses domai- » nés, pour vivre loin du monde avec son beau-frère et une » jeune sœur pour laquelle il avait conçu une violente passion; )) mais un jour son beau-frère l'ayant surpris en inceste , le » menaça de le livrer aux commissaires de l'empereur.
» Effrayé de cette menace, Paul s'enfuit dans des montagnes » inaccessibles, où il retrouva peu à peu la tranquillité d'esprit. )) Ses larmes ayant adouci la justice de Dieu, il eut une révé- )) lation dans laquelle lui apparut un ange qui lui promit le )) pardon de son crime à la condition qu'il achèverait sa vie » dans la solitude.
» Le lendemain à son réveil, Paul^ décidé à suivre Tinspi- )) ration divine, gravit une colline qui se trouvait devant lui ; )) arrivé à la cime , il aperçut une grande caverne fermée par )) une pierre : il y pénétra par curiosité, et trouva dans Tinté- )) rieur une salle spacieuse, percée à jour et ombragée par un )) antique palmier qui étendait ses branches protectrices sur » toute la grotte ; une fontaine limpide sourdissait au pied du )) rocher , et , après avoir coulé quelques pas au dehors , se )) perdait dans une anfractuosité formée par deux blocs de )) granit. Paul choisit ce lieu pour sa retraite , et il y vécut » quatre vingt-dix années , quoiqu'il en eût déjà vingt-trois )) à l'époque de sa fiiite d'Alexandrie. »
On place également aux dernières années du pontificat de Corneille la fondation de l'Ëglise de Toulouse par saint Saturnin , et celle de Paris par saint Denis.
[253.] HISTOIRE DE LUGIUS. 153