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mSTOIRE DES F>m. [tt&]
ttt renferme dans vb de leurs cachots et soimîs am plus terribles épreuves.
Le midhenreux hérétique fet d'abord attadié avec des cmdes et des chaînes ; ensuite on prfttre commença l'intarogatoire :
d Abjmre tes erreurs, Prisdlli^i^ sôuaiets*toi an sonverain » pontife de Rome. »
Le patient refosant de répondre, les bourroanx firent era* qner ses jambes sous les efforts des chaînes, et plong^ent ses deux pieds dans un brasier ardent.
« Abjure tes erreurs, PHsciltmi, et glorifie Léon, le Père w cws ncKxeSft n
PrisoilUen, pendant ces horribles souffrances, adressait i Dieu ses prières, et refusait toujours de glorifier le pape.
Alors le moine chargé de rexéeution donna rwdre aux bourreaux de commencer*le supplice : on lui arracha les cbe- ^ux et la peau du crâne, on h^\k avec un fer rouge toutes ks parties de son ccxrps, on fit tomber sur ses blessures de l'huile bouillante et du pkHnb fondu; enfin cm plon^ dans ses entraiUes une fourche rougie au feu, et ce martyr expira après deux heures de souffirances effroyables*
Léon fit ensuite poursuivre les débris de la secte et les abandcmna à la haine im^cable des prêtres. Lenr vengeance n'étant point encore satisfeite par la condanmation ^e Priscil- Keh. as abusèrent biastAt deWr crédit et de la fiiveur de la cour en persécutant les gens de l»en : c était assez pour être suspect de jeûner et d'aimer la retraite^ et le plus grand des crimes alcMrs fut d^ètre sage et homoré. Les citoyens qui avaient dépb au dergc étaient accusés de priscillianisme, siir^ to«t qnand leur laort pouvait être agréable au prince, ou lors*
[IML] mSTOIRB DE LEON K
qneleiirs richesses devaient remplir les trésors du saint*père.
Saint Martin, évêque de Tours, condamna hautement l'intolérance du pontife, qui, sous le manteau de la religion, cherchait A satisfaire son ambition et son avarice, en sacrifiant le rçpos des peuples : dans les premiers temps il refusa même de communiquer avec les évéques d'Espagne qui avaient exécuté les ordres de Léon ; mais dans la suite» hûrgué de leurs obsessions, il ^ laissa extorquer un acte de communion avec eux. Il en fut très^afSigé pendant le reste de sa vie, et resta persuadé que cette action avait empêché que la grâce des miracles se ttt sentir en sa personne.
Le pape non-seulement osa se glorifier d^avou* ordonné le
supplice de PriscîDien, mais encore il écrivit à Maxime pour
hii demander son appui, afin d'étendre les massacres sur
toutes les provinces de l'empire ; il s'exprimait en ces termes :
ce Seigneur, la rigueur et fa sévérité de votre justice contre cet
» hérétique et contre ses disciples ont été d'un grand secours
» à la clém^ice de TÉglise. Nous nous contentions autrefois
i> de la douceur du jugement que les évéques portaient selon
» les canons, et nous ne voulions point de sanglantes exécu-
D tions; aujourd'hui nous avons reconnu qu'il était nécessaire
j» d'être aidé et bien soutenu par les sévères constitutions des
» empereurs ; car la crainte d'un supplice rigooreux fait sou-
Y) vent recourir les hérétiques au remède spirituel, qui peut
» guérir les âmes de la maladie mortelle, par une véritable
)) conversion... »
Ce pape impie, s'écartant ainsi des préceptes de tolérance du christianisme, prétendait extirper les hérésies par les voies les plus violentes.
a&h HISTOIRE DES PAPES. [U8.]
Bientôt Taffaire d'Eutychès vint donner au çionde de nonvelles preuves de la cruauté de Léon, et montrer le spectacle ridicule d'une prétendue iiérésie^ contre, laquelle TOriiQDt et l'Occident se soulevaient^ sans connattre les dogmes qui avaient pu encourir les anathèmes du saint-siége.
