L380.J HISTOIRE DE DAMASE
Testament, et qu'il en expliquait les passages les plus licencieux par de chastes allégories : il' admettait avec les livres canoniques plusieurs ouvrages apocryphes ; il défendait aux discifdes de manger ce qui avait çu vie, comme étant une nourriture immonde ; et en haine de la génération, il anathématisait les mariages, prétendant que la chair n'était pas l'ouvrage de Dieu, mais des mauvais anges.
Dans cette religion, les hommes et les femmes s'assemblaient la nuit, et priaient entièrement nus pour mortifier leur corps. La maxime de Priscillien était : « Jurez, parjurez- » vous, mais ne découvrez point les mystères; )> aussi leurs ennemis ne pouvant les convaincra de crimes réels, se sei*virent contre eux de cette formule d'initiation, et les accusèrent de commettre les plus horribles impuretés^ de se servir des hommes et des enfants pour leurs débauches, d'outrager la nature, même avec leurs femmes. Les catholiques affirmaient que leurs prêtres, en haine du mariage, arrachaient des entrailles des femmes enceintes les fœtus à demi formés, et les pilaient au milieu de l'église dans des mortiers de fer.
Les priscillianistes jeûnaient les dimanches, les temps de Pâques et de Noël, et se cachaient pour ne point se trouver à l'église. Cette hérésie avait déjà infecté l'Espagne et atteint un grand noitabre d'évêques, entre autres Justantius et Salvien, qui formèrent un parti pour la soutenir : mais après plusieurs années de luttes, les orthodoxes, soutenus par le prince^ convoquèrent un concile à Saragosse, où elle fut condamnée en l'absence de ses adeptes.
Dans le même temps eut lieu, par les ordres de Gratien^
su HISTOIRE DES PAHSS. [dSk,]
le fameux synode d'Àquilée. Saint x\inbroifie présida cette assemblée^ et condamna Tarianisme : on examina ensuite les accusations dont on chargeait levêque de Rome, surtout l'accusation d'adultère que deux diacres dévoués k Ursin lui avaient autrefois intentée , et qu'ils fondaient sur l'attachement que les dames portaient au saint-père. Le concile examina juridiquement tous les chefs d'accusation contre Damase, et rendit un témoignage authentique de l'innocence du pape.
Damase mourut enfin le 11 décembre 384f après avoir gouverné le siège de Rome environ dix-huit ans. 11 enrichit . la basilique de Saint-Laurent» lui donna une patène d'argent, un vase ciselé et cinq calices, un grand nombre de couronnes, des chandeliers pour contenir les cierges ; il avait en outre affecté à Tentretien de cette ^lise, des maisons, des terres, et même des bains publics : toutes ces richesses provenaient des dons et des héritages des dames romaines.
fftk.] HinoiaB DE maux. m
SIRICE,
THÉODOSE , HONOBIUS ,
AmOADÉ*. 40* PAPE. empereur.
ËleetiM de Sirite. ~- Célibat des prêtres. — Les moines et lès prètim devraient être eunuques. -^Corruption du clergé de Rome. ><- AvttHce* des eecIésiaitiqu4M* -^ Saint Jérôme appelle le pape nna hmme vêtue d'écarlate* -•* Mœurs infâmes du clergé. — * Doetrin^ de Jovinieo» «-^ Mort de. Sirice.
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Al^èn Jft mort de Damase on élut Siriee, Romain de naissance, fila de Tiburee, malgré lea oppositions du vieux schismatîque Urain. Ânaaitôt qu'il fut sur le saint-isiége, le nouveau pontife montra qu'il était ambitieux^ et pour essayer son pouToir» il osa &ire de nouvelles lois $ur un point que le grand concile de Nicee avait laissé indécis, le célibat des ecclésia^tiqnes* Il rendit un décret pour exclure du clergé cemi qai conservat^it avec leurs femmes des liaisons intimes, appliquant injustement aux clercs qui se marient las paroles de gaînt Paul: «*Que ceux qui sonl en la chair ne peuvent )) plaire à Dien- »
Sirice voulait imiter les païens, qui avaient en grande vénération la pureté virginale; mais ceux-ci avaient reconnu qu'aucun homme n'était capable de la conserver sans des moyen» «itraordinaires ; et les hiérophantes, qui étaient les premiers ministres de la religion chez les Athéniens, bu*
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vaient de la ciguë pour se rendre impuissants; et dès qu'ils étaient olus au poniincal ils cessaient de porter les marques de la viriJitd.
Saint Jérôme, dans un écrit, faisant parler un stoïcien nomme Chcrémon, qui décrit la vie dej anciens prêtres d'Egypte, s'exprime ainsi : a Leurs prêtres n'avaient au- » cun commerce avec les femmes depuis qu'ils s'étaient at* » tachés au service divin; pour éteindre ies flammes de la » convoitise ils s'abstenaient entièrement de chair et de vin, » et même les ministres de Cybèle étaient tous eunuques. » Jérôme parait insinuer que les prêtres et les moines, qui- font témérairement des vœux de chasteté et s'engagent par serment à garder une pureté virginale, devraient employer le procédé infaillible des ministres païens, lorsqulls reccmnaissent que l'esprit est impuissant pour arrêter lés désirs de la chair.
Peu de temps après la mort de Damase, Jérôme fut obligé ^e quitter Rome pour retourner en Palestine : la réputation de sa sainteté avait excité la jalousie de plusieurs membres du clergé^ et la liberté avec laquelle il flétrissait leurs vices avait soulevé contre lui la haine sacerdotale. Dans un petit traité»qu'il écrivit sur la manière de garder la virginité, il avertit la vierge Eustochium, fille de sainte Paule, de a fuir )) les hypocrites qui briguent la prêtrise ou le diaconat pour » voir les fenunes plus librement, pour se parer de beaux » habits et parfumer leurs cheveux. Ces prêtres maudits, » ajoute-t-il, portent des anneaux brillants à leurs doigts, et » marchent sur le bout du pied ; toute leur occupation est de » connaître les noms et la demeure des belles dames et de 9 s'informer de leurs inclinations.