‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 51 sur 78 · MS.J ' HISTOIRE DE SIBICE · texte numérisé non relu

MS.J ' HISTOIRE DE SIBICE

» Afin que vous ne soyez pas trompée par les apparences

> dune fausse piété, je vous tracerai le portrait de l'un de » ces prêtres passé maître dans le métier : il se lève avec

> le soleil; Tordre de ses visites est préparé; il cherche 1 les chemins 'les plus courts : ce vieillard importun entre » jusque dans les chambres où dorment les femmes; s'il » voit un oreiller, une serviette ou de petits meubles à » son gré> il les examine avec attention, en admire la pro- » jlreté; il les tâte, se plaint de n'en avoir point de sefnbla- )) blés, elles arrache plutôt qu'il. né les obtient.

» Des évêques mêmes, sous prétexte de donner leur béné- « diction^ étendent la main pour recevoir de l'argent, de- » viennent les esclaves de celles qui les payent, et leur ren- » dent avec assiduité les services les plus bas et les plus in- » dignes, pour s'emparer de leurs héritages. »

Plusieurs prélats, furieux de se voir démasqués par les critiques de saint Jérôme, se vengèrent dé lui par des médisances : on censurait sa démarche, Tair de son visage ; sa simplicité même était suspecte; enfin la calomnie s'étendit jusqu'à noircir sa réputation au sujet des femmes et dos vierges auxquelles il expliquait assidûment l'Écriture sainte. - La conduite, exemplaire de Jérôme, sa haute piété, auraient dû le mettre à Tabri de semblables soupçons; mais le peuple de Rome élait déjà prévenu contre les moines venus d'Orient, regardés avec raison comme des imposteurs qui cherchaient à séduire les filles de qualité. I.e saint docteur, obh'gé de céder à l'envie, quitta l'Italie pour se soustraire aux chagrins qu'on lui suscitait, et il se plaignit amèrement dans sa lettre à Marcella, des outrages qu'il avait éprouvés

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dans la ville mainte. « Usez, dit-il, lisez TApMalypM; VOQS

)) verrez cç qu'il est dit de cetta femmo vêtue d'^csurlatef qui » porte sur le front un nom de blusphèiiia. Yoyw la fio de 1^ cette ville superbç : a la vérité elle renferme une ^lise » sainte^ où l'on voit les trophées des apôtres et des mar- » tyrs; où l'on confesse le nomda Jésns-Clirist et la doctrine » apostolique; mais Tambitioii^ l'orgueil» la grandeur» dé- » tournent les fidèles de la véritable piété*

») J^or^ue j'étais à Babylone^.un des courtisans de «ette » paillarde vêtue d'écarlate voulut avancer des erreurs sur » le Saint-Esprit; alors je fis mon ouvrage, que je dédiai au » pape : bientôt j'aperçus le pQ( bouillant de Jéréibîe, qui )) commençait h s'enflammer du côté àe l'aquilon ; le sénat )) des pharisiens sç mit à crior çonlro moi ; et tous, jusqu'au >i plus polit clerct conjurèrent ma perte. Alors je quittai » ceiiQ ville maudite cl je rovins k Jérusalem : j abandonnai » les cabanes do Romuius, ces lieux infâmes, et je leur pré- » ferai l'hôicjlerie de Marie ot la grotte de l'enfant Jésus. »

Vers le nicme temps, un concile de Rome condamna Vhérésie de Jovinien : ce moine avait passé les premières années (le sa vie dans les austérités des couventSi jeûnant, vivant do pain et d'eau, marchant nu-pieds, portant un vêtement grossier et travaillant de ses mains; mais ensuite il était sorti de son monastère près de Milan pour venir à RomOt où il répandit sea doctrines. Il prétendait que ceux qui avaient été régénères par le baptême ne pouvaient plitf être vainoas par le démon; il affirmait quQ les vierges avaient moins de mérites aux yeux de. Dieu que 1^ veuves ou les femmas mariées; enfin il enseignait que les hommes devaîmt manger

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d9 toutes le9 TinideB «t jouir de tons lai bieos qfie leur avait aoccMrdés la Divûiîté,

Jovinieu vivait coufonuém^Dt à im ^rmcipéi i il était vêtu avec una grande recherche, portait dei^ étofles blauches et fines, du linget . de la soie , frisait ses cheveux^ fréquentait les bains publics^ aimait les jeui^, les repas splendides» les mets délicatset les vins exquis, comme on le voyait à son teint frais et vermeil» et à son embonpoint. Cependant il se vantait toujoui» d'être moine, et il gardait le célibat pour éviter les. suites fâcheuses du mariage. Son hérésie trouva beaucoup de partisans à Rome; plusieurs pereonnes* après 'avoir vécu longtemps dans la continence et la mortificatiout adoptèrent ses opinions et quittèrent les austérités du cloître pour rentrer dans la ^e ordinaire des citoyens.

Après sa condamnation» Jovinien retourna dans la ville de Milan ; mais le pape Sirice envoya trois prêtre? auprès de Févéquei pour l'instruire de Texcommunication de cet hérétique et le prier de le chasser de son église»

L'histoire ne nous apprend rien de particulier de la vie et des actions de Sirioe : on suj^se qu'il mourut dans l'année 398.

Soua son règpe^ ]a réputation de saint Augustin commeur çait à se répandre dans tous les pays chrétiens, et les nombreux ouvrage qu'il avait écrits contre les manichéens et les doiiatistes Je faisaient déjà regarder comme l'une des cokwies de r£gliae. Q était alors biep difierent de ce jeune Augustin des écoles de Taga;ite » patrie, que ses condisciples citaient pour le plus débauché des étudiant^ ; car nous devons avouer que la première partie de Texistence du saint

Père s écoula au milieu des plus grands désordres, et que son inconduite fut telle que sa mère dut le chasser de sa maison. Il avait en outre embrassé les opinions de Manès sur le culte de la nature et professait publiquement cette hérésie. Enfin sVtant lassé de sa vie agitée^ il se maria et abandonna l'Afrique pour se rendre à Milan. Dans cette ville ^ il se lia d*amitié avec le vénérable Ambroise, qui le convertit à la religion chrétienne et lui donna le baptême ainsi qu'à son jeune fils Adéodat. Quelques années après, étant retourné en Afrique, il fut nommé prêtre à Hippone, et plus tard il parvint à Tévêché de celte même ville : dès lors il se montra intolérant , persécuteur, et poursuivit avec la dernière rigueur tous les chrétiens qui professaient d'autres doctrines que les siennes.

Parmi les nombreux ouvrages de saint Augustin on place en première ligne son traité sur le travail , où il prend pour épigraphe ces paroles de l'apôtre saint Paul : « Que celui qui ne veut pas travailler ne mange point. » On cite également son livre sur le baptême ; son ouvrage sur la Cité de Dieu , ou Défense de l'Église contre les enfants du siècle; son traité sur la Trinité, où il établit l'égalité des trois personnes divines , et enlin ses différents opuscules sur le péché originel » sur l'àme , sur la grâce et le libre arbitre , sur la prédestination des saints , sur la persévérance , etc. , etc. Il serait difficile d'énumérer les œuvres de ce Père de l'Eglise, car d'après le catalogue que Possidius en a laissé , leur nombre s'élève à plus de mille trente. Tous ces écrits furent composés dans r intervalle des quarante années qui s'écoulèrent entre la conversion et la mort d'Augustin.

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HISTOIRE POLITIQUE

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