DU TROISIÈME SIÈCLE
Septime Sévère. — Il fait assassiner les sénateurs. < — Ses vices. — Ses vertus. — Débauches de sa femme. — Caracalla. — Impudicité de Julie. — II épouse sa mère. — Les lois ne sont pas faites poor les empereurs ni pour les rois. — Caracalla fait assassiner son frère. — Il fait enterrer vivantes quatre vestales. — Il fait mourir vingt mille hommes. — Macrin, prince débauché. — Héliogabale, fils de Caracalla. — Les sacrifices humains. — Inceste avec sa mère Julie. — Marc-Aurèle. — ^11 est assassiné à cause de ses vertus. — Maximin s'empare de l'empire. — Sa gloutonnerie. — Sa cruauté. — Sa. force prodigieuse. — Les trois Gordiens. — Philippe usurpe l'empire. — Décius. — Gallus. — ^ Émilien est salué empereur par les soldats , qui le tuent après trois mois de règne. — Vâlérien tombe au pouvoir du roi de Perse. — Il est écorché vif et salé. — Gallien. — Ses défauts. — Claude II fait rendre à Gailien les honneurs divins. — Aurélien, trahi par son secrétaire, meurt assassiné. — Tacite, ses vertus, sa générosité. — Il est assassiné par les soldats. — Florien, son frère, s'empare de l'empire; il est tué par les soldats. — ^ Probus est élu empereur; il est encore assassiné par les soldats. — Carinus. — Numérien. — Arrius Aper massacre Numérien. — Dioclétien fait égorger Aper. — Sa cruauté. — Son avarice. — Sa passion pour les bâtiments. — Maiimien Hercule associé à l'empire. — 11 viole les jeunes filles. — - Ses vices. — Jugement sur les monarchies absolues.
Septime Sévère après avoir été déclaré empereur par Tarmée de Paunonie, combattit ceux qui élevaient des préten-
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lions àrempire, et fit massacrer quarante sénateurs qui avaient favorisé Àlbin son concurrent. Ensuite il s'occupa de la guerre contre les Parthes ; il parcourut les diverses provinces de l'empire, et fit construire en Angleterre un retranchement de cent trente-deux mille pas de longueur. Il mourut à York l'an 212 de Jésus-Christ : au moment de sa mort, i] Gt veliîr auprès de lui ses deux tils Bastien et Geta, et il leur dit comme dernier conseil paternel : « Mes entants, restez unis, vivez )) bien ensemble» et ne vous mettez point en peine du reste. » Ce prince avait de grandes vertus : il aimait la philosophie et les belles-lettres; il ne pardonnait pas les moindres fautes,
et sa sévérité retenait les officiers dans leur devoir ; il était hu-
main et généreux, mais il montra trop de faiblesse pour sa femme, dont il n'ignorait ,point les débauches, et qui avait mèjne osé conspirer contre sa vie.
Septime Sévère laissa l'empire à son fils Antonin Bastien , surnommé Caracalla parce qu'il portait une longue robe à la gauloise. Ce prince, dès les premiers jours de son règne, ayant surpris l'impératrice sa mère dans un costume négligé et la gorge entièrement découverte, s'écria dans un transport amoureux : « Je le voudrais bien! s'il m'était permis. » Celte impudique princesse répondit en ouvrant ses bras : « Vous le pouvez, mon fils, si vous le voulez ; car il n'existe » point de loi pour les empereurs ni pour les rois. » Aussitôt ses derniers voiles tombèrent, et ils confondirent leurs embrassements dans un inceste monstrueux.
D'un caractère bas et féroce, Caracalla avait déjà tiré J'épée pour tuer son père : depuis, il assassina son frère Geta, qui régnait avec lui, et fit enterrer vivantes quatre vestales
pn. &] CRIMES D£S EMPEREURS. IR
pour se dhreitir par cet affreux supplice* La mémoire d'Âlezandre lui était tellement chère^ qu'il meuaça des plus affreux supplices les philosophes qui suivraient les sentiments d'Àristote » et il Toulut faire briller tous les livres de cet historien, parce qu'il était soupçonné d'avoir avancé la mort de ce conquérant par le poison. Un jour il informa le sénat que Tâme d'Alexandre était entrée dans son corps pour acliever ce qui pouvait lui rester de vie, et il ordonna à ses courtisans de l'appeler vainqueur de Dcurius. Pendant son règue, il fit mourir vingt mille hommes dans lessupplices^ et chargea d'impôts efTro} ables toutes les provinces de l'empire ; enfin il fut tué après avoir régné six ans et deux mois.
Garacalla étant mort^ Opilius Macrin^ homme de naissance très-obscure^ s'empara de l'empire; mais ses débauches l'ayant rendu odieux à l'armée^ il fut tué après un règne d'un an et deux mois.
Marcus Antonius Varius Uéliogabale , fils de Garacalla et de Julie, succéda à Macrin. Ce prince était un autre Sardanapale; comme lui prêtre du soleil , il saa*ifiait à son idole les plus beaux enfimts d'Italie. 11 lut massacré par les soldats Tan 222; et l'on égorgea en même temps sa mère, qui était devenue la femme de ce monstre.
Marc-Aurèle Sévère Alexandre prit sa place et devint favorable aux chrétiens : il chassa de la cour les flatteurs et les boufifons; il ne voulut point que les charges de la magistrature fussent vénales, et il défendit aux juges de recevoir des présents. Maximin, l'un de ses lieutenants généraux, excita quelques légions à la révol te et fit assassiner ce prince vertueux .
Gains Julius Yerus Maximin après ce meurtre s'empara
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de l*empire : le nouvel empereur avait plus de huit piedâ de hauteur ; il était si gros que le bracdet de sa femme loi servait de bague au pouce; sa force était extraordinaire^ et ^ucun cheval ne pouvait courir aussi vite que lui. Dans ses appétits gloutons^ il mangeait soixante livres de chair et buvait vingt-quatre pots de vin en un seul jour. Les sénateurs craignant de devenir les victimes de sa cruauté , le déclarerait ennemi de la république^ et il fut égorgé par les soldats avec son fils , qu'il avait associé à Fempire.
Des trois Gordiens , le plus vieux fut déclaré empereur par Tannée qu'il commandait au nom du sénat; son fils Gordien II ayant été vaincu et tué dans une bataille contre les ennemis de Tempire , il s'étrangla lui-même de désespoir. On élut à sa place Gordien le jeune, petit-fils de Gordien II , prince qui avait les qualités d'esprit et de corps nécessaires pour bien gouverner : il remporta de grandcss victoires^ qui semblaient présager un règne heurçux pour les peuples; mais il se rencontra dans son armée un traître qui le fit assas* siner pour s'emparer de l'autorité suprême.
Le sénat ne voulut pas reconnaître Philippe pour empereur^ cependant il confirma son élection pour éviter les révoltes des légions.
Décius parvint à son tour à séduire les soldats, qui massacrèrent Philippe dans son camp de Vérone.
Messius Quintus Trajan Decius, après s'être défait de Philippe, obtint l'empire par les suffrages de l'armée. Son règne fiit signalé par une persécution violente qu'il excita contre les chrétiens.
Trébonien Gallus marcha conir^' lui n la tête de seslégions.