IV . &] CRIMES DES EMPEREURS
et Flavius Delmatius, rArménîe et les provinces qui étaient voisines. «
Delmatius iîit tué par les soldats après quelques années de règne.
Constantin II voulut dépouiller Constant son frère des provinces qu'il possédait 9 lui déclara la guerre et envoya ses troupes pour le combattre ; mais ayant été lui-même surpris dans une embuscade près d'Aquilée^ il fut renversé de cheval et percé de plusieurs coups mortels.
Sur la nouvelle de cette victoire, Constant passa les Alpes, entra dans la Gaule, et en deux années se rendit maître de toutes les provinces de son frère. Bientôt il oublia les soins de lempire dans les plaisirs et les débauches. Alors les officiers de son armée de la Rhétie donnèrent le titre d'empereur à Magnence : ce sujet ingrat et rebelle, oubliant que Constant lavait couvert généreusanent de sa cuirstsse pour le défendre contre des soldats prêts à le tuer, envoya contre son souverain et son bienfaiteur des assassins qui massacrèrent le prince dans sa tente.
Flavius Népotianus à son tour usurpa l'empire pendant quelques jours; mais le sénateur Héraclide, qui était dévoué aux intérêts de Magnence, lui fit demander une entrevue secrète dans laquelle il le poignarda, et lui ayant coupé la tète, il la fit porter dans les rues de Rome.
Flavius Vétéranion, de son côté, avait pris le titre d'empereur en Pannonie : ensuite il se soumit à Constance, se dépouilla volontairement de la pourpre, et reçut en échange le gouvernement de la Bithynie, où il fut traité jusqu'à sa mort avec les plus grands honneurs.
aea histoire des papes. . [IY. s.]
Flavius SylvanuSy après avoir repoussé les Germains» qui faisaient des irruptions sur les frontières des Gaules, voulut également se faire nommer empereur par l'armée ; mais Constance corrompit ses principaux oiTiciers, qui le mâssacrèrent à Cologne, après un règne d'environ un mois.
Magnence faisait chaque jour de nouveaux progrès, et s'avançait vers Rome à marches forcées : cet usurpateur, monstre d'ingratitude, que saint Âmbroise nomme « sorcier, Ju- » das, second Caïn, une furie, un diable, » fut enfin battu dans une grande bataille. Constance le poursuivit jusqu'à Lyon, et le contraignit de se passer son épëe au travers du corps : Décentius, qui avait été nommé césar par Magnence, mit également fin à ses jours et s'étrangla de désespoir.
Constantius Gallus, que Constance avait déclaré césar, ayant voulu se livrer à des actes de cruauté et d'insolence envers lés vaincus, eut la tète tranchée par ordre de l'empereur, qui mit à sa place Julien son frère : il déclara ensuite la guerre aux Quades et aux Sarmates, qu'il soumit à ses armes; mais il fut vaincu à son tour par Sapor II, fils d'Horniisdas, qui revendiquait la Mésopotamieet l'Arménie. Comme il marchait contre Julien, auquel l'armée avait décerné le titre d'auguste, il fut attaqué d'une fièvre violente, et mourut près du mont Taurus en Mésopotamie.
Flavius Claude Julien, surnommé l'Apostat, fut éhi empereur : ce prince, après avoir abjuré le christianisme, dont il avait fait profession dans ses premières années, donna aux païens les charges de la magistrature, ferma les écoles des chrétiens, et défendit qu'on enseignât aux en&nts la rhétorique, la poésie et la philosophie. Les catholiques
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que ce prince ayant eu la fantaisie de rebâtir le teitiple de Jérusalem, pour faire mentir les prophéties, fut coiitraint d'abandonner son entreprise téméraire, parce qu'il s'échappait des feux souterrains qui détruisaient miraculeusement leê nouvelles fondations.
Plusieurs historiens ont élevé Julien au-dessus de Constantin, et affirment que ce prince avait l'esprit plus brillant et mieux cultivé que son prédécesseur. Son règne fui d une courte durée et se termina par sa malheureuse expédition contre les Perses : dans un combat qu'il livra à ces peuples, il lut blessé par une javeline empoisonnée , et il expira sut
le champ de bataille. Les prêtres prétendent qu'elle était tombée du ciel en signe de la colère de Dieu, et que Julien s'était écrié en arrachant le fer meurtrier : « Tu as vaincu, » Galiléen ! »
Avec cet empereur s'éteignit la dynastie de Constantin^ dynastie qui avait donné au christianisme un grand protec-^ teur et un redoutable ennemi. Julien, suivant les différenteâ versions des auteurs, offre un des problèmes les plus embai^ rassants qu'il y ait à résoudre en histoire. Tour à tour hu*' main et sanguinaire, inconséquent etsage^ avare et prodigue, dur pour lui-même et d'une indulgence blâmable pour sei^ favoris, ce prince semblait réunir tous les contrastes. Cependant les prêtres chrétiens tout en chargeant sa mémoire der plus graves accusations, conviennent qu'il était doué de beHes qualités, et que ses défauts furent la conséquence de sa coin* descendance pour les rhéteurs. Parmi les principaux otreraged" de Julien qui nous ont été conservés , on cite comme aeitxtteS remarqnaUes, ime £atble allégorique, un écrit intitdé le Wr^
SM HISTOIRE DES PAPES. [lY. S.]
