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SIXIÈME SIÈCLE

HORHISDAS,

ANASTASB, CHItDBBERT,

JUSTIN, 5V PAPE. roi

empereurs d'Orient. de France. ^

Tableau des malheurs de TËglise. — Les prêtres exciteot des séditions. -^ Martyre de saint Protère par ses diocésains. — Son cadafre est mutilé d'une manière honteuse. — Les cannibales déchirent ses entrailles et mangent son cœur. — Désordres à Antioche. — Les catholiques égorgent un nombre prodigieux de moines. — Leur sang fait déborder l'Oronte, et les cadavres arrêtent le cours du fleuTO. — Révolte de Sabas. — Excès commis à Constantinople. — L'empereur écrit au pape pour la convocation d'un concile. — Réponse du pape. — Prétentions d'Hormisdas. — Les légats sont reçus avec de grands honneurs» — L'empereur refuse la condamnation d' Acace. — Seconde légation à Constantinople. — Le pape exige des évêques un anatbème contre Açace. — L'empereur renvoie les Pères sans assembler le concile. — Requête des moines de Syrie. — L'empereuTi Anastase est tué par la foudre. — Règne de Justin, prince ignorant et catholique. — Les orthodoxes poursuivent à outrance les malheureux hérétiques. — Réunion des deux Églises de Constantinople et de Rome. — Dorothée, évèque de Tbessalonique, s'oppose à la réunion. — Les légats du pape sont maltraités. — Hormisdas

condamne la doctrine des moines de Scythie. — Fameuse contro- I. 35

m HISTOIRE OSS PAPSS mk.\

verse. — Les moines sont chassés de Rome. — • Dorothée est arrêté , ensuite remis eo liberté malgré ToppositioD des légats du pape. — Mort d'Hormiadaa. — Son eaiactirt»

Ayant de parler du successeur de Symmaque , il est nécessaire de tracer le tableau do l'état déplorable de l'Église au commencement du sixième siècle. Le Père Louis DoQcinnooa en a laissé une description si touchante et si conforme à la vérité , qu'on ne saurait la considérer sans être pénétré de la plus vive compassion pour les malheureux peuples soumis au despotisme des empereurs ou à la domination des prêtres. Les hommes sages avaient échoué dans toutes leurs tentatives de pacifier TËglise, et leurs conseils n avaient fait qu'irriter les passions du clergé. Les villes étaient constamment troublées par de sanglantes séditions, et les prélats^ loin de les apaiser^ souvent même les excitaient; partout on entendait parler de meurtres et de sacrilèges commis dans les lieux saints; et les capitales des provinces étaient devenues les théâtres des cruautés les plus horribles.

Les massacres commencèrent dans la ville d'Alexandrie; on égorgea le saint martyr Protère,. évêque» dans son église même et uniquement en haine du concile de €halcédoine.

G^ vénérable vieillard, assiégé dans sa maison par une troupe de furieux, fut obligé de se sauver dans une chapelle attenant à la métropole ; mais ni la majesté du lieu, ni la solennité du jour» qui était le jeudi saint» ne purent le garantir de la rage de ses ennemis; il fut assassiné sur les fonts bap-

ipiiw] HUToms DHomasDAs. asx

tismau» et son sang rougit les marches da sanctuaire^

Ces cannibales mutilèrent ensuite son corps d*une manière infâme » déchirèrent ses entrailles, mangèrent son cœur, traînèrent dans les rues ses restes informes^ en les frappant à coups de bâton. Et comme le fanatisme^ excité par layindicte ' des prêtres» ne met point de bornes à ses vengeances^ les iam* beaux de chair du martyr furent pendus à un gibet , et Ton célébra ses horribles funérailles sur un bûcher.

