CHARLES-QUINT, 227* PAPE. FRANÇOIS
■ empereur d'Allemagne. roi de France.
Élection do cardinal Julien de Médicis, bâtard de Julien, duc de Médicis. — Son histoire avant son pontificat. — Clément Vil veut étouffer l'hérésie de Luther. — Il exhorte l'empereur et le roi d'Angleterre à la paix, en même temps qu'il excite secrètement le roi de France à la guerre. — Les ruses de sa Sainteté sont découvertes. — François I" est vaincu par Charles-Quint sous les murs de Pavie. — Clément VII se réconcilie avec l'empereur. — Indignation de Charles-Quint. — État du luthéranisme en Europe.
— Perfidie des Colonna et vengeance du saint-père. — Nouvelles brouilles entre l'empereur et le pape. — Sac de Rome par les Espagnols. — Détail des cruautés exercées dans la ville sainte. — Capitulation du pape. — Clément VU est fait prisonnier. — Il s'évade du château Saint-Ange. — Divorce de Henri VIII, roi d'Angleterre. — Nouveau traité entre Clément VU et Charles- Quint. — Négociations de Bologne. — Prise de Florence par les armées confédérées de l'empereur et du pape. — Origine des ducs de Toscane. — Suite de l'affaire du divorce du roi d'Angleterre.
— Proposition d'un concile général. — Mariage de la nièce du pape, l'iniâme Catherine de Médicis, avec Henri, fils du roi de France.
— Entrevue de Clément VII et de François P'. — Anecdote graveleuse sur le saint-père et sur trois belles dames de la cour de France. — L'Église anglicane se sépare de la communion romaine. — Mort du pontife.
Aussitôt que les obsèques d'Adrien fiirent terminées, les cardinaux entrèrent en conclave au nombre de trente^six.
Pendant six semaines les suffrages se partagèrent entre Médicîs et Golonna; après mille intrigues renouées et rompues, Julien de Médicis acheta le désistement de son compétiteur pour le titre de vice-chancelier de l'Église^ lui donna^ comme dédommagement, la propriété de son palais» tun des plus magnifiques de Rome ; et il fut proclamé souverain pontife. Sa Sainteté prit le nom de Clément VII, quoique déjà un pape eût porté ce nom dans la ville d'Avignon lors du grand schisme d'Occident.
Julien de Médicis était un bâtard posthume de Julien de Mé*dicis, duc de Florence, assassiné par Tordre de Sixte IV, dans la conspiration des Pazzi, et d'une jeune fille appelée Floretta Gorini. Son oncle, Laurent de Médicis, échappé aux poignards des assassins, l'avait pris dans sa propre maison, ainsi que sa mère, dont il avait fait sa maîtresse. Destiné d'abord à la profession des armes ^ ie jeune Médicis avait été nommé chevalier de Rhodes; lorsque ensuite Léon X, son cousin, eut été élevé sur la chaire de saint Pierre, il quitta le casque et l'épée pour suivre la carrière ecclésiastique; et connue sa naissance entachée d'illégitimité était un obstacle à son entrée dans le sacré collège^ il paya de faux témoins qui affirmèrent, sous serment, que Floretta n'avait cédé à son séducteur qu'après avoir obtenu de lui une promesse de mariage, ce qui, suivant la coutume de l'Église romaine^ suflQsait pour légitimer un bâtard.
Sous le règne d'Adrien VI, le cardinal de Médicis était parvenu^ à force d'intrigues, à s'emparer de la direction de toutes les affaires et à supplanter le cardinal Soderini dans la confiance du pape. Gomme il était maître absolu au Vatican
[ISn 1 HISTOIRE DE CLEMENT VU. lOft
lors de la mort dn pape , on peut rejeter sur lui , sans crainte de frapper un innocent, la plus gi'ande part à l'accomplissement d un crime qui lui frayait le chemin du trône pon* tifical.
Après les cérémonies de son sacre , qui eurent lieu avec une pompe et une magnificence vraiment extraordinaires. Clément Vil s'occupa de la grande question de la réforme , qui bouleversait l'Allemagne et menaçait d'arracher la moitié de l'Europe au joug pontifical. Sa Sainteté essaya d'cmpecher la tenue d'une nouvelle diète qui avait été fixée à un délai de trois mois dans la ville de Nuremberg, et où les princes électeurs devaient prendre des mesures décisives contre la cour de Rome. Elle offrit même de donner quelques satisfactions aux hérétiques^ sous la condition qu'ils ne lui contesteraient pas son droit de juridiction sur les Églises, et qu'ils ne troubleraient pas ses agents dans la perception de ses revenus. Tous les efforts de Clément VII furent inutiles : les Allemands persistèrent dans leur projet de diète; et comme le jour de l'ouverture des séances approchait, il se décida à envoyer un légat à Nuremberg , pour prévenir ce qu'il craignait plus que toute chose au monde , la convocation d'un concile général.
Son ambassadeur, le cardinal Laurent Campeggio, était un des plus habiles diplomates de sa cour. Le saint-père lui avait recommandé d affecter un grand désir de remédier aux abus qui avaient été signalés dans les cent articles du mémoire envoyé précédemment à la cour de Rome , en ce qui concernait le clergé teutonique, et de bien se garder de discuter sur un plan de réforme générale.