DENIS
QàJLLWX, 20* PAPE. eLAVBM,
empereur. empereur
Naissance de Denis. — Son humanité. — Il rachète les chrétiens prisonniers chez Jes barbares. — Le pape poursuit les vues ambitieuses de ses prédécesseurs. — ^Erreurs des millénaires. — Jésus- Christ doit régner mille ans, et les saints jouir des plus grandes
voluptés. — Hérésie de Paul de Samosate. — Zénobie, reine de Palmyre. — Concile tenu contre Paul de Samosate. — Il est exconmiunié. — Mort du pape. ""
Denis étsit Cbrec^ et vraiseniblablement d'une- naissance assez obscure^ puisqu'on ne nous a rien appris de sa famille. Dans sa jeunesse, il avait fait profession de k vie cloîtrée , et depnis il avait été nommé prêtre de l'Église de Rome^ sous ie pape Etienne : il avait adopté les sentiments de son évêque sur la vsdidité du baptême des hérétiques; mais il parait qu'il ne se conduisit pas avec la même violence dans cette querelle.
L'empereur Valérien ayant été vaincn par les Perses et fait prisonnier, Gallien, son fils et son successeur, prit les rênes du gouvernement. L'ineptie du nouveau prince exposa les provinces de l'empire aux ravages des barbares : la ville deClésarée enCappadoce fut ruinée, saccagée^ et les citoyens,
arrachés à leurs foyers, furent emmenés en esclavage. Aussitôt que Denis eut été informé de ce désastre, il s'empressa non-seulement d écrire à cette église affligée, mais encore d'envoyer de l'argent en Cappadoce par des personnes sûres^ afin de radieter les chrétiens captifs chez les barbares; et il ne fut pas arrêté dans sa charité par le souvenir des anciens démêlés de Firmilien, évêque de Gésarée, avec son prédécesseur le pape Etienne.
Saint Âthanase, dont le témoignage est dW grand poids ^ rapporte plusieurs actions honorables de ce pontife, qu'il comptait parmi les pères anciens qui avaient été les plus capables de nous informer de la doctrine de TËglise , et d'é-* tablir les règles des conciles oecuméniques.
Quelques années après^ les fidèles d'Egypte portèrent des plaintes à Rome contre Denis, évêque d'Alexandrie, qu'ils accusaient de professer des maximes impies dans les livres qu'il av^t écrits contre les sabelliens, pour établir la distmcdon des personnes divines. Cette accusation était frivole; mais le pape, trouvant l'occasion d'étendre son pouvoir sur les églises et de poursuivre le système d'Etienne , consentit à rendre un jugement : il garda cependant quelques mesurés, et ne voulant pas décider de pleine autorité siir cette matière, A assembla un concile qui désapprouva la doctrine de l'évêque d'Alexandrie , et ordonna au prélat de se soumettre au saint-siége et de se rendre à Rome pour éclaircir les points qui avaient été condamnés.
Depuis longtemps Terreur des millénaires était établie en Egypte et menaçait d'envahir l'Occident : le principal auteur de cette secte, l'évêque Népos, traduisant trop judaiquement
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le texte des saintes Écritures, prétendait que Jésus^hrist régnerait sur la terre pendant mille ans^ et que les saints jouiraient dans le ciel de toutes les voluptés des sens. Népos établissait ses opinions sur l'Apocalypse de saint Jean, et il entraîna dans sa doctrine un grand nombre de fidèles : l'histoire ne nous fait pas connaître les mesures que prit Denis, évoque de Rome, pour détruire cette hérésie.
Peu de temps après , la doctrine de Paul de Samosate , évêque d*Àntioche , souleva des querelles violentes dans l'Église : Zénobie, reine de Palmyre, princesse d'un mérite audessus de son sexe , voulant connaître la religion chrétienne y s'adressa à l'évêque Paul pour être instruite sur les mystères : mais ce prélat avait des opinions singulières pour le siècle ; il appelait le Christ un homme, et non pas un dieu ; il enseignait aux peuples la morale sublime de l'Évangile , et négligeait de les instruire des dogmes de la religion. Les évéques d'Orient, scandalisés de sa conduite^ s'assemblèrent à Antioche, et le poursuivirent comme « un loup qui ravageait )) le troupeau du Seigneur. )) Le concile^ animé du zèle fanatique qui a toujours distingué les assemblées ecclésiastiques, procéda au jugement de Paul de Samosate. Par son éloquence, le prêtre philosophe parvint à suspendre la condamnation qu'on était sur le point de prononcer contre lui et contre sa doctrine. Dans la suite^ on s'aperçut que Paul avait usé de dissimulation^ et qu'il ne corrigeait ni ses sentiments ni ses mœurs : alors les pères s'assemblèrent de nouveau au nombre de soixante-dix, et le condamnèrent pour s'être joué de leur crédulité et des intentions pacifiques de Firmilien, qui aTsdt présidé au premier synode.