Antioche fut déshonorée par de semblables exécutions» et quatre patriarches orthodoxes furent massacrés pendant les séditions» Les hérétiques n étaient pas les seuls auteurs da ces atrocités; les catholiques exerçaient les mêmes Tio-» lenceSt et de leur c6té ne conservaient aucune mesure dana leurs vengeances ; sous prétexte de rassembler un synode pour discuter sur les affaires religieuses , ils attirèrent dans la ville un nombre considérable de moines eutychiens » « et » làf comme sur un champ de bataille, on défendit la reli* )) gion en massacrant tous les hérétiques. Le sang qui fut )) répandu dans cette fatale journée iit regorger TOronte , et » les cadavres arrêtèrent le cours du fleuve pendant plusieurs )) jours, a^

A Jérusalem, le femeux Sabas^ évèque catholique^ emporté par le Êmatisme religieux, avait rassemblé dans le désiert plut de quatre mille Arabes , et à leur tète il attaquait les troupes de l'empereur» les mettait en déroute, et faisait triompher la religion non par la force des anathèmes ou des miracles, mais par la terreur qu'inspiraient ses bandits.

Le dei^é s'était rendu encore plus terrible à Gonstantt* nople; la majesté du trône ne fut pas même épaifpiée; 1m

prêtres accablèrent d'outrages le malheureux empereur Anastase ; ils poignardèrent presque sous ses yeux ses meilleurs amis, massacrèrent une religieuse qu'ils accusaient de lui donner des conseils; arrachèrent de sa retraite un pauvre ermite, et après l'avoir égorgé ils promenèrent sa tète dans la ville au bout d'une lance , en criant : « Voilà le con- )) Gdent de celui qui a déclaré la guerre à l'adorable Trinité ! » Ainsi périssent tous les blasphémateurs des trois divines )) personnes ! »

Ensuite ils s'emparèrent des portes de Gonstantinople , et formant un camp au milieu de la ville ^ ils organisèrent des troupes d'assassins pour égorger ceux qui étaient suspects d'hérésie » poiir brûler leurs maisons et détruire les statues de l'empereur. Les sénateurs envoyés par le prince pour calmer cette multitude irritée furent chassés à coups de pierres, et Anastase lui-même fut assiégé dans son palais par une espèce d*armée de moines » de prêtres et de dévots^ marchant en ordre de procession avec la croix et le livre des Évangiles. Le monarque effrayé ne parvint à sauver sa vie de la fureur de ces insensés que par les plus honteuses soumissions.

Les prêtres voudraient sans doute anéantir la mémoire de ces horribles cruautés; mais Dieu a permis que le triste souvenir en passât jusqu'à nous, pour apprendre aux nations qu'elles doivent réprimer sévèrement l'ambition du clei^é !

Chaque jour Tautorité des papes s'affermissait par les désordres mêmes, ou par les complaisances des empereurs, qui, éloignés de l'ancienne capitale, montraient une soumission extrême aux pontifes , afin de retenir les peuples sous leur despotisme.

pi».] mSTOIRE D'HORMISDAS. 389

Les barbares qui avaient envahi les provinces de l'empire recherchaient également ramitié de Févêque de Rome. Alors le saint-père flattait l'ambition des princes rivaux, et vendait son alliance aux deux partis. De leur côté, les hérétiques , semblables à de mauvaises herbes et à des plantes maudites bannies et arrachées tantôt de TAfrique et tantôt de TOrient, avaient encore recours au saint-siége, et lui adressaient leurs appels. Et toutes les plaintes comme toutes les alliances étaient favorablement accueillies^ pourvu qu'elles favorisassent l'orgueilleux projet de la monarchie universelle des pontifes de Rome.

Enfin ^ à cette époque, la politique des papes les avait rendus les dispensateurs de toutes les grâces ; il n'existait pas un seul évèque qui ne recherchât Tamitié du saint-père pour les intérêts de son diocèse ou pour ceux de sa gloire personnelle. Les pontifes profitèrent habilement de toutes les circonstances ; si on les consultait, ils se faisaient adresser de très-humbles requêtes ; s'ils donnaient eux-mêmes des avis, ils les Élisaient passer pour des conunandements ; enfin si des prélats les nommaient arbitres dans leurs différends , leur arbitrage se changeait aussitôt en jugement.