Eutychès, prêtre et abbé d'un grand couvent de trois cents moines près de Gonstantinople, avait écrit au pape pour le prévenir que le nestorianisme reprenait de nouvelles forces par la protection que lui accordait le patriarche Flavien. Léon approuva son zèle, et Tencouragea à poursuivre les hérétiques. Domnus d'Antioche écrivit à son tour à Tempereur Théodose, et accusa Eutychès de renouveler l'hérésie d' Apollinaire^ en prétendant que la divinité du fils de Dieu et son humanité n'étaient qu'une seule nature, et en attri- ^buant les soutfrances à la divinité. Cette hérésie était fondée sur les conséquences que l'on tirait des termes d'Eutychès, qui ne difiTéraient des opinions orthodoxes que dans la manière de les interpréter. Il reconnaissait en effet deux natures en Jésus-Christ, mais il prétendait mieux expliquer le mystère de l'incarnation en disant qu'il existait une seule nature, parce que Jésus^hrist était tout à la fois Dieu et homme. Ceux qui se déclarèrent c(Hitre œ sentiment parlaient de ces deux natures comme si elles étaient séparées, et le prétendu hérésiarque fut condamné et persécuté parce qu'on ne l'entendait pas) ou parce qu'on refusait de le comprendre.
Les prélats orientaux s'assemblèrent en concile à Constantinople pour juger Eutychès^ et ils prononcèrent une sentence d'excommunication qui li' inspire pas un grand respect pour les lumières des Pères qui composaient le synode.
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Celui-ci se Toyant iiqustement condamné, écrivit au pape : « Je » TOUS prie, très-saint Père, de prononcer sur la foi, et de ne » point permettre que l'on exécute le décret qui a été ordonné » contre moi par cabale : prenez pitié d'un vieillard qui a » vécu soixante-dix ans dans la continence^ dans les exer- » cices de piété^ et qu'on chasse de sa retraite. » L empereul* Théodose, qui &Torisait Eutydiès, écrivit en même temps au pontife sur les troubles qui agitaient TËglise de Constan* tinople.
Ces lettres, cftai flattaient l'ambition de Léon, alors en .
dissidence avec Flavien de Constantinople, suffirent pour
rengager à prendre la défisse d'Eutychès; aussi il écrivit
à Flavien : « Je m'étonne, mon frère, que vous ne m'ayez
» rien écrit du scandale qui trouble FËglise et que vous ti'ayez^
» pas été le premier à m'en instruire; nous avons lu l'exposé
» de la doctrine d'Eutychès, et nous ne voyons pas pour quel
)) motif vous Tavez séparé de la communion des fidèles ; ce-
)) pendant, conune nous désirons apporter de l'impartialité
» dans nos jugements, nous ne prendrons aucune décision
1 sans connaître parfaitement les raisons alliées j)ar les
» deux partis. Envoyez-nous donc une relation de tout ce
(» qui s'est passé, et apprenez-nous quelle nouvelle erreur
D s'est élevée contre la foi, afin que nous puissions, d'après
)) les volontés de l'empereur, éteindre la division.: et nous y
» parviendrons facilement, puisque le prêtre Eutychès a dé-
D claré que si nous trouvions dans sa doctrine quelque chose
» de répréhensible, il était prêt à le corriger. »
Quelques jours après la réception des lettres du pape, on tint à Gonstantinople un nouveau concile pour la révision
SM HISTOIRE DES PAPES. lU&l
du premier jugement. L'empereur voulut que le patrice Florentin le représentât dans cette assemUée, pour empêcher que la haine des thédlogiœs n'opprimât rînaocence ; comme il reconnut que ses fMrécautions étaient impuissantes, il transféra le concile à Ëphèse.
Le pape et Flavien de Constantinople^ qui s'étai^oit réconciliés, dans l'intérêt de leurs sièges respectif, craignant de perdre leur influence sur les Pères, employèrent leurs efforts pour engager l'empereur à contremanderses derniers ordres; mais toutes leurs démarches furent inutiles. Léon, invité à se rendre à Ephèse, se contwta d'envoyer ses l^ts, Jules, évêque de Pouzxole, Réné^ prêtre dû titre de Sainte* Clément^ Ililarius^ diacre^ et Dûlcitius^ notaire.
