SOI.] HISTOIRE DE SYMMAQUE
ti(m, transmise par saint Pierre et reconnue par Fauto-rite des Pères de TEglise; enfin qu'il était sans exemple qu'un pontife eût été soumis au jugement de ses infé-
rieurs!
Déjà la tyrannie du clergé pesait sur les peuples et siir les rois ; et Théodoric^ par sa faiblesse» rendit plus ibnnidable encore la puissance des évéqués de Rome.
Les évéques d'Italie, assemblés en ooneile dans la basilique de Jules, s'abstinrent de visiter Symmaque trop ou- Yertement, pour ne pas se rendre suspects ; mais ils firent toujours mention de lui dans leurs prières publiques, pour montrer qu'ils étaient en sa communion. Le pape demanda aux Pères que Ton fît retirer Févêque visiteur, appelé, contre les règlements, par une partie du clergé et par les notables, et qu'on lui restituât tous les trésors qu'il avait perdus. Théodoric repoussa ses demandes, ordonnant que Symmaque répondrait avant tout à ses accusateurs, et il fit transférer le concile dans la basilique du palais de Sessorius.
Plusieurs prélats, dans l'intérêt de la justice, proposèrent de recevoir le libelle des accusateurs ; mais leur opinion fut rejetée comme attentatoire à la dignité du saint-siége, et sous prétexte qu'il s'y trouvait deux défauts essentiels. Symmaque, rassuré sur les dispositions des prélats qu'il avait gagnés à sa cause par des promesses ou par de Targent, se rendit au concile, suivi d'une foule nombreuse de ses partisans. Alors les ennemis du pape , désespérant d'obtenir un jugemrat équitable, et rendus furieux par son attitude audacieuse, attaquèrent le cortège, lancèrent une grêle de pierres sur les prêtres qui l'accompagnaient, et les auraient massacrés, si le
Mk HISTOIRE DES PAPES. [SOt.]
tumulte n eût été arrêté par les troupes du roi» qui chargèrent les rebelles. Les partisans de Symmaque, usant à leur tour de représailles , se répandirent dans la ville , forcèrent les portes des couvents, massacrèrent les prêtres et les moines, arrachèrent de leurs retraites les vierges sacrées, les promenèrent dans les rues, dépouillées de leurs vêtements, entièrement nues, et les frappant de verges.
Le saint-père fut ensuite cité quatre fois à comparaître devant le concile ; mais il s'en excusa sur les dangers auxquels il s'exposerait en quittant l'église de Saint-Pierre , où il s'était réfugié ; et les Pères déclarèrent qu'ils ne pouvaient condamner un absent, ni juger comme contumace un homme qui avait voulu se présenter devant leur tribunal.
Ainsi fut déclaré innocent de l'accusation d*adultère, ce pape qui avait osé se rendre dans le concile avec un cortège redoutable, composé de séditieux qui avaient déjà commis tant de violences et tant de meurtres. Cet exécrable jugement, rendu par des prêtres orgueilleux de leur puissance, était conçu en ces termes : « Nous déclarons Symmaque déchargé » des accusations intentées contre lui, laissant le tout au ju- )) gement de Dieu.
» Nous ordonnons qu'il administrera les divins mystères » dans toutes les églises qui dépendent de son siège, et nous » lui rendons, en vertu des ordres du prince, qui nous en )) donne le pouvoir^ tout ce qui appartient à l'Eglise^ au » dedans ou au dehors de Rome. Nous exhortons tous les » fidèles à recevoir de lui la sainte communion , sous peine » d'en rendre compte au jugement de Dieu.
» Quant aux clercs qui ont fait schisme, en donnant satis-