Telle était la position de l'Église à l'entrée du sixième siècle ! nous devons ajouter que les fidèles étaient divisés au sujet d'un concile qu'on accusait principalement d'avoir approuvé Tépître d'Ibas , la foi de Théodore et les écrits de Théodoret.

Ce fut au milieu de ces désordres , si funestes à l'Eglise et si avantageux au saint-si^e, que l'on élut à Rome, pour remplacer Symmaque^ Gélius Hormisdas , fils de Juste> natif

SM ffiSTOmi DES PAPBS. [W^]

de la petite ville de Fnisilone dans la Gampini^ Son élection fut aussi paisible que celle de son prédécesseur avait été tumultueuse; toutes les voix se réunirent en sa faveur» et on n'entendit plus parler du schisme des iaurentîniens : l'habileté politique d'Hormisdas contribua beaucoup à cet heureux événement.

Cassiodore » qui était alors consul» félicita le roi Théodoric de cette réunion du clergé et du peuple fidèle de Rome , et s'en félicita lui-même comme du plus grand bonheur qui pût illustrer son consulat, et comme une preuve incontestable de la douceur du gouvernement de son prince.

Mais dans tout l'Orient le fanatisme était changé en véritable frénésie : la religion» qui sert toujours de prétexte aux ambitieux» couvrit aux yeux des catholiques la révolta cri* minelle de Yitulien, général de la cavalerie de l'empereur. Ce sujet rebelle s'avança jusqu'aux portes de Gonstanttnople» contraignit Ânastase à lui demander la paix> lui impoaant pour condition de donner aux orthodoxes tous les biens des hérétiques , et d'assembler un concile pour les excommunier f

Le prince » pour accomplir la promesse qu'il avait faite i écrivit à Hormisdas, le suppliant de travailler avec lui à pacifier les troubles et à réunir les Églises d'Orient et d'Occident, rejetant sur la dureté des papes» ses prédécesseurs, tous les désordres qui désolaient ses états. Le saint-père répondit à l'empereur par de stériles félicitations : a Je suis ravi| » seigneur, de vous voir dans des sentiments aussi favorables» » et je remercie Dieu qui vous a inspiré de rompre le silence. » Je me réjouis de l'espérance de voir l'Église de Jésus-Christ i> en paix et en union ; mais je ne pourrai vous écrire pk»

(jUB.] BBTOIRE U'HORHBOAS. WH

D amplement qu'après avoir été informe du motif de la con- D Tocation du concile. »

L'évêque de Thessalonique adressa également une longue épître au pape pour Texhorter à travailler à la gloire de la religion » lui témoignant qu'il consentirait sous cette condition à condamner les hérétiques, et à reconnaître au saintsiège un droit de souveraineté sur les autres prélats. Le pontife approuva son zèle, et lui promit de contribuer de son côté à la réunion des Églises, sans répondre toutefois d'une manière positive aux observations de Tévêque*

Enfin lempereur, fatigué des lenteurs apportées par Hormisdasy lui envoya une nouvelle lettre indiquant que le concile devait s'assembler dans la ville d'Héraclée» et l'invitant à s y rendre le 1*' juillet de la môme année. Yitalien avait adressé ses ambassadeurs au saint-père pour le môme objet, et le roi Théodoric le sollicitait de se rendre aux désirs des Orientaux. Le pontife, pressé de tous les côtés, se vit obligé d'assembler un synode pour nommer des légats : son choix tomba sur l'évèque Fortunat et sur Ennodius, évoque de Pavie, le même qui étant diacre s'était déclaré le défenseur de Symmaque , et avait été pourvu d'un évèché en récompense de sa lâcheté.

Les instructions des légats leur enjoignaient d'obtenir du concile le renvoi à Rome des évoques accusés d'hérésie 9 d^exjger le rétablissement de ceux qui communiquaient avec le saint-siége, et la condamnation de ceux qui avaient persé^ cuté les catholiques. Hormisdas paraissait ainsi employer les voies de la douceur^ lorsqu'en réalité sa politique n'avait d autre but que d'augmenter les droits de son siège.

an HISTOIRE DES PAPES. [516.]

