‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 46 sur 78 · FÉLIX II · texte numérisé non relu

FÉLIX II

ou ANTIPAPE.

Élection de Félix.— Il est ordonné pontife en présence des eunuques de l'empereur. •— Deux papes à Rome. — Félix est exilé. — Sa mort. — Il est regardé comme saint. -» Fourberies des prêtres.

Les opinions sont partagées au sujet de Félix ^ pour décider s'il mérite le nom de pape ou celui d'antipape et de scfaJsmatique, Des auteurs respectables par leur savoir parlent de lui avec mépris : TËglise soutient au contraire qu'il fut légitimement élu évêque deRome^ et lui a décerné les honneurs du martyre. Cette autorité ^ sans nous convaincre de la sainteté de Félix, nous oblige du moins à ne pas négliger son histoire.

Romain de naissance et fils d' Anastase, il n'était encore que diacre lorsque le pape Libère fut envoyé en exil. Les ariens voulurent mettre un autre évêque sur le siège de Rome; mais le clergé ayant juré qu'il n'en recevrait point du vivant de Libère, il fallut user d'adresse pour rendre ce serment inutile. L'empereur Constance se servit d'Ëpictète , jeune néophyte , hardi et violent^ qu'il avait fait évêque de Centumoelle^ aujourd'hui Civita-Veccbia , sur la mer de Toscane.

Ce fîit par les mains de ce prélat que Félix reçut Tordination épiscopale : si nous en croyons saint Âthanase , la cérémonie sacrée eut lieu dans le palais impérial , quoiqu'elle dût se faire dans 1 église; trois eunuques représentèrent

le peuple fidèle de Rome, et trois évèques imposèrent les

mains à Félix.

Les auteurs portent différents jugements sur sa conduite et sur son orthodoxie. Les uns disent qu'il se fit arien; d autres soutiennent qu'il conserva la foi de Nicée , et qu'il ne communiquait avec les hérétiques que pour des actes étrangers à la religion : mais ils conviennent tous que son élévation déplut aux amis de Libère , qui étaient en grand nombre ; et loi'sque les dames romaines eurent obtenu le rappel de ce dernier , Tempereur ordonna qu'il gouvernerait TËglise avec Félix.

Alors les prélats assemblés en concile à Sirmîum écrivirent au dergé de Rome de recevoir Libère ^ qui avait juré d'oublier le passé et de vivre en paix avec Félix : mais l'un avait goûté les jouissances de la grandeur épiscopale^ l'autre était ambitieux; tous deux avaient des partisans, qui excitèrent dans Rome de violentes querelles et de sanglants combats. Enfin le chef légitime triompha de son compétiteur^ le diassa de la ville ^ et le réduisit à l'état de vêque sans église.

Félix, dont la faction n'était pas éteinte ^ rentra peu de temps après dans la ville, osant appder le peuple dans la basilique qui était au delà du Tibre ; mais les nobles le forcèrent à quitter Rome une seconde fois. Le prince^ qui désirait toujours le maintenir avec Libère, fut enfin obligé de l'abandonner^ et Félix ayant perdu son protecteur, se r^îra

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