sopogon, un discours en Thonneur de Gybèle, un autre en l'honneur de Diogène, et un recueil de soixante lettres, dans lequel se trouve placée une longue épître à Themistius, que Ton r^arde comme un des traités les plus complets des devoirs du souverain envers les peuples. Cette dernière composition est sans contredit la mieux pensée et la plus élevée comme style. Son livre des Césars forme un complément nécessaire à l'histoire critique de l'empire romain ; Julien y Gcmdamne avec finesse les mystères du christianisme, et blâme Constantin et ses descendants de l'intolérance qu'ils avaient montrée pour assurer le triomphe d'une religion nouvelle. Enfin» dans son indignation, l'empereur philosophe ne craint pas d'ajouter, que le plus grand malheur pour les peuples, est d'avoir confié leurs destinées aiix mains des prêtres et des rois.
.Julien, en mourant, avait désigné pour son successeur Procopius son cousin; mais les soldats vinrent offrir la couronne à Flavius Jovien de Pannonie, qui refusa d'abord cet honneur, déclarant qu étant chrétien il ne pouvait commander qu'à des hommes de sa religion. Les légions s'écrièrent qu'elles consentaient à recevoir le baptême, et il accepta l'empire. Ses premiers soins furent de conclure une paix pour trente ans avec Sapor 11^ auquel il rendit cinq provinces que Galérius avait prises, s'engageant à ne point secourir Arsace l'Arménien : ensuite il s'occupa des intérêts de la religion, rendit des décrets terribles contre les Juifs, et leur défendit d'exercer leur culte publiquement. Ce prince cassa les édits de ses prédécesseurs, rétablit saint Athanase et les éyêqnes bannis par Constance ou par Julien, fit rendre aux
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fidjdes et aux églises les biens» les honneurs, les revenus et les privilèges qui leur avaient été enlevés. t
Toutes ces belles actions méritaient certainement les honneurs de la sainteté , si dans les premiers temps du christianisme on eût été accoutumé à ces swtes d'apothéoses : le prince mourut subitement après un règne de sept mois, et
rEglise a depuis oublié de le canoniser.
Flavius Yalentinien, fils de Gratien le cordieri qui vendait des filets près de Belgrade» fut élu empereur par les soldats après la mort de Jovien : sa force était si extraordinaire^ qu'il reversait cinq des hommes les plus robustes de soit armée. Pendant son r^gne parut une loi qui permettait d'épouser deux feoomes. Ce prince mourut d'apoplexie.
Valens, son cousin, qu'il s'était associé au gouvernement» vainquit le tyran Procope» parent de Julien l'Apostat» et remporta une grande victoire sur Âthanaric» roi des Goths : mais sa fismme l'ayant entraîné à l'arianisme» il persécuta les fidèles ^ qui le firent brûler vif dans sa tente par les soldats.
Après lui» la couronne échut à Flavius Gratien» fils de Ya* lentinien I*' et de Sévéra : ce prince» élève du poète Ausone de Bordeaux» partagea l'empire avec le jeune Yalentinien ; il était généreux^ sobre et laborieux ; d'abord il fit la guerre avec succès aux Alains , aux Huns et aux Goths ; ensuite
il s'endormit dans loisiveté » abandonna à ses courtisans les affaires du gouvernement» pour se livrer sans réserve
aux plaisirs» à la chasse et aux débauches. Alors Magnus Maximus, qui voulait s'emparer de la souveraineté des lies Britanniques, profita de l'imprévoyance de Gratien et le fit assassiner.
Valentinien il ou le Jeune eut à soutenir une guerre terrible contre le tyran Maximus , cpii passa les Alpes , Tobligea de se sauver à Tbessalonique et même en Orient.
Théodose arrêta ce dangereux ennemi , lui litra sous les murs de Milan une bataille dans laquelle Maxiinus fut tué, et rétablit Valentinien sur le trône : ce prince infortuné ne jouit pas longtemps du pouvoir ; il termina misérablement ses jours à Vienne en Dauphiné » oik il fut étouffé par ses eunuques y qui le pendirent afin de laisser supposer qu'il
s'était étranglé de dévsespoir.
Valentinien et Tliéodose, pour se rattacher le clergé et pour affermir leur autorité y firent des lois qui défendaient d'offrir des sacrifices aux faux dieux, d'ouvrir les temples des païens, de conserver des idoles , ou même de brûler de TeDoeDs en l'hoiuieur des dieux pénates.
Pendant toute la durée de son règne, Théodose n'eut point d'autres pensées que celles de rendre ses sujets heureux el de faire honorer la Divinité par le cuite de la Yéritable religion. Ce prince^ élevé sur le trône par son mérite , eut le bonheur de relever l'empire lorsqu'il était près de sa cfaiM; et non-seulement il eut assez de valeur pour conquérir ses états ; mais encore , ce qui est \Aus glorieux , la fortune lui ayant livré un autre empire, il eut assez de grandeur d'ftme pour le rendre au jeune Valentinien : enfin sa vie est remplie d'actions généreuses, et ses actes de faiblesse, prenant leur source dans la bonté de son cœur, rehaussent encore Tédat de ses vertus.
[998.1 HISTOIRE D'ANASTASB I*. SMT