Anastase pénétra les secrètes intentions du pontife, et comprit qu'il n'avait consenti à se faire représenter au concile d'Héraclée qu a la condition de le diriger suivant ses désirs; cependant il espéra qu'en temporisant, le saint-père reviendrait à des idées plus équitables et plus conformes au i&cheux état des Ëglises orientales ; il reçut très-favorablement les légats et leur rendit tous les honneurs ^ aGn de convaincre le saint-siége de la droiture de ses projets. Le seul point de l'anathème d'Acace fut repoussé par le prince ; il écrivit au pape qu'il condamnait Nestorius et Eutychès , et qu'il recevait le concile de Chalcédoine; mais sur le chapitre d*Acace, il exprimait qu'il trouvait souverainement injuste de chasser de l'Ëglise les vivants à cause des morts ; ajoutant d ailleurs que les Pères décideraient toutes les questions dans le concile» et feraient connaître au saint-siége le résultat de leurs délibérations.

L'année suivante» l'empereur envoya à Rome Théopompe, capitaine de ses gardes, et Sévérien» conseiller d'état, espérant que des personnages aussi éminents conduiraient les affaires avec plus de sagesse que des ecclésiastiques^ toujours passionnés pour les intérêts de leur caste.

Les ambassadeurs étaient chargés d une lettre pour le saint-père , et d une autre pour le sénat de Rome , dont il réclamait l'appui afin de solliciter le roi Théodoric et le pontife à travailler sérieusement à la paix de l'Ëglise: Le sénat» sous l'influence d'Horraisdas, répondit à l'empereur que le clergé romain ne consentirait jamais à la réunion des Ëglises» s'il conservait le nom d'Acace dans les livres sacrés. De son côté» le pontife ajoutait que , loin d'avoir besoin d'être exhorté

par le sénat, il se jetait lui-même aux pieds de l'empereur afin qu'il eût pitié de la religion.

Cette hypocrisie rendant infructueuse les avances de l'empereur, une seconde légation partit de la ville de Rome pour Constantinople ; le pape choisit encore pour ses légats Ennodius de Pavie et Peregrinus de Misène; il leur donna six lettres^ avec le formulaire de réunion des schismatiques» et dix-neuf copies de la protestation qu'ils devaient faire répandre dans les villes, si on ne recevait pas leurs lettres.

Dans ces différents écrits, le saint-père se montre toujours le même 9 toujours inflexible, toujours obstiné à poursuivre la condamnation d'Âcace , dont la mémoire était en vénération dans une grande partie de l'Orient. Cette seconde légation, se renfermant dans les mêmes principes, ne put amener aucun résultat : Anastase refusa la réunion aux conditions qu'on lui imposait, déclarant qu'il ne voulait point charger sa conscience d'une action infâme , en flétrissant la réputation de plusieurs saints évéques, et en condanmant comme hérétiques des hommes dont tous les crimes consistaient dans les chimériques idées de leurs adversaires.

Alors des moines brouillons furent chargés par les légats de répandre dans toutes les villes les protestations du saintsiége ; mais les évèques en arrêtèrent la distribution et instruisirent l'empereur, qui, justement irrité de l'obstination d'Hormisdas, renvoya les prélats qui étaient venus pour le concile d'Héraclée , rompit toutes les négociations avec Tinflexible pontife, et recommença la guerre.

Les archimandrites et les moines de la seconde Syrie adressèrent ensuite au saint-père une requête pour se plain-

nk fllSTOlM DEI PkVn. (Stt.]

dre d« la persécation de Sévère 9 patriarche d'Antiochei et chef des eutychiens ; ils s exprimaient en ce$ termes : « Gomme noua allions rejoindre nos frères du monastère de Saintn Siméon » pour défendre avec eux la cause de l'Ëgliae » les » héréiiques nous ont dressé une embuscade sur la rontet et fondant sur nous à l'improviste y ils ont tué trois cent » cinquante hommes des nôtresy ils en ont blessé un plus D grand nombrci et ont massacré, même au pied des autek, » ceux qui avaient espéré trouver un refuge dans les églises. » En outrei pendant la nuit nos caves ont été pillées» les D sanctuaires violés, et les bâtiments livrés aux flanunes.

