EUSÈBE
«AXBME, 32* PAPE. . MAXBNCEt
aopereur. empereur.
Election d'Ensèbe. *-^ Son eiiL *— Conte ildicule sur la croix de Jétos*Christ trouvée par la mère de Constantin.
Malgré les divisions qui régnaient alors dans FÊglise de Rome^ le clergé et le .peuple avalent encore voîx délibérative aux élections. On choisit d'un consentement unanime Eusèbe^ Grec de nation et fils d'un médecin. Le tyran Maxence bannit le nouveau pontife en Sicile^ où cet évèque mourut quelques mois après, dans Tannée même de son élection, c est-à-dire en 310.
Les prêtres afQrment que sous le pontificat dTlusèbe, Hélène^ mère de Constantin, fit faire des fouilles à Jérusalem^ et que cette princesse trouva la croix sur laquelle le Sauveur du monde avait souffert la passion ; mais tous les historiens graves ont réfuté ce conte ridicule.
Les Actes des martyrs des premières années du quatrième
siècle sont remplis des légendes miraculeuses de confesseurs et de saints souffrant le martyre , mais ce qui mérite d'être remarqué , c'est, l'uniformité des narrations : toujours il est question d'un chrétien résistant aux plus effroyables supplices, et finissant par être décapité ou livré aux bêtes ; ensuite les païens veulent constamment anéantir le corps , et toujours les fidèles » Dar une Drotection particuli^ de Dieu » le
retirent intact dn feu ou de Feau pour en foire des reliques- On place à cette époque la persécution de Numérien Maxime, gouverneur de Tarse en Gilicie, et les légendaires s'étendent fort au long sur les ijupplices de Probus , de Théraque et d'Andronic. Les saints confesseurs, disent-ils, après avoir été torturés par le fer et par le feu , furent amenés dans Tamphithéàtre, et on lâcha contre eux des tigres de Numidie ; ces animaux, qui étaient entrés dans Tarène les poils hérissés et la gueule béante , s'adoucirent à l'aspect des martyrs , et vinrent se coucher à leurs pieds. Maxime accusa l'ofBcier chargé de la garde des bêtes d'avoir lâché des animaux repus, et lui fit administrer cent coups de lanières. Ensuite on démusela un ours qui avait déjà tué trois gladiateurs dans la matinée ; lorsque l'animal fut près d'Ândronic, il se coucha à ses pieds, comme avaient fait les tigres. Maxime le fit tuer, et il commanda qu'on lâchât une lionne que le pontife d' Antioche lui avait envoyée; quand elle parut dans l'amphithéâtre, ses rugissements firent trembler les spectateurs ; d'un bond elle s'élança sur Théraque ; mais une main invisible l'arrêta subitement; la lionne se baissa et se prosterna devant le saint, qui la prenant par les oreilles lattira à lui comme un mouton. Maxime, rendu furieux, mit fin au triomphé des martyrs en les faisant décapiter. Les corps furent li\Tés aux flammes» et l'on plaça des gardes autour du bûcher pour empêcher que les chrétiens n'enlevassent les cendres. Pendant la nuit , les soldats sentirent la terre trembler, entendirent dans Tair des éclats de tonnerre, et senfiiirent épouvantés. Les fidèles purent alors s'approcher du bûcher et enlever les corps des sionts I sur lesquels scintillaient des étoiles miraculeuses !