Lorsque tous les Pères convoqués par l'empereur fiurent réunis à Ephèse, on déclara l'ouverture du concile pour le 8 du mois d'août. Dioscore, successeur de saint Cyrille dans le gouvernement de l'Eglise d'Alexandrie, fut nommé président de l'assemblée. La sentence de déposition prononcée contre Eutychès dans le concile de Gonstantinople fut déclarée nulle par les Pères ; on rétablit le vénérable abbé à la tète de son monastère, et Ion rendit une entière justice à la pureté de sa foi et à la sainteté de ses mœurs. Ses accusateurs, Flavien et Eusèbe, évêque de Dorylée, furent condamnés et déposés, malgré l'opposition d'Hilarius, ' diacre de l'Eglise romaine, qui parlait au nom du pape, et malgré les réclamations de plusiîeurs évéques qui faisaient paraître un grand attachement pour les intérêts de Flavien.
Après le concile, Dioscore prononça même une sentence d'excommunication contre le pdpe Léon pour le puiùr de son
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orgueil et de son despotisme. L'empereur Théodose confirma par un édit le second concile d'Ephèse, et défendit de donner de nouTeaux sièges aux évéques qui soutiendraient l'hérésie de Nestorius et de Flavien.
Dans l'intervalle; Léon reçut une lettre des évoques de la province de Yienj^e, qui lui apprenaient Télection de Ravennius à l'évêché d'Arles, ce qm montre que Ton n'attendait pas le consentement du saint-père pour consacrer un évéque, et qu'on lui faisait part des élections dans le seul but d'entretenir les liens de l'union fraternelle.
Le pape ignorait toujours ce qui se passait en Orient, d'où il n'avait pas encore reçu de nouvelles ; il écrivit alort à Flavien pour lui témoigner son inquiétude. Quelque temps après, le diacre Hilarius étant de retour à Rome, instruisit le saint-père des outrages sanglants qui avaient été &its à son siège- par le concile d'Ëphèse. Léon, transporté de colère, convoqua aussitôt en synode les évéques d*Italie, et à son tour il Gt excommunier les Pères d'Ephèse ; ensuite il écrivît plusieurs lettres synodales contre Eutychès, et demanda instamment à l'empereur l'autorisation de présider un concile universel .
Après la mort de Théodose, llimpératrice Pulchérie se^ coudant le pontife dans la vengeance qu'il voulait tirer d'Eu-* tychès et de aes amis, ordonna au patriarche Anatolius, qui avait été mis sur le siège de Gonstantinople pour remplacée Flavien, d'embrasser le parti de Rome, et de mériter l'affection du pape, s'fl voulait conserver son évéché. Anatolius, intimidé par cette menaa^, assembla un concile où il invita les légats du pontife pour donner oonnaissance de la fameuse
sas HISTOIRE DES PAPES. \Va.]
lettre de saint Léon à Flavien : les Pères du jEionvean concile déclarèrent qu'ils Tapprouvaient dans tout son contenu ; ensuite Anatolius prononça anathème contre Nestorius et Eutychès, condamna leur doctrine» et par ce jugement inique mérita d'être reconnu évêque légitime de Gonstantinople.
Les affaires politiques étaient dans un ^état aussi déplorable que celles de TEglise. Le * redoutable Attila, roi des Huns y après avoir réduit en' cendres la ville d'Âquilée» et ravagé toutes Jes campagnes qui se trouvaient sur son passage, Élisait trembler toute lltalie. Pavie même et Milan, ces deux grandes villes, n'avaient pu résister à l'effort de ses armes victorieuses et . étaient devenues le théâtre affreux de tous les désordres de la guerre.