» Vous serez instruit de toutes ces circonstances par les mén moires que vous remettront nos vénérables frères Jean et D Sergius ; nous les avions d'abord envoyés à Gonstantinople D pour obtenir justice de nos ennemis; mais Tempereur, I) sans daigner leur répondre, les a chassés honteusement de » la ville. Ses officiers mêmes n'ont point voulu écouter nos » plaintes, prétendant que nous subissions le juste châtiment D de notre rébellion : alors nous nous sommes retournés vers » vous , très-saint Père, pour vous supplier de compatir aux » blessures du corps de TÊglise, dont vous êtes le chef, ^1 » vengeant le mépris que Ion montre pour la religion et pour I) vous-même, qui êtes le successeur de Pierre et qui avez la D puissance de lier sur la terre et dans les cieux. »

Enfin ils terminaient leur épttre en anathémisant Nesto* rius, Eutychès » Dioscore , Pierre Monge, Pierre le Foulon, et Âcace. Le pape répondit par une grande lettre adressée non-seulement aux archimandrites de la grande Syrie , mais encore aux catholiques de tout l'Orient, pour les exhorter à

(M&] HDTOIRB D'HORMISDAS. «95

demearer fermes dans la foi romaine, dont un grand nombre de miraclesi disait-ii, attestaieni la pureté.

Parmi ces preuves merveilleuses produites par le saiûtpere, les oonsubstantialistes rapportent avec complaisance une légende sur la punition qui Ait inflige à Iccuyer d'un évèque arien, a Cet hérétique, dit la chronique religieuse^ >i se trouvant aux bains publics de Gonstantinople avec des » moines qui discutaient sur la Trinité, se tourna vers eux au Il moment où il tenait de se dépouiller de ses vêtements, et » les apostropha ainsi : Vous discutez beaucoup pour ne » rien conclure, mes Pères; tenez, voici ce qu'on entend par » la Trinité sainte ; et en même temps il porta ses mains à Torgane delà virilité : voilà le Père, le Fils et l'Esprit saint, » qui répand la vie sur tout lunivers. Les moines, exaspérés I) par une si horrible impiété» voulaient en faire justice et le » tuer sur l'heure même ; ils en furent empêchés par un » diacre qui leur aiBrma que Dieu saurait bien venger Ton- » trage fait à sa triple unité. En effets Técuyer étant sorti des » étuvesi se rendit sans défiance aux bains froids, qui rece- D vaient leurs eaux d'une source venant de l'église de Saint- D Etienne. Au lieu d'eau froide, le malheureux reçut sur le I) corps trois immenses amphores d'eau brûlante, qu'on » assura avoir été versées par un ange. Ses chairs se déta- » chèrent aussitôt par lambeaux» et il mourut att milieu d'ef- » froyablea souffrances. L'empereur Anastase, là qui on ra- » conta le lendemain ce prodige, le fit retracer sur un tableau 9 qui fut immédiatement exposé au lieu où il avait été ao- » compli. Les ariens, qui refusaient de croire au miracle, a cherchèraitt à enlever le monument qui signalnitiettr hcmte

» à tout le peuple, et finirent par corrompre Eutychins» le I) curopalate qui avait Tintendance des bains. Mais Eutychius » fut bientôt puni de sa condescendance ; il perdit l'œil droit, )) puis l'œil gauche, puis l'organe de la virilité; enfin un ange, » vêtu d'une robe éclatante et qui s'annonça^ affirme Théo- » doret, pour eunuque de Jésus-Christ, vint déclarer au co- » ropalate que ses maux ne cesseraient qu'après la réinstalla- » tion du tableau dans les bains. En effet, au moment où » cette image reprenait sa place habituelle, Eutychius, qui » s'était fait transporter sur les lieux pour être plus t6t guéri, ») expira incontinent ! »

