‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 72 sur 78 · FÉLIX IV · texte numérisé non relu

FÉLIX IV

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de Franee.

Election de Félix par le roi Théodoric. ^- Mauvaise foi de Fleury dans son Histoire ecclésiastique. — L'élection des évoques de Rome appartenait au peuple. — Corruption du clergé. — - Condamnation des semi-pélagiens. — Rigueurs du pape contre un moine, — Miracle ridicule attribué au saint-père. -^ RéQexions sur les miracles rapportés dans les légendes. — Mort de Félix.

Félix, ({uatrième du nom^ fut élevé sur le saint-siége par l'autorité du roi Théodoric : il était Samnite de nation^ et fils de Castorius. Les auteurs anciens et modernes qui ont parlé de cette élection, laissent supposer que l'ambition des prêtres avait excité des brigues et des désordres parmi le clergé pour donner un successeur à Jean, et que Théodoric interposa son autorité pour maintenir la paix dans Rome. C'est du moins ce que confirme une lettre du roi Âthalaric, dans laquelle ce prince exhorte le sénat à se mettre sous la conduite du pape que son prédécesseur avait choisi^ et à faire cesser toutes les querelles.

Fleury a cité cette lettre d'Âthalaric en dissimulant les faits qii'elle contient ; et dans son amour pour le siège de Rome, il a préféré flétrir sa réputation d'historien et encourir la réputation d'un faussaire, plutôt que d'avouer la vérité.

kOk HISTOIRE DES PAPES. [998.]

Il est prouvé par les témoignages les plus authentiques qu'à cette époque l'élection des évèques était encore un droit du peuple , et que pour jouir de leurs dignités les pontifes devaient être confirmés par le prince. Le judicieux Fra-Paolo le fait remarquer lui-même dans son excellent traité des matières bénéficiales, que des critiques attribuent au Père Fulgence, son compagnon.

L'histoire ne nous apprend rien des actions de Félix lY : seulement Cassiodore dit que l'empereur Yalentinien II avait autrefois publié une loi qui soumettait le pape au jugement des magistrats séculiers pour de certaines causes^ et que cette loi, avilissante pour le saint-siége, fut révoquée par le roi Àthalaric, à la prière de Félix IV. Ce prince publia ensuite un édit pour exhorter les ecclésiastiques à réformer leurs mœurs, et pour arrêter les débordements d une affreuse corruption qui s'était introduite dans le clergé de Rome.

La secte des semi-pélagiens continuait à faire des progrès et s'était répandue jusque dans les Gaules : les évêques du pays assemblèrent alors un concile à Orange pour condamner l'hérésie, et envoyèrent leurs décrets pour être soumis à l'approbation du saint-père. Mais la lettre synodale du concile d'Orange ne parvint en Italie qu'après la mort de Félix ;

et Boniface^ son successeur, souscrivit sans observation à la sentence prononcée contre les pélagiens.

Dans la même année, un moine appelé Ëquice, prétendant avoir reçu du ciel le pouvoir d'exercer les fonctions pastorales, parcourait les villes et les campagnes, dédiait solennellement les églises, consacrait des prêtres, donnait la confirmation et se faisait adorer par lés fidèles. Son audace

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