‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 67 sur 78 · ANASTASE · texte numérisé non relu

ANASTASE

CtOTiS,

eropereiu

GHILDEBERT,

d'Ori€iii.

rois de France,

Ambition du clergé. — Symmaque et Laurent sont élus papes. — Violentes séditions excitées dans Rome. —Jugement du roi Théodoric. — Le pape est accusé de crimes horribles. — Les vierges sacrées sont violées et égorgées. — Concile tenu à Rome pour examiner les accusations intentées contre Symmaque. — Préten-^ tions élevées par Symmaque. -— - Il se présente au concile, accompagné d'un cortège redoutable de partisans. — Il est absous sans examen. — Les sénateurs Festus et Probin font un appel au peuple contre le jugement. — Le pape assemble un nouveau concile et se fait adresser les louanges les plus servîtes par le diacre Ennodius. — Démêlés entre Symmaque et Tempereur Anastase. — Il élève la dignité de Tévêque au-dessus de celle de l'era* pereur. — Présents de Clovis à Téglise de Saint-Pierre. — Conseils aux rois. — Ëtat de TËglise d'Orient. — La haine des dévots est implacable. — Les Orientaux implorent le secours du pape. — Symmaque les repousse avec dureté. — Mort de Symmaque. — Son caractère.

L'tffreiise confasion des affaires politiques et les calamités publiques n'arrêtèrent point Tambition da clergé^ tsmt cette passion est ardeitte chez les gens d'église !

Déjà les prêtres ne pouvaient parvenir au sonvenin poa«

tificat que par les brigues, par laudace ou par Targent! Pour s'emparer de la tiare, ils faisaient périr les pontifes régnants, ou les empoisonnaient eux-mêmes, quand ils étaient attachés à leur personne! Enfin, pour arriver à leur but, ils ne craignaient point d'employer les fourberies, les embûches, les trahisons et le parjure !

Après Ânastase, éclata un schisme dont l'auteur était le patrice Festus : ce généreux citoyen, qui était animé de Tesprit du bien public, voulut rétablir la paix entre les Ëgiises d'Orient et d'Occident, et fit élire évéque de Rome l'ai'chiprêtre Laurent, qui s'était engagé à souscrire à THénoticon de Zenon ; malheureusement la plus grande partie du clergé se déclara contre son protégé^ et chobit le diacre Symmaque^ fils de Fortunat, né en Sardaigne.

Tous deux furent ordonnés papes le même jour : Symmaque dans la basilique de Constantinople, Laurent dans celle de Sainte-Marie ; le sénat et le peuple prirent parti selon leurs caprices ou leurs intérêts , et il en résulta une violente sédition, pendant laquelle on exerça dans Rome toutes les horreurs d'une guerre civile et religieuse.

Pour mettre fin au schisme , les citoyens notables obligèrent les deux concurrents à se rendre à Ravénne pour subir le jugement du roi Théodoric.

Le prince décida que le saint-siége devait appartenir à celui qui avait été ordonné le premier, et après les informations, il se trouva que le jugement élevait Symmaque au pontificat et donnait l'exclusion à Laurent. Les premiers soins du nouveau pape furent dé remédier aux maux de l'Ëglise : il assem* bla un concile de soixante-douze évêques , qui tinrent leur

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première s^nce le premier jour de mars de l'année 4d9, et il leur proposa de chercher les moyens de prévenir les brigues des évèques et les tumultes populaires qui avaient lieu lors de lordination des pontifes.

Après les acclamations plusieurs fois répétées, il Ct lire par le notaire Emilien les décrets rendus par les Pères. Le premier était ainsi conçu : a Si quelque prêtre, diacre » ou clerc, du vivant du pape, et sans sa participation, )) ose donner sa souscription, promettre son suffrage par }) billet ou par serment, ou délibérer sur ce sujet dans » des assemblées^ qu'il soit déposé ou excommunié ! » — Le second : « Si le pape meurt subitement, sans avoir pourvu à • )) l'élection de son successeur, celui qui aura les suffrages de .. » tout le clergé, ou du plus grand nombre, sera seul légiti- )) moment consacré évéque. « — Le troisième : « Si quel- » qu'un découvre les brigues que nous venons de condamner » et les prouYC, non-seulement il sera absous s'il est com- » plice, mais encore récompensé magnifiquement ! »

Le concile témoigna son consentement par de nouvelles ac« clamations : le pape et soixante -douze évêques souscrivirent ainsi que soixante-sept prêtres, dontlépremierétai tCelius Laurent, archiprêtre du titre de Sainte-Praxède, le même qui avait été élu antipape, et qui dans la suite obtint 1 evêché de Nocéra .

Mais les amis du schismatique Laurent, les sénateurs Festus et Probin, refusèrent de reconnaître le nouveau pontife, Paccusant de crimes horribles et offrant d'envoyer des témoins à Ra venue, au roi Théodoric.

Les désordres continuaient toujours à Rome : on pillait les maisons; on tuait les citoyens, sous prétexte de religion e

aea histoire des papes. [soo.j

pout* faire triompher la cause de TÉglise ; enfin les vîei^es sacrées elles-mêmes étaient violées et égorgées !

A la faveur de cette confusion, Laurent fut rappelé dans la ville ; et sa présence augmentant la fureur des deux parlis, on fut encore obligé d'avoir recours au roi Théodoric : Festus et Probin supplièrent le prince d'envoyer auprès d'eux un évêque visiteur, comme si le saint-siége eût été vacant.

Théodoric chargea Pierre, évêque d'Altino, de cette importante mission , avec ordre, quand il serait à Rome» de se rendre d'abord à la basilique de Saint-Pierre, pour saluer le pape Symmaque, et pour lui demander les accusateurs produits contre lui, aiin qu*ils fussent interrogés par les prélats, mais sans être appliqués à la question. L'évêque d'Allino n'observa point ses instructions, il refusa de voir le pontife et se joignit aux schismatiqucs : les catholiques, indignés de la conduite de l'évêque visiteur, voulurent chasser Pierre de la ville, regardant sa nomination comme une violation des canons de TEgllse.

Alors le prince, obligé de venir lui-même à Rome pour rétablir la tranquillité, ordonna la convocation d'un concile aGn d'examiner les accusations intentées contre Symmaque.

D'après ses ordres, les évêques des diverses provinces de l'empire se rendirent dans la capitale de l'Italie. Mais quelques-uns, excités par Symmaque, osèrent adresser des remontrances au monarque; ils l'accusèrent d'avoir troublé Tordre de la discipline ecclésiastique en faisant assembler les évêques ; ils lui représentèrent que le pape seul avait le pouvoir de convoquer les conciles, par sa primauté de jurîdîc-

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