DU QUATRIÈME SIÈCLE
Abdication de DioQlétien. — Ses sentiments sur les ministres des prînots. — Exploits de Constance Chlore. — Galère Maiimin. — Blœurs du tyran. Maxence. — Il viole les vierges chrétiennes. — Sopbronie se poignarde pour échapper à ce monstre. — Victoire de Constantin. — Maxence tombe dans le Tibre et se noie. — Constantin s^unit à Licinius. — r II le fait massacrer. — Portrait de Constantin. — Ses bonnes qualités. — Ses cruautés. — Il fait assassiner son fils Crispus. — Il condamne Fausta sa femme à être étouffée dans un bain. — Meurtre de Licinius. — Les fils de Constantin se partagent l'empire. — Guerre cruelle entre les frères. — Désordres affreux dans l'empire. — Magnence se passe une épée au travers du corps. — Decentius s* étrangle de désespoir.— Exploits de Constance. — Julien l'Apostat. — Ses grandes qualités Font élevé au dessus de Constantin. — Jovicn, empereur. — H permet d'épouser deux femmes. — Yalens est brûlé vif dans sa tente. — Gratien est assassiné. — Valentinien, rétabh' sur le trône, est étranglé par ses eunuques. — Histoire du règne de Théodose.
\jè cruel Dioclétien, enorgueilli de sa gloire après la défaite de ses ennemis, poussa l'impudence jusqu'à faire baiser ses pieds à ceux qui se présentaient devant lui, et fut assez impie pour se faire adorer comme un dieu : mais enfin il s'aperçut
SSt filSTOftlE DE» PAPBS. [IV. SJ
que ces excès l'avaient rendu l'objet de la haine publique, et il résolut d'ubdiqii^r le pouvait, c^aignamt ((Blé \k Mumission apparente de Constantin et de Galerius ne fût impuissante pour le sousU'aire à k mort violente dont il était menacé par le peuple, qui voulait punir ses amours monstrueux avec MineocB ef Maiximin. *
Les remords de sa conscience l'obligèrent à quitter l'empire , et il cliefcba dan» la retraite un repos dont il avait été privé dans les soin» du gonverftement. Malgré sa conduite tyrannique , ce prince exprimait quelquefois de beaux sentiments» et il disait avec raisott : « Que rien n'est plus difficile )> que de bien régner, parce que les ministres dont se servent » les princes ne sont d'aceord qtie pour les trahir ; qu'ils leur » cachent ou leur déguisent la vérité, la première chose qu'ils » devraient connalîtref et que par leurs flatteries ils trompenX » et vendent les souverains qui les payent pour recevoir de » sages conseils ! »
Yalère Maximien, sucees^ur die Dioclétien^ abdiqua l'empire à son exemple^ aprè»un règne de dix-huit ans; mais il se repentit bientôt de cette démarche^ comprenant qu'un solitaire et un philosophe avaient mains de puissance qu'uu lempereur ; il abandonna sa retraite et revint à Rome^ sons prétexte d'aider de ses conseils Maxence, son fils. Les temps jetaient changés : le vieil empereur s'apercevant qu'on avait pénétré son dessein de ressaisir le pouvoir, passa dans les Gaules, où se trouvait Constantin son gendre : il forma une conspiration qui fut découverte par sa fMt)pre fille Flav» Maxima, et il prit la fuite pour éviter le châtiment de sa per-> fidîof Constantin envoya à sa poursuite de» émissaires qai
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le joignirail à ManeSlè 6t Yêttàuf^rmt à«m ttù «achot. Aprèfl rabdicRtion de Dioclétîeii €?t de Maximien , Flâfhifli Gcmstantiof Cfalwiift et Galère Maiiiniii^ <{ui avaienl le titre d'auguste» se partagèrent Tempire. Constance Chlore iHustra son règne par de grand» èxf^it»^ recoiiYra la Bretâigne^ défit
'. soixante mille Allemands et b&tît la ville de dpfre wr les bords du Rhin^ Sa domination s'étendail sur rAngletcsrre , qui était sa conquête ) sur Tlttyrie » l'Asie et sur tontes les provinces de rOrient« Ce prince aimait les gens de lettres} il
^ était libéral « et tellement ennemi du faste i qu'il fiiisait servir
des plats de terre sur sa table ; et pour les grands festins de
cérémonie» il priait ses amis de lui prêter des services d'argent.
Sons sen fègne» les ehrétiens jouirent d'nne paix profcmde :
on raconté même qu'ayant rendu un édft par lequel il ordon*
- nait aux fidèles qui occupaient des emplois dans Tétat^ de sa-*
cri fier aux idoles on de s'éloigner^ quelques-uns préierèraai
l*eiii à leurs charges, et se retirèrent; mais le prinee les
rappela « les nommant devant sa cour « de vrais ami», » et 3 ^cliassa ceux qui avaient eu la faiUêsse de sacrifier aux idoles, leur repcocbant avec aigreur leur apostasie^ et ajoutant i u Non f eeux qui ne sont pas fidèles à Dieu ne peuvMit pus )> être des serviteurs dévoués à l'emperèiNr. n Constance Chlore mourut à York* en Angleterre^ après avoir mh la eôuronne sur lâ tète de Constantin, sen fils«
Galère Maximin> avant de parvenir à l'empire, avait gagm deux gsandes batailles sur les Perses , et avait perdu la troisième par son imprudencct lorsqu'il n'était encore que césar. Le premier acte de sa puissance fut une déclaration de guerre
tu HISTOIRE DES PAPES. (IV. S.]
contre ces peuples; il les iiattit, pilla leur camp, s*empara de ia personne du roi Noi^ avec sa famille t et par ses conquêtes étendit les frontières de ses états jusqu'aux bords du Tigre.
Il choisit pour lui succéder ses deux neveux : G. Valebe Maximin, nommé Daza avant d'être césar, eut en partage •' l'Orient, et Flavius Valérius Sévère obtint Tllalie avec l'Afrique. Quelque temps après avoir pris ces dispositions, Galère mourut d'un ulcère où s'était engendrée une' prodigieuse quantité de vers, qui le dévorèrent presque .vivant.
Marc-Aurèle Valère Maxence , fils de Marc-Aurèle Valère Maximien, dit le Yieux^ ayant appris que Gonstantin avait été nommé empereur, se fit donner le même titre à Rome par les soldats de la garde prétorienne , auxquels il permit de violer les fenunes et d'égoi^er les citoyens.- Ge prince , entièrement adonné à la magie, n'osait commencer aucune en- ' treprise sans consulter les oracles et les devins : il surchargeait les provinces de tributs extraordinaires , et dépouillait de leurs patrimoines les plus riches habitants. «Le vin, cette liqueur perfide qui détruit la raison, le mettait en fureur; . dans ses moments d'ivresse , il donnait des ordres cruels et faisait mutiler ses compagnons de table. Son avarice était insatiable; ses débauches et ses cruautés égalaient* celles de Néron! N'ayant pu vaincre la résistance d'une dame chrétienne nommée Sophronie, qu'il voulait déshonorer, il envo\a des soldats pour l'enlever de sa maison. Alors cette femme courageuse, feignant de consentir aux désirs de l'em* pereur, demanda seulement le temps de prendre de riches vêtements pour paraître devant lui, et entra dans un cabinet :