‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 59 sur 78 · US.} HISTOI&E DE LÉON. I · texte numérisé non relu

US.} HISTOI&E DE LÉON. I

prêtant à la yenseance de Léon, eut la faiblesse de donner un rescrit adressé au patrice Aëtius, qui commandait les troupes des Gaules, lui ordonnant de renfermer dans une prison, comme traitre et séditieux, le saint pasteur de la ville d'Aries.

Cet acte de. despotisme fiit un coup mortel pour la liberté des Églises de France, et les affaires ecclésiastiques, qui auparavant étaient jugées par les. synodes nationaux, furent portées depuis cette époque devant l'évêque de Rome.

Saint Cyrille, Fun des plus fougueux persécuteurs des novatien$« mourut le 9 juin de cette même année, après avoir gouverné trente-deux ans TÉglise d'Alexandrie : il avait désigné pour son successeur l'évêque Dioscore.

Malgré la vigilance du pape, riiérésie des priscillianistes continuait à faire en Espagne et dans les Gaules les progrès les plus surprenants.

Ces sectaires n'étaient eux-mêmes que les continuateurs des gnostiques, et au rapport de leurs ennemis, ils se subdivisaient en plusieurs fractions distinctes les unes des autres et ayant chacune des croyances particulières. Ainsi les massaliens n*accordaient aucune efficacité aux sacrements pour chasser les démons, et prétendaient que le seul moyen d'exorciser les Qdèles possédés du maliii espri t, était de les feire étemuer, gfin que les démons fassent expulsés avec Ja pituite. (< Ce qui, affir- )) fnaient-its, les mettait matériellement en possession du Saint- -Esprit et leur faisait éprouver dans toutes les parties de leur » être U même félicité que Tamou» physique faisait éprouver )) aux ffemmes. » Les sélhiens ou ophites plaçaient le serpent avant le Christ,, et Tadoraient comme ayant rendu à l'homme

le service de lai faire connaître le bien et le mal; leB adamites prêchaient la commanauté des femmes^ parce que suivant eux la pronûscuitë était la véritable communion mystique da chrétien ; les caïnites honoraient Gain comme celui qui avait appris aux hommes à travailler, et ils regardaient le meurtre d'Âbel comme une allégorie signifiant que les peuples devaient détruire les oisifs qui étaient à la charge de la société; ils vénéraient la mémoire de Judas, parce que cet ap6tre en trahissant le Christ avait sauvé le genre humain de la damnation étemelle. Us croyaient que chaque péché avait un ange qui présidait à son accomplissement , et ils détestaient les hommes chastes comme des êtres sans force ni énergie ; enfin ils invoquaient dans leurs prières les habitants de Sodome, de Gomorrhe, et tous les Hébreux de T Anci^i Testament qui s'étaient signalés par leurs impiétés.

Malgré leur haine pour les vertus mystiques, par une contradiction singulière, ils avaient en horreur la matière : ainsi ils défloraient les jeunes filles et honoraient la stérilité ; à leurs yeux c'était un si grand crime de procréer des enfants, que les femmes qui devenaient enceintes étaient traitées avec la dernière rigueur. Ils justifiaient leur sévérité par l'exemple de Dieu, qui avait précipité du ciel le prophète £lie sur l'accusation d'un démon femelle qui avait recueilli les pertes nocturnes de ce saint homme pour engendrer à son insu des (ils et des filles.

Parmi ces hérétiques, les uns poussaient si loin Thorreur des relations chamelles avec les femmesi que saint Epipbane affirme que les encratites se polluaient eux-mêmes et avalaient la liqueur srininnle; il en cite d'autres qu'il appelle

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borboriens ou fiudgaix^ qui vivaient entre eux dms le liber^ tinage le plus efirénë. Saint Ëpiphane accase encore les adamiais on adamites de s'assembler honunes et fennnes dans les églises, d'assister anx sermons, de pria* et de participer anx sacremente entièrement nns; il dit qn'afNrès avoir terminé leuré repas mystiques, ils se livraient à d'horribles embrassemenis; que des lévites recueillaient la liqueur séminale de rhomme et le sang menstruel de la femme, et qa'a{Nrès les avoir mêlés dans le calice, ils donnaient la communion avec cet affreux breuvage, qui était y suivant eux , la véritable eudiaristie , composée avec les éléments de la vie, et représentant réellement le corps et le sang de Jésns- Christ.

Quelque grande que soit la confiance des prêtres dans les assertions des Pères de TËglise , ceux d'entre les ecclésiasti^ ques qui ont écrit sur cette hérésie n'ont pu s'empêcher de révoquer en doute l'exactitude des relations de saintËpiphane sur les différentes sectes de prisdllianistes on gnostiques; et s'ils ne l'accusent point d'avoir voulu les calomnier pour augmenter le nombre de leurs ennemis, au moins ils lui reprochant de s'être montré trop crédule, en adoptant les £d>les populaires inventées contre eux par l'ignorance ou par la haine. Saint Irénée et saint Clément d'Alexandrie refusaient eux-mêmes de croire à ces turpitudes, et les accusaient seulement d'une affectation trop grande de pureté et de chasteté*

Les moines , instruments dociles du fanatisme de Léon, après avoir porté devant le préfet Êvode des accusations atroces contre le vénérable Prisdliien, demandèrent qu'il

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