‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 53 sur 78 · V. &J CRIMES DES EMPEREORS. SB · texte numérisé non relu

V. &J CRIMES DES EMPEREORS. SB

Gomme die ne revmiait pas, les soldats iiii|>atients enfoncèrent les portes, et trouvèrent son cadavre avec un poignard danslesein.

Une vierge chrétienne d'Ântioche, nommée Pélagie, sa mère et ses sœurs, se tuèrent également pour se délivrer du péril où dles étaient exposées par Timpudicité de Maximin, collée de Maxence.

La guerre fut enfin déclarée entre Jttaxence et Constantin: ce dernier s'approcha de Rome, et répandit une proclamation où il déclarait qu'il venait non pour combattre les Romains, mais pour délivrer la capitale d'un monstre qui faisait massacrer le peuple par les soldats prétoriens.

Maxence de son côté cherchait à se ménager la victoire par des opérations magiques : il immolait des lions dans des sacrifices impies, et faisait ouvrir des femmes enceintes pour fouiller dans les entrailles des petits enfants et consulter les augures. Les oracles s'étant montrés dé£aivorables, le prince effirayé quitta le palais avec sa femme et son fils pour se retirer dans une maison particulière; néanmoins il fit sortir de Rome ses troupes, qui consistaient en cent soixante mille hommes de pied et dix-huit mille cavaliers. Son armée ayant passé le Tibre, rencontra celle de Constantin^ forte de quatre -vingt mille hommes d'infanterie et d'environ huit mille chevaux , et la bataille s'engagea.

Au même instant une sédition violente s'éleva dans Rome; le peuple^ indigné de la conduite de Maxence, que la superstition et sa lâcheté avaient retenu dans la viHe, se porta dans le cirque, où le prince donnait des jeux publics pour célébrer

Tanniversaire de son avènement à l'empire^ et fit

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ces danMnrs terribles : « Mort ai) tyran! mort an IkbeM » aa traître ! Gloire à Constantin Imvincible 1 » «

Maxence^ effrayé par ces cris d admiration pour son rirai, s'enfuit du oirque, et ordonna aux sénateurs de oonsoller les livres des sibylles. On lui répondit qu'ils annonçaient que ce jour mteie l'ennemi des Romains devait périr miséraUe* ment ; alors le prince regardant la victoire comme assurée rejoijpdit son armée. Mais à sa sortie de Rome, des chouettes vinrent ausaîldt se reposer sur les murailles de la viUe^ et le suivirent jusqu'au champ de bataille : ce présage sinistre, vu de toute Tarmée, abattit le courage des soldats. Les rai^ plient devant les légions de Constantin; la déroute com-i menoe : Maxence lui-même^ entraîné par la foule> regagne le pont qu'il avait bit construire avec des bateaux ; et soit hasard^ soit trahison, les bateaux s'enfoncent, et il tombe dans le fleuve, où il se noie. Maxence devint ainsi la victime des pi^[es qu'il avait tendus à Constantin, car le pont était établi de manière que dans une déroute , ses ennemis venant à le traverser, il dût se rompre par le milieu et les submei^^er dms le Tibre. Le lend^nain son corps fut retrouvé, 9t om lui coupa la tôte, qui lut portée dans les rues de Rome an bout d'une pique.

Gonstwtin, nuutre de l'empire, se réunit à Licinitis, qui avait épousé sa sœur Constantia : ces deux princes détruisirent Tannée de Jovius Blaximin, qui affectait de se décorer du titre d'empereur.

Liciniua était fils d'un paysan du pays des Daces : par sa valeur il a était peu à peu élevé dans l'armée jusqu'aux pre^ mîères dignités, et avait été créé césar par l'empweur Gale*

[IV. &] CRIME6 DBS mPBRBUlW. SM

riii8« Devenu pnnoe, il se montra avare ^ emporté^ intempé^ . rant, impudique, comme si le rang suprême devait donner tous les vices en même temps que le pouvoir de les satisfaire. Dans son ignorance extrême, il appelait les gens de lettres (( un poison, une peste publique, » et il les faisait mourir, sans qu'ils fussent coupables d aucun crime.

Bientôt il devint lui-même suspect à son collègue^ parce quil renouvelait la persécution contre F Église et cherchait à rallier à son parti les pontifes païens i il fut vaincu par les troupes de son beau-frère et décapité.

Après la défaite et la mort de cet homme brutal, Constantin jouit paisiblement de l'autorité souveraine. Ce prince avait . un port majestueus: et l'âme grande; il était brave, hardi, prévoyant dans ses entreprises ; mais il joignait de grands yjces à ces belles qualités. Notre dessein n'est pas d'entrer dans les détails d'une vie aussi illustre, et nous ferons seulement remarquer la partialité des amis ou des ennemis du premier monarque chrétien : les uns lui ont prodigué des éloges outrés, les autres ont cbargé sa mémoire de tous les crimes. L'envie et la haine ont fourni à Julien l'Apostat les couleurs qu'il a employées pour faire le portrait de scm prédécesseur ; et les Pères de FËglise ont souvent donné des louanges exces^ sives à cet empereur, le premier qui se déclara le protecteur de la religion chrétienne.

Constantin méritait véritablement le ssmom de Grand, à prendre cette épithète dans toute son acception : quelle prudence ne fallait-il pas pour échapper aux écueils qu'il rencontra sur la route de l'empire ! quelle intrépidité , pour affronter les périls !es plus effravants ! oueUe valeur, pour

attaquer et pour vaincre des ennemis également redoutables par leur bravoure et par leur nombre ! quel courage et queUe sagesse/ pour tenir pendant plus de trente ans les rênes d un empire qui était à l'encan ! quelle habileté consommée, pour gouverner en paix tant de peuples différents, et pour assurer leur bonheur en les soumettant à des lois équitables !

Le portrait de Constantin, envisagé sous son beau côté, nous présente des qualités brillantes» qui ont servi à mettre ses déÊiuts dans un plus grand jour.

Chrétien peu scrupuleux, il ne reçut le sacrement de baptême que peu d'instants avant sa mort.

Père dénaturé, il fit mourir son fils Crispus sur la simple accusation d'une marâtre intéressée à sa perte.

Ëpoux inflexible, il condamna Fausta à être étouffée dans un bain. Enfin, politique cruel, il fit répandre le sang du jeune Licinien, prince aimable, qui n'avait participé en rien aux crimes de son père Licinius, et qui restait Tunique consolation de la malheureuse Constantia. Cette dernière cruauté fournit une preuve évidente que le christianisme de Constantin était un reflet de sa politique : il avait besoin de partisans pour résister à ses ennemis ; et comme les chrétiens étaient disposés à soutenir les intérêts d'un prince qui leur rendait la tranquillité, il les prit sous sa protection.

Après sa mort, ses enfants se partagèrent Tempire : Flavius Claude Constantin II eut l'Espagne, les Gaules, une partie des Alpes, l'Angleterre, l'Irlande, les Orcades et l'Islande ; Flavius Julius Constant obtint l'Italie, l'Afrique et ses îles, la Dalmatie, la Macédoine, le Péloponnèse ou la Morée et la Grèce ; Flavius Julius Constance eut l'Asie et la Thrace;

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