La même année l'empereur Anastase mourut frappé par la foudre : les prêtres, s'emparant de cette circonstance, effrayèrent la multitude superstitieuse, et menacèrent les hérétiques de la vengeance de Dieu. Leurs intrigues furent si habilement conduites, qu'ils firent monter sur le trône Justin, homme très-ignorant, et par cela même bon catholique. Après son élévation, le prince donna aux affaires une direction entièrement opposée à celle de son prédécesseur, les prétendus hérétiques furent persécutés, et la populace, par des acclamations réitérées, fit régler elle-même la foi catholique. Les volontés d'une tourbe fanatique ayant été confirmées par un concile tenu à Constantinople, les catholiques purent exercer leurs vengeances contre les eutychiens.

Mais TËglise de Constantinople n'était pas encore réunie à celle de Rome ; et cette affaire paraissant de la dernière importance aux yeux des orthodoxes , l'empereur Justin écrivit au pontife pour lui donner avis de son élévation et pour le prier de concourir aux désirs de Jean de Constantinople, qui

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reconnaissait l'autorité souveraine du saint-siége. Hormisdas se rendit aussitôt à Ravenne pour conférer avec Théodoric à ce sujet ; le roi goth lui ordonna d'envoyer à Gonstantinople une troisième légation de cinq personnes, qui forent choisies parmi les prélats dont le saint-père connaissait le zèle et la 6délité. Dans les différentes provinces qu'ils eurent à traverser, les légats s'assurèrent de tous les évéques qu'ils eurent occasion de voir ; et le lundi de la semaine sainte , qui était le jour de leur arrivée à Gonstantinople, ils donnèrent connaissance du formulaire de réunion dont ils étaient porteurs, et en firent la lecture en plein sénat, en présence de quatre évoques qui représentaient le patriarche. On accepta sans discussion leurs propositions, et quelques jours après, la réunion des deux Églises fut solennellement déclarée. On effaça des diptyques le nom d'Âcace, ceux des patriarches Flavita, Euphémius, Macédonius et Timothée, ainsi que ceux des empereurs Zenon et Anastase. •

Dorothée 9 évéque de Thessalonique , persista seul dans la résolution de ne point signer la formule de foi apportée d'Occident, et refusa d'approuver la condamnation d'Acace. A son exemple, le peuple se souleva contre les légats que le pape avait envoyés dans son diocèse , et ceux-ci furent obligés de s'échapper la nuit, pour éviter les dangers qui les menaçaient; le diacre Jean fut blessé de plusieurs coups de poignard à la tête et aux reins, et un catholique paiement nommé Jean fut tué et mis en pièces pour avoir reçu les Romains dans sa maison.

Enfin la paix rendue à l'Église , après tant d'années de luttes sanglantes, fut encore sur le point d'être troublée par

8W HISTOIRE DES PAPES. (Pq

la fioneiue propMitioo : « Un de la Trinité a été crucifié. » Les moinea de Scytbie soutenaient ce dogme » malgré les décîsiona de prélats orthodoxes» comme Us refusaient de s'en tenir au jugement de leurs évéques» ils vinrent à Rome pour demander lopimon du saint-père; mais le comte Justinien et Dioscore, Tun des légats qui les avaient déjà condamnés, écrivirent à Uormisdas contre ces moines brouillons, qui furent chassés honteusement de la ville.

Ainsi les catholiques triomphaient partout ; Dorothée^ évèque de Thessalonique, avait même été arrêté et conduit à Héraclée» par ordre de Fempereur, en attendant que l'on jugeât son aOaire; mais les légats ayant voulu exiger qu'il fût conduit à Rome avec le prêtre AristidCi pour être l'un et l'autre déposés et excommuniés, Justin refusa de leur donner une telle satisfaction^ et se contenta même dobliger Dorothée à envoyer des députés au pontife pour faire sa soumission; et il le rétablit ensuite sur son siège.