Ces nouvelles désastreuses causèrent à Rome la plus grande consternation ; le sénat s'assembla pour délibérer si l'empereur quitterait l'Italie, puisqu'il paraissait impossible de défendre la capitale contre le déluge de barbares qui semblaient avoir inondé l'empire. Dans cette extrémité, on résolut d'essayer la voie des négociations^ et l'on envoya auprès d'Attila^ une pompeuse ambassade ayant à ^ tête le pape Léon, dont on connaissait l'éloquence persuasive. Le pontife sortit de la ville avec un cortège imposant, pour aller à la rencontre de cet ennemi redoutable ; et quand il fut près de la tente d' Attila, il fit entonner les chants solennels de l'Eglise, et se pi^osterna humblement devant la majesté du chef barbare ; ensuite les conférences commencèrent. Les'chroniques racontent que le roi des Huns fut tellement frappé de cet étrange spectacle, qu'il se soumit à tout ce que lui demanda Léon, conune à des ordres y^nus du ciel ; qu'il con-
sentit à la paix et se reiira avec ses armées au delà du Danube. Plusieurs historiens ajoutent même que les capitaines huns ayant exprimé ouvertementleur mépris pour leur prince, qui avait honoré le pape jusqu'à lui obéir comme un esclave , celui-ci, pour se justifier, affirma qu'il avait vu en songe un vieillard vénérable tenant une épée nue, dont il menaçait de le tuer s'il ne se conformait aux ordres de Léon.
Ce conte se trouvait -autrefois dans le Bréviaire de Paris ; depuis le dix-septième siècle, un de nos plus savants archevêques l'a fait supprimer^ ainsi que les fables grossières qu'il renfermait. Le véritable motif de la retraite d'Attila fut le désir de posséder l'or que le pape fit briller à ses yeux ; faute impardonnable pour un conquérant à la tête de troupes victorieuses, et surtout pour un Attila, le fléau de Dieu, l'ennemi du genre humain, dont le regard inspirait la terreur aux plus braves, et dont le nom faisait trembler les nations.
Léon, qui avait désarmé l'invincible roi des Huns, ne put cependant soumettre Anatolius, patriarche de Constantinople, qui, n'ayant plus de ménagement à garder envoies lui, voulait étendre sa domination sur l'Eglise d'Orient, et imitait le pape, qui'déjà faisait peser son autorité sur l'Eglise d'Occident.
Pour humilier l'évêque de Rome, Anatolius ^favorisait les partisans d'Eutychès, de Dioscore, et repoussait les amis du saint-père; celui-ci s'en plaignit à l'empereur Marcien et à rimpératrice Pulchérie ; mais l'empereur, qui désirait maintenir la paix dans l'Eglise,, refusa de donner satisfaction à aucun des deux partis, et les contraignit au simulacre d'une réconciliation officielle.
L'année suivante, le pape fut chargé d'une mission im-
830 HISTOIRE DKS PAPES. iVSft.]
portante qui eut un déplorable résultat, et dans laqadle son âoquence ne produisit pas un second miracle.
L'impératrice Eudoxia , après la mort de Valentinien III, avait été forcée d épouser Maxime, usurpateur du trône et Fassassin de spn mari. Comme la princesse se refusait aux désirs de ce monstre, il eut la barbarie d'ordonner à ses soldats de rattacher avec des cordes et de lui arracher ses derniers vêtements, afin qu'il pût assouvir sa brutale passion. Eudoxia, outrée de cette hoiTible violence, fit demander secrètement des secours au roi des Vandales contre la tyrannie de Maxime. Genseric saisit ce prétexte, débarqua en Italie, et marcha vers Rome, .dont les portes lui fiirent oa*vertes par la trahison.
Saint Léon voyant alors son troupeau exposé à la vengeance des ariens, vint se jeter aux pieds du roi des Vandales, et le supplia d'épargner la ville sainte. Toutes ses instances échouèrent devant l'opiniâtreté de Genseric; Rome fut livrée au pillage pendant quatorze jours ; et leâ habitants eurent seulement la faculté de se retirer, eux et leurs familles, dans trois basiliques qui leur servirent d'asile, et oii il n'y eut point de saiig répandu.
