‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 66 sur 78 · A9ASTA9B, 52' PAPE. CLOVIS · texte numérisé non relu

A9ASTA9B, 52' PAPE. CLOVIS

roi de France.

Election d^Anastase. -« Il écrit & l'empereur pour la réunion des Églises. — Il reçoit à sa communion un partisan d'Acace. — Mauvaise foi du cardinal Baronius. — L'Église d'Alexandrie demande la communion du pape. — i La haine ecclésiastique fait rompre les négociations. — Conversion politique de Clovis, roi de France. — Mort singulière d'Anastase. — Sa modération. — Éloge de son caractère.

Après la mort de Gélase , le clergé et le peuple de Rome élurent, pour gouverna l'Église» Anastase 11^ Romain de Bâissance et fils de Pierre. Lé nouveau pontife, animé de louables intentions^ essaya d'éteindre le schisme qui séparait rOrient de l'Occident : il écrivit d'abord à Tempereur Anàs(ase« le priant de procurer la paix des Eglises, et déclarant qu'il reconnaissait la validité des ordinations faites par Acace et des baptêmes qu'il avait administrés. Cette lettre . fut aivoyée par deux évêques, qui accompagnèrent le patrice Faustus, député de Rome, se rendant à Consfantinopie pour les affaires publiques. Le pape reçut ensuite à sa communion ^ Pfaotius, diacre de Tfaessalonique , zélé partisan tl'Acace. Cet acte de tolérance excita des murmures parmi les faux dévots du clergé^ et un grand nomlure de prêtres et d'évéques •e fiéparèrettC de la communion d' Anastase»

Le cardinal Baronius et plusieurs historiens ecdësiastiques ont vonlu rendre ce ûiit douteux, en altérant la vérité ; ces adorateurs de la pourpre romaine regardent on acte de tolé-* rance comme une flétrissure pour le saint-siége , et préfèrent que la mémoire du pontife passe à la postérité chargée d'one accusation de cruauté, plutôt que d'avouer ses généreuses intentions d'aplanir les difficultés qui fomentaient un schisme interminable.

Pendant le séjour des légats à Gonstantinople, deux apocrisiaires du siège d'Alexandrie vinrent leur présenter un mémoire pour obtenir la communion du pape. Ils prétendaient que la division des deux Églises n'avait d'autre cause que la mauvaise traduction de la lettre de saint Léon à Fiavien ; et pour montrer leur orthodoxie , ils inséraient une profession de foi , où ils déclaraient recevoir les trms premiers conciles , et condamner Eutycfaèâ, comme Nestorios. Mais ils ne faisaient aucune mention du concile de Chaicédoine, et soutenaient que Dioscore, Timothée et Pierre n'avaient point eu d'autre foi que la leur. Us refusèrent constamment de rayer les noms de ces évèques, qui étaient odieux au clergé de Ilome : ce refus empêcha la réunion des Églises, et vint donner une nouvelle preuve que la hame des ; prêtres est implacable y ' et que les ministres d'un Dieu de paix ne pardonnent jamais à ceux qui s'opposent à leurs projets ambitieux !

Un événement important fixa bientôt lattention du pape et de l'Église d'Occident : Clovis, roi de France, venait de se convertir au christianisme. La cérémonie de son baptême s'accomplit h Reims, avec toute la pompe et la magnificence

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que l'habtle évêque saint Rémi crut devoir déployer aux regards étonnés des hordes qui accompagnaient son néophyte. Les rues étaient tapissées de riches tentures, Téglise était éclairée par la lueur éblouissante de plusieurs milliers de cierges parfumés, et le baptistère, rempli d'arômes^ exhalait les plus suaves odeurs; de jeunes vierges et de beaux adolescents, couronnés de fleurs, portaient les Évangiles^ la croix et les bannières , pendant que le prélat, tenant Clovis par la main, entrait dans le sanctuaire suivi de la reine Clotilde et des chefe de l'armée franque. Au moment oti saint Rémi versa l'eau sacrée sur le nouveau chrétien, il prononça ces paroles : « €ourbe la tète, fier Sicambre; désormais tu adoreras ce » que tu livrais aux flammes^ et tu brûleras ce que tu ado- )i rais. » A l'imitation des Juifs, l'évèque oignit le front de Clovis d'une huile odorante qu'on a prétendu avoir été apportée par une colombe blanche. Cette pieuse fourberie du saint chrême est due au célèbre Hincmar de Reims; il ex« posa le premier à l'adoration des fidèles la sainte ampoule , qui n était autre qu'un lacrymatoire que Ton trouve fréquemmentsur les tombeaux romains, etqui paraissaitavoir contenu le baume dont ils se servaient dans les cérémonies expiatoires pour arroser les cendres des morts. Avec Clovis furent baptisés trois mille de ses guerriers et ses sœurs Alboflède et Laudechilde.

Après la cérémonie^ le chef des Franks donna à 1 evèque de Reims plusieurs domaines situés dans les provinces de la Gaule qu'il venait de conquérir. De cet accord du roi frank et du prélat, il résulta que les cités armoricaines consentirent à se soumettre à l'autorité du nouveau chrétien, et

accrurent tellement sa force qu'il se trouva en état de cooi* battre les Bourguignons et les Yisigotbs.

Cette conversion ressemblait, pour les circonstances et les raisons politiques, à celle de Constantin ; aussi le saiat-père s empressa-t-il d'écrire à Clovis pour le féliciter de la gràoecfae Dieu lui avait accordée en Téclairant des lumières de la foi.

Les négociations du patrice Faustus étant terminées à Gonstantinople^ les légats s'engagèrent au nom du pape à souscrire à l'Hénoticon de Zenon, et reçurent de l'empereur d'Orient la promesse de la réunion des deux sièges. Mais à leur retour à Rome, ils apprirent qu'Ânastase était mort depuis le mois de mars 498, après avoir tenu le saint-siége un an et quelques mois.

Plusieurs historiens sacrés affirment que Dieu le 6t mourir subitement pour le punir d'avoir reçu Photius à sa communion ; d'autres prétendent que sa mort fut honteuse » et qu'il rendit ses entrailles pendant qu'il obéissait aux lois de la nature. Dans tous les cas^ nous repoussons les sentiments des ultramon tains qui regardent la fin de ce pontife comme un châtiment de la justice divine, car il est plus probable qu'il fut empoisonné par les prêtres dont il réprimait la fougue intolérante. Si Ànastase eût encore vécu quelques années, il eût réparé le mal que ses prédécesseurs avaient fait àJ'£gh'se par une rigueur excessive. Le pontife aimait la paix, dirigeait les affaires avec un zèle éclairé , et ses lettres sont remplies de pensées ^morales et d'applications judicieuses des passages de l'Écriture. Il fut enterré dans la basilique de Saint-Pierre.

À rès sa mort, la discorde prit sa place sur le si^ de Rome, et les luttes recommencèrent entre les fidèles.

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IIIâTÛlRE DE SYMMAQUE-

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