Le saint-père mourut dans le mois de septembre S35, ayant gouverné TËglise l'espace de neuf années.

Hormisdas» dans l'exercice de ses fonctions^ avait montré une excessive ambition et un fanatisme implacable. Nous ne comprenons pas que TËglise ait pu lui accorder les honneurs de la canonisation ; à moins qu'elle n'ait voulu glorifier la générosité du pontife pour les couvents et pour les basiliques» et le récompenser d'avoir poursuivi les malheureui^ hérétiques, les nestoriens^ les eutychiens, les ariens, les pélagienset les manichéens, qu'il faisait fouetter publiquement^ hommes et femmes, avant de les envoyer en exil.

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JEAN r.

nfSWM !•*, &&• PAPE. caitBBiBit»

ËleetioB do Jem V\ •*• L'enporeiir Joitki yméento le» ariena^. -« Théojoric envoie le pootife eo Orient. ---» Mireele da Ghe?al du pape. -« Antre miracle de Jean. ^ On tut rend de grands bon» neura à Constantioople. «— Son orgWHl, — Sa fourberie» •--• Le pape est arrêté par Théodoric. — Il meurt en prison.-» RéQouoaa nir son titre de saint.

Le saint-aiége resta vacaat six ou sept jours ; ensuite on élut, pour le remplir, Jean, surnommé Catelin le Toscau, fils de Constantin, qui régna deux ans et neuf mois, d'après le savant Holstein. D'autres écrivains prétendent que cette chronologie n'est pas exacte» et qu'il est impossible de fixer la durée du pontificat de Jean.

La paix dont l'Église commençait à jouir après la réunion des Orientaux fut bientôt troublée par le fanatisme de l'empereur Justin 9 qui avait juré d'exterminer les hérétiques et les ariens ; folle entreprise» digne d'un prince stupide, qui ne connaissaît ni ses intérêts ni ceux de ses sujets ! Il fit publier des édita pour obliger les ariens à se convertir, et les menaça des supplices les plus cruels.

Dans leur désespoir, les malheureux persécutés eurent recours à Théodoric, qui écrivit en leur laveur à Justin ; mais ses lettres n'ayant pu changer les dispositions de l'empereur, celui-ci irrité du mépris que Ton témoignait en Orient pour

sa médiation, et soupçonnant que la politique romaine n'était point étrangère aux coups portés contre Tarianisme, fil venir Jean à sa cour, et lui ordonna de se rendre comme ambassadeur à Gonstantinople pour £ùre révoquer les ordres de Justin. U menaça même le pontife de traiter avec rigueur les catholiques d'Italie, si l'on poursuivait encore les ministres de sa croyance, et si Fempereur ne consentait à rendre immédiatement aux ariens les églises qui leur avaient été enlevées.

Ce prince était d'autant plus disposé à user de représailles, qu'il voyait avec quelle ingratitude on lui tenait compte des services importants qu'il avait rendus à l'Église romaine, et de l'extrême tolérance qu'il avait toujours montrée pour les orthodoxes de ses états.

Théodoric, en éloignant le pontife sous le prétexte d'une pompeuse ambassade, n'avait pas seulement le projet de faire rendre l'exercice de leur culte aux malheureuses victimes du fanatisme de Justin, mais encore il voulait faire cesser les complots qui se tramaient dans le sénat contre sa vie, et dont le saint-père était le plus ardent fauteur.

Jean n'osa point résister aux ordres du roi, et se mit en route avec les autres ambassadeurs.

La légende raconte plusieurs miracles que fit le saint-père pendant son voyage : « Lorsque Jean fut arrivé dans la ville )) de Gorinthe, dit le pieux chroniqueur, il fit demander » un cheval de main pour continuer son voyage ; on lui )) donna celui d'une des premières dames du pays ; et le lenr> demain , après s'en être servi, il le renvoya à sa maîtresse. » prodige! la dame qui auparavant était accoutumée à

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