‹ Histoire des papes (volume 4)Chapitre 19 sur 49 · XIX.S.] EMPIRE FRANÇAIS. 4UI · texte numérisé non relu

XIX.S.] EMPIRE FRANÇAIS. 4UI

moins d'un mois il eut transporté du littoral de la Manche sur les bords du Rhin cent cinquante mille hommes, ainsi qu'un matériel considérable et quatre cents pièces de canon ; ce qui dérangea singulièrement les plans des alliés, qui avaient compté avoir le temps de concentrer leurs forces en Suisse, et pouvoir envahir la France par FAlsace et la Franche-Comté avant que Tempereur eût mis en mouvement ses armées. Déjà même les Autrichiens étaient en ligne au nombre de deux cent vingt mille combattants , savoir : en Bavière, sous le commandement de l'archiduc Ferdinand et de Mack, quatre-vingt-cinq mille; dans le Tyrol, sous Farchiduc Jean, trente-cinq mille; en Italie, sous Tarchiduc Charles , cent mille. Les Russes , au nombre de cent vingtcinq mille ^ s'avançaient à marches forcées, ainsi que les contingents suédois et anglais pour faire leur jonction.

Le roi de Prusse activait également la réunion de ses troupes pour entrer dans la coalition. Mais le mouvement militaire de Napoléon déconcerta tous les plans stratégiques des ennemis. Les armées autrichiennes qui occupaient la Bavière furent chassées; les villes d'Augsbourg et d'Ulm, dont elles s'étaient emparées , furent reprises; le général Mack fut contraint de mettre bas les armes avec son corps , qui était de trente-six mille hommes^ et de livrer quarante drapeaux et soixante pièces de canon ; enfin un corps d'armée de dix mille Autrichiens, commandé par Tarchiduc Ferdinand, fut également obligé de se rendre. D'autre part, Masséna, l'un des nouveaux maréchaux de France que l'empereur avait créés lors de son couronnement et l'un des plus habiles tacticiens de l'époque, manœuvrait en Italie avec une armée de X. 67

cinquante mille hommes , harcelait l'archiduc Charles et l'empêchait de se porter à la rencontre de Napoléon. Ney, le brave des braves, de son côté tenait l'archiduc Jean en haleine, le chassait du ïyrol et bloquait la ville de Trieste.

Napoléon se trouvant ainsi secondé par ses heutenants, put mettre ses premières victoires à profit. 11 poussa en avant, culbuta un corps de Russes qui essayait de couvrir Vienne , s'empara de la capitale de Tempire d'Autriche et établit son quartier général à Schœnbrunn; ensuite il marcha à la rencontre de la grande armée russe, qui était commandée par le czar en personne, et livra la célèbre bataille d'Austerliiz, l'une des plus belles victoires que présentent les annales de l'histoire moderne. L'action, engagée au lever du soleil, se prolongea jusqu'à la nuit; les Russes perdirent trente-^cinq mille hommes, cent cinquante pièces de canon; deux colonnes de quatre mille soldats chacune mirent bas^les armes, quarante drapeaux furent pris, et les souverains d'Autriche et de Russie ne parvinrent qu'à grand'peine à se sauver.

L'empereur François I®' se rendit au bivouac de Napoléon quatre jours après cette alTaire mémorable, et demanda humblement la paix. Un trailé fut signé le 26 décembre, entre la France et l'Autriche , dans la ville de Presbourg. Par cet accord, il fut décidé que les anciens états de Venise, la Dalmatie et TAlbanie seraient annexés au royaume d'Italie; que la principauté d'Eichstadt, une partie du territoire de Passau , le Tyrol et la ville d'Augsbourg, seraient abandonnés à l'électeur de Bavière, qui prenait le titre de roi; que l'électeur de Wurtemberg aurait également le titre dçi roi; que les possessions autrichiennes de la Souabe, le

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