Le roi retourna ensuite sur ses vaisseaux, qu'il avait chargés de butin , emmenant avec lui l'impératrice Eudoxia et ses deux filles, qu'il traita avec distinction. Ce prince* n'était pas aussi cruel que les historiens ecclésiastiques le prétendent, et les défauts qu'ils lui reprochent étaient les conséquences inévitables de la puissance suprême. Nous trouverons des actions bien plus condamnables dans la vie des monarques dont la mémoire est vénérée dans l'Eglise.
[Ua.] HISTOIBE DE LÉON I«. 331
Après k mort de 1 empereur Marcien, le parti d'Ëu^chès fit de grands efforts en Orient pour obtenir la protection de son successeur^ surnommé Macelia ; mais le pontife, qui avait aidé par ses ii^igue^ et ses cabales à le faire monter sur le trône^ se servit du crédit qu'il avait à la cour pour réprimer les ennemis de l'Eglise et maintenir l'autorité du saint-siége.
Léon s'occupa ensuite de régler plusieurs points de disdpUme au sujet des babitants de la ville d'Aquilée qui avaient été enmaenés prisonniers par Attila. Pendant leur captivitét les fîdèles.avaient mangé des viandes immondes et avaient consenti à recevoir un nouveau baptême; d'autres, à leur retour, avaient trouvé leurs femmes mariées. Nicétas, évéque d'Aquilée, ayant consulté saint Léon sur ces cas de conr science, le pape répondit par la décrétale suivante : A l'égard des feq^mes qui avaient-^ contracté de nouvelles unions, dans l'incertitude de l'existence de leurs maris, il leur ordonne de retourner avec eux, sous peine d'excommunication, et il excuse les seconds maris. H condamne à la pénitence publique ceux que la crainte ou la faim avait obligés de manger des viandes immolées, et il engage ceux qui s'étaient fait rebaptiser, à se réconcilier avec l'Eglise par l'imposition des mains de l'évèque. Dans une autre décrétale, Léon défendit aux vierges de recevoir la bénédiction solennelle et le voile avant d'avoir été éprouvées jusqu'à l'âge de quarante ans. On croit même que ce fut.à sa sollicitation que l'empereur Majorien fit .une loi contre les parents qui forçaient leurs filles à se consacrer à Dieu; la même loi blâmait sévèrement les veuves qui, n'ayant point d'enfants, renonçaient aux secondes noces par libertinage et non par vertu.
883 HISTOIEE DES PâPES. [Ml.J
L'£^is6 doit au saint-père rétablissement des quatre jeûnes solennels de Tannée, savoir : le Carême, la Pentecôte, le jeune du septième et du dixième mois. Les légendes rapportent à cette même époque l'origine des Relations, fêle qui fut célébrée pour la première fois dans le Dauphiné et qui fut adoptée, dans la suite, par les Églises de tous les pays. Mamers, évêque de Vienne, est Tii^venteur de cette pratique superstitieuse^ qui, suivant les prêtres^ a la puissance de fléchir la justice divine , d'arrêtar les- tremblements de terre, les incendies et les autres fléaux qui désolent les nations.
Les auteurs racontent également une anecdote singulière sur la coutume du baisement des pieds du pape. Une femme d'une beauté remarquable, disent-ils, avait été admise le jour de Pâques à baiser la main du pontife ; lorsqu'elle fut près de Léon, sa Sainteté sentit la révolte de la chair contre l'esprit, et souhaita de posséder la belle pénitente. Mais presque aussitôt le crime commis, le repentir entra dans son âme^ et pour se mortifier, il coupa la main qui lui avait causé ces marques de faiblesse. Cette mutilation empêchant le saintpère de célébrer la messe ^ le peuple fit entendre des mur* mures : alors Léon adressa de ferventes prières à Dieu pour obtenir la restitution de sa main, ce qui lui fut accordé sous la condition qu*il changerait la coutume de donner ses mains à baiser, et qu'il introduirait pour les pontifes l'usage de présenter leurs pieds à l'adoration des fidèles. Ainsi est raconté dans la légende le miracle de la main sanglante !
Saint Léon tint le siège vingt et un ans, et mourut en 461, le 11 avril, jour fixé pour honorer sa mémoire dans l'Eglise.
tUl.] HISTOUtS D'HUAIBE.