Paul, convaincu d'erreur dans sa doctrine et de dérègleynent dans ses mœurs, fut déposé^ et ensuite exconununié par ^e concile.
Le pape Denis mourut le 26 décembre de Tan 269^ sous le règne de Fempereur Claude II et de Paterne, après dix ans et quelques mois d'épiscopat : il fut enterré dans le cimetière de Galliste.
Sous le pontificat de Denis^ florissait à Rome le philosophe Plotin, célèbre par son immense érudition. Non seulement cet homme extraordinaire avait entraîné dans sa doctrine un grand nombre de disciples enlevés au paganisme, mais encore il enlevait des sectateurs à la religion nouvelle, et rendait désertes les églises des chrétiens lorsqu'il donnait ses enseignements publics.
II prétendait avoir un démon femilier comme Socrate, et il affirmait que par la seule lumière de la raison on pouvait s*élever jusqu'au souverain Dieu , qui n'avait selon lui ni forme ni essence , et qui était indéfinissable par les paroles humaines. Il combattait toutes les sectes chrétiennes et particulièrement les gnosdques , qui croyaient à des esprits ou démons secondaires parmi lesquels figurait le Christ.
Les historiens rapportent qu'avant de mourir^ Plotin se tournant vers ses disciples, leur dit : « Je vais réunir ce qui » existait de divin en moi à oe qui existe de divin dans » l'univers, d
] HISTOIRE DE FEUX. I«. ITl
FÉLIX r.
(XAiTBB n» * 27* PAPE« aueélibn,
empereur. empereur*
ËléTation de Félix. — Paul de Samosate résiste an décret da concile. — U est diassé honteusement de son siège. -^ Mort du pape.
Félix était Romain et fils de Gonstantius : il succéda à Denis le dernier jour de Tannée 269. On ne connaît aucune des aotion^ de sa vie jusqu'au temps de son pontificat. En montant sur la chaire de saint Pierre, il trouva FËglise tranquille au dehors , mais déchirée à l'intérieur par l'hérésie de Paul de Samosate, dont nous avons parlé dans l'histoire du règne précédent. Cet évêque , appuyé de la faveur des magistrats idolâtres et du crédit qu'il avait à Ântioche y refusait de se soumettre au décret du concile qui, l'ayant condamné et déposé, avait nommé pour remplir sa place Domne, fils de Démétrius. Paul refusant de sortir de la maison de l'église^ on eut recours à l'autorité de l'empereur Àurélien^ qui jugea l'affaire avec' une grande justice : le prince décida que la possession du palais épiscopal appartenait à ceux qui entretenaient des relations avec l'évéque de Rome et les autres prélats d'Italie; et qu'en conséquence^ le pape Félix ayant refusé sa communion à Paul de Samosate, celui-d de* Tait être chassé de son siège.
ITl HISTOIRE DES PAPES. [9tk.]
Félix mourut» selon Topinion générale, le 22 décembre de Tan 274 » après avoir gouverné FËglise pendant cinq ans : il fut enterré dans le cimetière de Galliste.
Suivant la légende, ce fut à cette époque que saint Antoine d'Héraclée, ville de la haute Egypte, éprouva ses terribles visions. « Le pieux anachorète s'était retiré dans une haute pyramide éloignée de toute habitation , afin de prier Dieu pi ; tranquillement : la première nuit, le démon vint Tattaquer et le battit si violemment qu'il le laissa étendu sans connair sance. Vers le matin , des 6dèles qui traversaient la contr<'c ayant par hasard visité la pyramide, trouvèrent un homme gisant, et le croyant mort^ l'emportèrent dans une église pour l'inhumer. Pendant la nuit, saint Antoine se leva de sa bière, sortit de l'église et retourna à sa pyramide : là, il se mit de nouveau en prière et déQa le démon ; à minuit un bruit terrible se Gt entendre ; toutes les pierres parurent se mouvoir et furent transformées en bêtes farouches et immondes; des lions, des tigres, des loups, des serpents, des crapauds, des lézards, des aspics, des scorpions, et une multitude de serpents , de dragons et d'animauT fantastiques s'élancèrent sur lui, le déchirant avec leurs griffes, le perçant de leur triple aiguillon, et l'enlaçant dans leurs replis tortueux. Malgré ces horribles souffrances, le saint continuai t à les railler et à les mépriser. Enfin au lever du soleil les démons disparurent. « Où étiez-vous. Seigneur? » s'écria alors Antoine. « J'étais ici, lui répondit la voix de Diea ; je suis content de toi ; à l'avenir je t'assisterai dans tes comba1s« et je te rendrai câèbre par toute la terre. » Telle fut im praouère tentation du gmiî ^ : : ■: \ntoine !
^0 HISTOIRE D'EUTYCHIEN. 178
EUTYCHIEN,
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FLOBIEBT,